Littérature générale

  • Même s'ils n'ont pas lu le chef-d'oeuvre d'agatha christie, le meurtre de roger ackroyd, de nombreux lecteurs, surtout parmi les amateurs de romans policiers, connaissent le procédé qui l'a rendu célèbre et croient pouvoir affirmer : l'assassin est le narrateur.
    Mais est-ce si sûr ? comment se fier à un texte où les contradictions abondent et qui s'organise autour d'un récit unique, celui du prétendu criminel ? et qui peut dire qu'hercule poirot, dans son euphorie interprétative, ne s'est pas lourdement trompé, laissant le coupable impuni ?. roman policier sur un roman policier, cet essai, tout en reprenant minutieusement l'enquête et en démasquant le véritable assassin, s'inspire de l'oeuvre d'agatha christie pour réfléchir sur ce qui constitue la limite et le risque de toute lecture : le délire d'interprétation

  • Les personnages littéraires ne sont pas, comme on le croit trop souvent, des êtres de papier, mais des créatures vivantes, qui mènent une existence autonome à l'intérieur des textes et vont jusqu'à commettre des meurtres à l'insu de l'auteur.
    Faute de l'avoir compris, Conan Doyle a laissé Sherlock Holmes se tromper dans sa plus célèbre enquête, Le Chien des Baskerville, et accuser à tort un malheureux animal, permettant au véritable assassin d'échapper à la justice. Ce livre rétablit la vérité.

  • L'énigme Tolstoïevski

    Pierre Bayard

    • Minuit
    • 2 Novembre 2017

    Si tout grand créateur est une énigme, aucun ne l'est autant que le célèbre écrivain russe Léon-Fiodor Tolstoïevski.
    Qui mieux que cette personnalité multiple, auteur de romans aussi différents qu'Anna Karénine et Crime et châtiment, ou Les Frères Karamazov et Guerre et paix, peut nous aider, en nous entraînant dans les profondeurs de l'âme slave, à résoudre la question principale de toute réflexion sur le psychisme : pourquoi suis-je plusieurs ?

  • L´étude des différentes manières de ne pas voyager, des situations délicates où l´on se retrouve quand il faut parler de lieux où l´on n´a pas été et des moyens à mettre en oeuvre pour se sortir d´affaire montre que, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible d´avoir un échange passionnant à propos d´un endroit où l´on n´a jamais mis les pieds, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu´un qui est également resté chez lui.
    Ce livre s´inscrit dans un cycle qui comprend également Comment parler des livres que l´on n´a pas lus ?, traduit en plus de vingt-cinq langues.

  • Aucun lecteur sensé ne peut croire en la solution invraisemblable proposée à la fin du célèbre roman policier Ils étaient dix. En donnant la parole au véritable assassin, ce livre explique ce qui s'est réellement passé et pourquoi Agatha Christie s'est trompée.

    Ce livre est paru en 2019 sous le titre La Vérité sur "Dix petits nègres".

  • De Joachim du Bellay à Marguerite Duras, les plus grands écrivains de notre littérature ont connu des moments de faiblesse et ont raté certaines de leurs oeuvres. Histoires aberrantes, personnages inconsistants, style boursouflé, vers boiteux ? ces textes plongent tout lecteur sensé dans la consternation.
    Comment ces auteurs en sont-ils arrivés là ? Tenter de répondre à cette question conduit à interroger, avec l'aide de la psychanalyse, les mystères de l'acte créateur. Si l'oeuvre parfaite, en effet, isolée dans sa plénitude, n'offre souvent que peu de prise à la réflexion, l'oeuvre ratée, par son échec même, dévoile une partie des mécanismes du génie.
    Soucieux d'être constructif et de tirer toutes les conséquences de ses hypothèses théoriques, cet essai propose aussi des améliorations concrètes. Changements de forme, variations dans les intrigues, déplacements de personnages d'un livre à l'autre permettent d'imaginer, entre rêve de perfection et délire de réécriture, ce que ces oeuvres auraient pu être dans des mondes littéraires différents.

