• « Je suis venu dire un seul mot et ce mot je le dirai. Mais, si la mort devait m'en empêcher, alors il sera dit demain. Car demain ne laissera aucun secret dans le livre de l'Eternité. »
    Dans ces textes, Khalil Gibran nous propose une invitation à la méditation et à la réflexion. Le fil conducteur de ces poèmes, nouvelles, pièces de théâtre, maximes et manuscrits est l'amour, aux couleurs nuancées par les larmes et les sourires.Khalil Gibran livre ses réflexions sur l'art et la beauté, appelle à la renaissance du Moyen-Orient, parle de son amour pour Salma Karamé et pour l'humanité et chante l'essence du mysticisme.C'est toute l'âme de ce visionnaire « porteur de souffle » qui se découvre.
    Khalil Gibran (1883-1931) publie Le Prophète en 1923, qui connaît aussitôt un retentissement mondial et devient un classique de la pensée humaniste.

  • Comment fut élaboré le Coran ? Qu'est-ce qui unit et sépare chrétiens et musulmans ? Quel est le statut de la femme dans l'islam ? Que lui doit-on sur le plan scientifique ? Pourquoi fait-il peur en France ? Quand fut lancé le premier djihad ?

    Souvent l'islam inquiète. Comme tout continent mal connu, il suscite l'anxiété. Voilà pourquoi il était si important de demander au grand spécialiste Malek Chebel de revisiter son domaine de prédilection et de répondre avec clarté aux grandes questions que l'on est amené à se poser. Tous les aspects sont abordés : l'histoire, le prophète, le Coran, les rituels, les relations avec la France, l'Occident, l'amour et la sexualité, les autres religions, les arts, la littérature et la science, les réformes à venir...
    D'une plume vive, Malek Chebel nous livre en 100 questions des dizaines d'années de recherche et de réflexion.

  • L'imaginaire musulman, en particulier salafiste, a tendance à présenter le règne des quatre premiers successeurs de Muhammad, celui des « califes bien guidés », comme un temps idyllique. Or les textes les plus anciens révèlent une toute autre réalité : celle d'une déchirure précoce avant même que le Prophète soit porté en terre. Ses plus proches Compagnons rivalisèrent alors de trahisons, de pactes secrets, de corruption et de menaces de mort pour s'emparer du pouvoir. Voici l'histoire stupéfiante des Califes maudits, dont ce premier volume révèle les enjeux et les acteurs. Fidèle à la méthode déployée dans Les Derniers Jours de Muhammad, Hela Ouardi est allée fouiller dans les replis des sources les plus classiques - mais en réalité très peu consultées - pour reconstituer cette histoire secrète. Les protagonistes sont tous des figures majeures de l'islam naissant : Abû Bakr, le plus proche Compagnon, 'Umar, son second impétueux et violent, 'Alî, le gendre bien-aimé, Fâtima, la fille chérie au destin funeste, qui lancera une terrible malédiction à ses spoliateurs, les futurs premiers califes. Entre tous ces personnages hauts en couleur se noue une véritable tragédie grecque aux conséquences durables. Car au-delà des querelles de personnes, c'est bien le destin de l'islam et, par conséquent, du monde entier qui se joue.

  • Penser l'Islam

    Michel Onfray

    • Grasset
    • 16 Mars 2016

    « Il est difficile, ces temps ci, de penser librement et encore plus de penser en athée. Affirmer que les idéaux de la philosophie des Lumières sont toujours d'actualité nous fait paradoxalement passer pour des réactionnaires, des islamophobes, voire des compagnons de route du Front National assimilé au fascisme. Dans un monde qui prétend en masse « Je suis Charlie », Voltaire revenu passerait pour un défenseur du fanatisme ! C'est le monde à l'envers. Je me propose de réactiver la pensée des Lumières dans ce Penser l'Islam. Non pas le penser en faveur ou en défaveur, ça n'est pas le propos, mais en philosophe. Je lis le Coran, examine les hadiths et croise avec des biographies du Prophète pour montrer qu'il existe dans ce corpus matière au pire et au meilleur : le pire, ce que des minorités agissantes activent par la violence, le meilleur, ce que des majorités silencieuses pratiquent de manière privée. Comment la république doit-elle considérer ces deux façons d'être musulman ? Y-a-t-il des relations et des points de passage entre minorités agissantes et majorités silencieuses, sachant que l'histoire est faite par  les premières, pas par les secondes ? Ce livre remet également en relation ce qu'il est convenu d'appeler le terrorisme   avec la politique étrangère  islamophobe menée par la France derrière l'OTAN depuis des années. Nous nommons barbarie ce que nous ne voulons pas comprendre. L'islam terroriste a été partiellement créé par l'occident belliqueux. Les choses ne sont pas aussi simples que ce que, de part et d'autre, on voudrait nous faire croire. D'où la nécessité de se remettre à penser. Sur ce sujet comme sur d'autres.» M. O.

  • Les Califes maudits est un cycle de cinq récits historiques qui reconstituent les règnes des quatre successeurs du Prophète Muhammad. Qualifiés de califes « bien guidés » par la tradition apologétique, ils n'ont cessé en réalité de s'entredéchirer, et ont tous connu une mort violente. Le premier volume, La Déchirure, publié au printemps dernier, nous faisait revivre comme une tragédie grecque la confrontation acharnée des prétendants au califat, et la malédiction proférée contre eux par Fatima, la fille du Prophète, dépossédée de son héritage. Ce deuxième volume nous entraîne, après le coup d'Etat d'Abou Bakr, dans ce que l'on a appelé les « guerres d'apostasie », la religion étant alors instrumentalisée dans les luttes meurtrières pour le pouvoir. C'est un baptême de sang que va connaître le Califat : les musulmans vont s'entretuer par milliers, dans une violence fondatrice dont les répliques se ressentent jusqu'à aujourd'hui...

  • Allah au féminin

    Eric Geoffroy

    À l'encontre de la misogynie ordinaire qui traverse tous les milieux sans épargner les plus « éveillés », il est indéniable que le Divin en islam présente des aspects profondément féminins. Dieu ne se nomme-t-il pas lui-même « le Tout-Miséricordieux » (expression coranique qui renvoie à la « matrice » de la femme) ? Ainsi, nombre de maîtres soufis ont exalté la précellence spirituelle du principe féminin, et se sont parfois adressés à « Elle » plutôt qu'à « Lui ».Éric Geoffroy, islamologue et spécialiste internationalement reconnu du soufisme, rend compte ici de cette face méconnue de l'islam, à travers ses développements sur l'androgynie originelle de l'humanité, l'évocation de grandes figures féminines comme Marie et des saintes soufies.Ce tableau étonnant débouche sur l'évolution actuelle du soufisme qui ouvre des voies nouvelles dans la pratique musulmane : nous découvrons des femmes théologiennes, des imames, et même des cheikhas de confréries, qui s'imposent par leur dimension spirituelle. Il nous permet aussi de mieux saisir en quoi le Féminin semble incarner l'avenir de nos sociétés.

  • Alors que le Coran fait l'objet, dans les courants salafistes et dhjihadistes, d'une interprétation atemporelle et anhistorique, cet ouvrage passionnant a l'ambition de donner à comprendre ce que le discours coranique de Mahomet, qui était alors loin d'être fixé par écrit, a pu signifier pour ceux qui l'ont entendu, dans la société sans livre qu'était l'Arabie du début du viie siècle. L'originalité de cette approche consiste ainsi à déchiffrer le Coran à la lumière d'un contexte historique et anthropologique précis, celui de tribus vivant selon des rapports de solidarité et d'alliance pour faire face à l'environnement éprouvant du désert. Jacqueline Chabbi montre avec brio, et une connaissance approfondie de la langue coranique, que les trois caractéristiques principales du divin correspondent aux trois piliers de la société tribale : l'alliance, la guidance et le don. Pour ce groupe humain patriarcal du désert, Dieu est représenté avant tout comme celui dont l'alliance, la guidance et le don répondent aux nécessités vitales imposées par l'environnement. Outre que cet éclairage permet d'élucider un nombre considérable de notions et de distinguer celles qui sont d'origine biblique, il renouvelle totalement le sens de celles qui ont été figées par une certaine doctrine musulmane (djihâd, charia notamment). Car il ne s'agit pas, en découvrant des significations en relation avec un terrain chronologiquement premier, de figer les mots dans leur sens d'origine mais au contraire de faire apparaître combien ils ont pu évoluer au fil du temps et des transformations sociales. Jacqueline Chabbi, agrégée d'arabe et docteur ès lettres, est professeur honoraire des universités. Elle a notamment publié : Le Seigneur des tribus. L'islam de Mahomet (CNRS, 1997/2013) et Le Coran décrypté. Figures bibliques en Arabie (Fayard 2008/Le Cerf, 2004).