  • Pour sauver de l'échafaud Geneviève Dixmer - l'héroïne du roman de Dumas et Maquet Le Chevalier de Maison-Rouge -, dont je suis tombé amoureux dans mon adolescence, je ne vois qu'une solution : entrer moi-même dans le livre et devenir l'un de ses personnages.
    Transporté sous la Révolution, je serai alors confronté à une série de dilemmes éthiques, que la période rend encore plus sensibles (« La fin justifie-t-elle les moyens ? », « Peut-on sacrifier une personne pour en sauver plusieurs ? », « Devons-nous assistance à tous ceux que nous croisons ? »...) et qui peuvent se réduire à la question, aussi déterminante aujourd'hui qu'hier : « Qu'est-il juste de faire ? »

  • On ne cesse d'évoquer l'influence des écrivains et des artistes sur leurs successeurs, sans jamais envisager que l'inverse soit possible et que Sophocle ait plagié Freud, Voltaire Conan Doyle, ou Fra Angelico Jackson Pollock.
    S'il est imaginable de s'inspirer de créateurs qui ne sont pas encore nés, il convient alors de réécrire l'histoire de la littérature et de l'art, afin de mettre en évidence les véritables filiations et de rendre à chacun son dû.

  • Demain est écrit

    Pierre Bayard

    La littérature peut-elle prédire l'avenir ? La question se pose devant le nombre d'écrivains qui, d'Oscar Wilde à Virginia Woolf ou de Proust à Kafka, anticipent sur les événements majeurs de leur existence ? rencontres, accidents, disparitions ? et ne semblent pas seulement marqués par ce qui s'est produit hier, mais par ce qui leur arrivera demain.
    S'il est vrai que la littérature puise une partie de son inspiration dans le futur, il convient d'en tenir compte dans notre perception des oeuvres et de découvrir des conjugaisons nouvelles, de rechercher les traces stylistiques des événements qui n'ont pas encore eu lieu et de raconter la vie des écrivains dans le bon sens, c'est-à-dire en commençant par la fin.

  • Il est regrettable que les critiques ne recourent pas plus souvent aux changements d'auteur, qui permettent de découvrir les oeuvres sous un angle inhabituel. Attribuée à un nouvel auteur, l'oeuvre demeure certes matériellement identique à elle-même, mais elle en devient dans le même temps différente et prend des résonances inattendues qui enrichissent sa perception et stimulent la rêverie.
    On imagine les effets positifs que pourrait avoir l'extension de cette pratique dans l'enseignement où, déjà familière aux élèves, elle permettrait de revisiter à moindre frais les grands classiques. Et dans la recherche scientifique où, en incitant à travailler sur L'Étranger de Kafka, Autant en emporte le vent de Tolstoï ou Le Cuirassé Potemkine d'Hitchcock, elle contribuerait à ouvrir des voies nouvelles.
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  • Ne voir dans Les Liaisons dangereuses qu'un roman libertin, faire de son auteur un autre Sade, c'est à la fois se tromper sur ses intentions et sa personnalité, et méconnaître combien le livre, notamment par sa conception du langage et de la psychologie, appartient à notre modernité. Sur la perception contradictoire du réel, sur la théorie de la dénégation et son dépassement nécessaire vers une rhétorique de l'inconscient, sur l'emprise et la perversion, il faut lire Freud à la lumière de Laclos, non l'inverse.

  • Que serait-il arrivé si Freud, en élaborant la psychanalyse, avait tenu compte de l'oeuvre de Maupassant, son contemporain ? Sa théorie n'aurait-elle pas été marquée davantage par le modèle de la psychose ? N'aurait-il pas accordé une attention plus grande à la question de l'identité, au détriment de celle de la sexualité ?
    Ce livre, qui essaie de lire Freud avec l'aide de Maupassant, est consacré à l'étude minutieuse d'une théorie qui n'existe pas. Les théories virtuelles présentent un intérêt non négligeable : elles donnent à réfléchir sur la constitution du théorique et sur toutes les possibilités mort-nées, qui auraient pu exister si la théorie constituée, par la clarté aveuglante de ses évidences, n'avait conduit à les exclure.

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