  • L'islam est-il une religion différente des autres, arc-boutée sur un texte provenant
    directement de Dieu, une théologie éminemment politique qui tolère la violence ? Ou bien l'opinion dominante est-elle tout simplement devenue islamophobe, incapable de voir dans cette tradition religieuse la rationalité, la spiritualité et la liberté de penser et de pratiquer qui s'y trouvent ?
    Opposés sur presque tous ces points, Rémi Brague et Souleymane Bachir Diagne discutent les extraits du Coran qu'ils connaissent tous deux en arabe, l'histoire de l'expansion de l'islam et son entrée dans la modernité. Ils n'éludent aucune question, de l'islamisme à la place des femmes, en passant par la question du djihad et le rapport aux autres religions.
    Un débat au sommet, érudit et vivant, sur le sujet le plus polémique de notre époque.

  • La pensée de Mohammed Iqbal (1877-1938) commence à être identifiée comme une ressource majeure par la nouvelle génération des intellectuels musulmans en quête d'un Islam ouvert, capable de se repenser tout en contribuant de manière créative au débat désormais mondial sur le trajet de la sécularisation.
    Iqbal, honoré au Pakistan comme un père fondateur, a été formé à Cambridge et c'est donc en anglais qu'il publie en 1934 La Reconstruction de la pensée religieuse en Islam, son livre majeur. L'ambition de celui-ci est de 'repenser le système total de l'Islam sans rompre complètement avec le passé'. À cette fin, le texte coranique est ici relu en dialogue avec les philosophes occidentaux de son temps, notamment Whitehead ou Bergson.
    /> L'entreprise d'Iqbal n'a pas ainsi pour seul objet de tirer l'Islam de sa trop longue 'pétrification' qu'il fait remonter à la destruction de Bagdad en 1258. Il est également de répondre aux interrogations de la civilisation contemporaine dans une perspective résolument universaliste, dont il énonce clairement le programme : 'L'humanité a besoin de trois choses aujourd'hui : une interprétation spirituelle de l'univers, une émancipation spirituelle de l'individu et des principes fondamentaux de portée universelle orientant l'évolution de la société humaine sur une base spirituelle.'
    Cette inspiration novatrice a valu à Mohammed Iqbal le qualificatif de 'Luther de l'islam', ce qui indique la vigueur de sa 'reconstruction', incontournable pour l'élaboration d'une pensée islamique anti-traditionaliste. De là, l'importance de mettre une telle oeuvre à la portée des lecteurs francophones, ce qui est chose faite avec cet ouvrage traduit, présenté et richement annoté par Abdennour Bidar, l'un des chefs de file en Europe de l'effort intellectuel et spirituel pour repenser l'Islam.

  • « Nasr Eddin est au plus mal. Sa femme est là, l'imam est là ainsi que le cadi qui est venu entendre ses dernières volontés :
    - à l'école coranique, dit le Hodja dans un souffle, je lègue dix mille dinars...
    - Mais mon cher mari, le coupe aussitôt Khadidja, nous n'avons jamais possédé une telle somme !
    - Dis donc, proteste-t-il en se redressant un peu, c'est toi qui meurs ou c'est moi ? »
    Du monde arabe aux pays balkaniques, en passant par l'Asie mineure et centrale, la renommée de Nasr Eddin Hodja - Ch'ha au Maghreb - est sans pareille. Tous les peuples qui connaissent ses aventures se sont approprié le mythique « savant », dont on ne sait jamais si la folie dissimule une grande sagesse... ou l'inverse. Jean-Louis Maunoury, qui régale depuis longtemps les lecteurs français de ses aventures et pitreries, nous en offre ici l'ultime recueil.

  • Depuis qu'il a fait irruption dans l'espace public occidental, l'islam n'a plus quitté les tribunes de journaux et les plateaux de télévision où il est questionné, scruté et jugé par une armée d'experts. Mais l'a-t-on pour autant bien compris ? Cet ouvrage de vulgarisation intelligente propose un déroulé historique et thématique de la civilisation musulmane : l'avènement de l'islam le Coran, le Prophète les différentes branches de l'islam sunnisme, chiisme, soufisme, wahhabisme... la science et les arts, le symbolisme, etc. Aucun aspect du monde musulman n'est mis de côté, car l'auteur a considéré que le tabou ou la censure sont contreproductifs. Sont donc traités avec la même rigueur et le même souci de précision l'art ou la science et certains sujets dérangeants, comme la violence religieuse...

  • Quand un grand spécialiste de l'islam dénonce les dérives du monde arabo-musulman actuel.
    « Si le bel islam prêche le droit à l'indifférence et à la non-agression mutuelle, il faut croire que l'Homme, lui, est versatile, colérique et impétueux », constate Malek Chebel. A travers cinq études percutantes, il nous montre à quel point la faute et la transgression sont omniprésentes dans le monde musulman contemporain. Cet Inconscient de l'islam remonte aux racines de la religion et se nourrit de l'histoire des califes, pour mettre en évidence et éclairer la folie actuelle d'une partie de la communauté.
    Guerre sainte détournée, exacerbation de la figure du kamikaze, violence symbolique de la relation mère-fils, censure des livres, immolation au nom d'une purification sacrée : cette immersion dans le monde complexe des interdits et de leur transgression interroge les liens entre religion, politique et liberté dans la doctrine musulmane.
    Plaidoyer autorisé pour la mise à nu d'un inconscient longtemps nié et redouté, cet essai audacieux révèle les contradictions d'un islam aux prises avec le monde contemporain.

  • Self islam

    Abdennour Bidar

    • Seuil
    • 2 Juin 2017

    "Pendant longtemps, tout au moins jusqu'à l'âge de huit ou neuf ans, j'ai vécu le fait d'être musulman le vendredi et dans les vignes de mon grand-père le samedi sans trop souffrir de la contradiction. Mais, régulièrement, mon esprit se trouvait ramené à la même énigme : pourquoi ces univers ne communiquent-ils pas entre eux, alors qu'ils sont côte à côte ? Mon grand-père auvergnat et athée ne parlait jamais de l'islam. Je voyais les musulmans rester beaucoup entre eux. Et moi au milieu. Un électron libre. Tantôt chez les uns, tantôt chez les autres.
    Était-ce là le sens de ma vie, de faire enfin communiquer ces deux mers qui se touchent sans mêler leurs eaux, cet Orient et cet Occident qui se côtoient sans vouloir se reconnaître ? Le petit garçon que j'étais a dû se figurer que c'était là sa responsabilité à venir, effectivement. Une responsabilité née de l'amour et de la peine : amour de mon grand-père athée, amour de ma mère musulmane, peine de voir que l'islam était entre eux comme un mur. J'aurais tout donné alors pour détruire ce mur."

  • Si, selon Voltaire, l'intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l'Allemagne qu'ausculta Thomas Mann, l'intégrisme est, comme le démontre ce livre, la maladie de l'islam. Dans la tradition, l'accès à la lettre - Coran et tradition prophétique - était bien gardé : il fallait obéir à des conditions particulières pour l'interpréter et la faire parler. Mais l'accès sauvage à cette lettre n'a pu être empêché, et il est arrivé maintes fois que l'histoire ait à enregistrer les désastres qu'il a provoqués.Avec les effets de la démographie et la démocratisation, les semilettrés ont proliféré, et les candidats qui s'autorisent à toucher à la lettre sont devenus infiniment plus nombreux : leur nombre renforce, hélas, leur fanatisme. Car ce sont des hommes du ressentiment, qui alimentent les rangs des intégristes.Pour comprendre la genèse de cette maladie, il faut remonter loin dans l'histoire, à la Médine du Prophète (VIIe siècle), à la ville de Bagdad au temps des Abbassides (IXe siècle), à celle de Damas au XIVe siècle, après la fin des Croisades et l'épuisement de la vague mongole, à l'Arabie du XVIIIe siècle, avec la fondation du wahhabisme... C'est à ce voyage que nous invite ce livre, pour comprendre les raisons internes de la maladie d'islam, mais aussi les causes externes qui l'exacerbent : non-reconnaissance de l'islam par l'Occident ; reniement des principes par les Occidentaux dès que leurs intérêts le réclament ; hégémonie qu'ils exercent dans l'impunité et l'injustice - en particulier, de nos jours, sous la figure de l'Américain.

  • En tant que religion monothéiste l'islam est supposé partager avec les deux religions qui l'ont précédé les grandes thématiques qui les caractérisent. Le Coran traite effectivement d'un Jugement destiné à évaluer les actions des hommes. Il décrit un enfer aussi bien qu'un paradis. Le dieu du Coran est également présenté comme le créateur des cieux et de la terre. On ne s'est guère avisé cependant que l'adaptation de ces emprunts à un nouveau milieu, celui des hommes de l'Arabie aride, les faisait entrer dans un nouvel espace de représentation du monde. Les grandes idées empruntées aux milieux bibliques ont dû se coraniser. C'est ainsi que l'idée de création, abondamment traitée dans le Coran, ne l'est pas du tout dans l'optique biblique. Le mythe du premier homme est totalement ignoré ainsi que le paradis terrestre initial, dépossédant totalement Adam de son rôle fondateur. C'est d'emblée une société au travail qui est créée par un dieu bienfaisant. Celui-ci pourvoit à tout ce qui rend la vie possible et doit continuer à le faire dans un milieu surchargé d'aléas et de contraintes vitales. Réduit dans le Coran à un rôle anecdotique, Adam s'est néanmoins trouvé rétabli dans tous ses droits bibliques dans la tradition musulmane postérieure, dès lors que l'islam s'est construit comme religion, en dehors de son milieu d'origine, dans les sociétés multiculturelles des empires musulmans.
    L'enjeu de ce livre passionnant consiste à montrer, à partir de ce cas précis, que pas plus qu'une autre religion, l'islam n'a échappé aux reconstructions de son imaginaire et aux évolutions de l'histoire.
    Jacqueline Chabbi, agrégée d'arabe et docteur ès lettres, est professeur honoraire des universités. Elle est l'auteur d'une œuvre cohérente qui renouvelle l'approche des origines de l'islam et du Coran par le biais de l'anthropologie historique. Elle a publié : Le Seigneur des tribus. L'islam de Mahomet (Agnès Viénot, 1997/ CNRS, 2013), Le Coran décrypté. Figures bibliques en Arabie (Fayard, 2008/Le Cerf, 2014), Les Trois Piliers de l'islam. Lecture anthropologique du Coran (Seuil, 2016/Points Essais, 2018).

  • « C'est dans la désolation d'Auschwitz que prit pour moi un sens actuel le "pré de malédiction", cette expression d'Empédocle d'Agrigente pour désigner le lieu où agit le démon de la discorde, de la haine, du mal - auxquels s'oppose l'action du dieu mû par l'amour...Ce "pré de malédiction" est toujours là, à disposition pour les candidats qui se proposent de l'occuper. Après les forces du mal européennes, de genèse chrétienne, le voilà investi par celles d'islam. L'horreur se déplace ainsi à travers les croyances, les langues, les nations, les peuples, les cultures... Des communautés croient y gagner leur régénération, mais elles dégénèrent et s'abîment. Pour sortir de ce pré, nous devons le savoir et agir en conséquence, dénoncer l'inacceptable et donc le désigner sans relâche.Notre honneur est d'être l'allié du dieu qui incarne le pôle contraire, celui dont le défi consiste à avaler le démon qui répand le sang sur le pré de malédiction... D'être du côté du juste qui se détache de sa communauté pour conjurer le mal qui la taraude et l'anime contre autrui. »Abdelwahab Meddeb est notamment l'auteur de La Maladie de l'islam (2002) et de Contre-prêches (2006). Il enseigne la littérature comparée à l'université Paris-X Nanterre et produit l'émission hebdomadaire "Cultures d'islam" sur France-Culture.

  • Le terrorisme au nom de l'islam peut-il trouver une explication dans notre propre histoire ? Loin de toute culpabilité, Pierre-Jean Luizard reconsidère dix épisodes fondateurs de la « mission civilisatrice » que la France s'était assignée en terre arabe de l'islam : l'expédition d'Égypte de Bonaparte, le décret Crémieux, l'éloge de la colonisation par Jules Ferry, la non-application de la loi de 1905 aux musulmans d'Algérie, le ralliement de Clemenceau au parti colonial ou encore la méconnue affaire Sarrail en Syrie... L'historien met ainsi en lumière le retournement des idéaux laïcs chers aux élites républicaines, au nom du patriotisme alors moteur de la modernité, pour justifier la domination coloniale. Dès lors, comment s'étonner qu'aujourd'hui les musulmans n'aient pas la même vision des idéaux en vertu desquels ils sont invités à s'intégrer en France ? Remonter à la source de ce malentendu, en regardant au-delà de notre roman national, permet de comprendre pourquoi l'islam a tant de mal à se fondre dans la République.

    Un essai plus que nécessaire pour éclairer les enjeux qui traversent notre société.

  • En reprenant à leur compte le passé islamique qui a fait évoluer sinon muter la civilisation, les musulmans sortiront des frontières de leur identité restreinte pour agir sur la scène du monde.Est proposée ici une série de relectures du Coran et de la Tradition pour conduire ce travail de mémoire et de dépassement. Il est demandé à l'islam, pour sortir de son marasme, de rejoindre une modernité à hauteur de celle qu'ont réussie juifs et chrétiens. Pour cela, il ne suffit pas, comme s'y engagent les Etats islamiques - l'Arabie saoudite par exemple -, d'encourager un « islam du juste milieu » opposé aux interprétations radicales des islamistes. Certes, cet appel à la modération contre toutes les surenchères est fondé sur le Coran. Mais ce pas louable reste, ô combien, timide, surtout par rapport à l'islam en Europe. En effet, les citoyens musulmans du Vieux Continent sont capables de vivre sans restriction dans l'esprit du droit positif et de la charte des droits de l'homme, en se détournant de toute référence à la sharî'a. Ils sont en mesure de pratiquer un culte spiritualisé, nourri, entre autres, par le riche fonds du soufisme. Ce n'est pas dans le déni de soi mais par son affirmation libre que le sujet d'islam sera un acteur efficace dans l'horizon d'une cosmopolitique post-occidentale.Abdelwahab Meddeb est écrivain, poète, universitaire. Il anime l'émission hebdomadaire « Cultures d'islam » sur France Culture.

  • Le corpus hagiographique musulman a fabriqué la figure d'un prophète comme référence absolue. Le fait historique se mêle à la légende et celle-ci devient la réalité. Mais comment s'est construite la prophétie ? Et comment s'est constituée une biographie imaginaire du prophète ? Comment la légende a-t-elle triomphé du fait historique au point de devenir l'Histoire sacrée et empêcher toute pensée ? Dans quel contexte est né le Coran ? Et comment le statut des femmes s'est-il dégradé dans les pays arabes ? Les auteurs, développant ces questions, tentent d'apporter leurs éclairages, par de fines analyses historiques et par des exégèses des commentaires religieux. Ils rappellent que face à cette conception obscurantiste du monde et de l'humain, la mystique célèbre l'amour et le féminin.
    Adonis est né en 1930 à Qassabine en Syrie. Ses poèmes et essais sont traduits dans le monde entier. Les éditions du Seuil ont publié les trois volumes de son œuvre poétique al-Kitâb (Le Livre, Hier, le Lieu, Aujourd'hui). Ainsi qu'un premier volume de Violence et Islam, avec Houria Abdelouahed, maître de conférences à l'université Paris Diderot, psychanalyste, traductrice et auteure, entre autres, de Figures du féminin en islam (PUF, 2012) et de Les femmes du prophète (Seuil, 2016).

  • L'Islam : menace ou defi ?

    Dominique Rey

    • Artège
    • 16 Octobre 2019

    Islamisme, situation des chrétiens d'Orient, immigration, communautarisme, l'islam pose aujourd'hui des défis croissants à nos sociétés européennes.Fort de son expérience pastorale de terrain dans le Var, où la présence musulmane est en constante augmentation, mais aussi de ses nombreuses visites au Moyen-Orient, Mgr Rey s'attaque à cet épineux sujet. Affrontant les questions qui font polémique (port du voile, construction de lieux de culte, propos des papes), il offre ici une réflexion large sur la montée en puissance de l'islam, la déprise du christianisme, le laïcisme à la française, la soif spirituelle de la jeunesse et la radicalisation de certains. Surtout, il appelle de ses voeux une conversion missionnaire des catholiques pour rejoindre les musulmans, dans un dialogue à la fois bienveillant et nourri théologiquement.Une analyse circonstanciée qui apporte, dans un contexte d'incertitude, souffle et clarté.
    Mgr Dominique Rey, né en 1952, est évêque de Fréjus-Toulon (Var) depuis 2000.

  • Savant à la pensée profonde, Mohammed Arkoun (1928-2010) était également un intellectuel engagé. Son analyse serrée des processus à l'oeuvre dans l'islam d'hier était indissociable de ses appels répétés à une réforme des sociétés islamiques contemporaines. Il n'a cessé de porter ce message dans les divers colloques où il était convié, y compris là où l'on ne s'attendrait guère à croiser un islamologue : à un congrès de psychanalystes lacaniens, dans des conférences sur la condition féminine...
    Il avait choisi de consacrer les dernières années de sa vie à retravailler les textes issus de ces rencontres, qui sont ici publiés dans leur version définitive. Traitant de la nécessité de la réforme, voire de la « subversion » de l'islam, de l'ouverture lacanienne à la parole et à la « raison émergente », de la condition féminine en islam ou encore du rapprochement entre sunnites et shî'ites, ils montrent combien la pensée de Mohammed Arkoun est plus que jamais féconde pour penser notre époque.

  • L'exil (Hégire) du prophète Mohammed en 622 à Médine marque l'an I de l'ère musulmane. Karima Berger nous fait traverser les Hégires, parcourir océans et vallées de l'histoire sainte musulmane, rencontrer les prophètes fuyant vers leur Dieu, croiser les migrants venus d'Orient et redécouvrir un islam transformé par ses tribulations occidentales, tout entier destiné à sa métamorphose. L'auteur mêle ce parcours à sa propre épreuve de l'exil et à l'accomplissement qu'il promet.

  • On peut parler aujourd'hui de crise au sein de l'islam. Issus d'une vision rigoriste qui s'appuie sur le Coran et sur la tradition, les discours extrémistes rencontrent un réel succès, avec des conséquences parfois dramatiques. Pourtant, dans le même temps, certains penseurs musulmans s'insurgent contre cette lecture. Pour la théologienne Nayla Tabbara, si l'islam majoritaire souffre aujourd'hui d'autoritarisme et de manque d'esprit critique, c'est notamment parce qu'il a été pensé depuis ses origines dans un contexte fortement patriarcal, par des hommes et pour des hommes. Aussi, une nouvelle approche est nécessaire, faisant droit désormais à la part féminine de la raison et de la sensibilité. Cette « lecture féminine » du Coran met par exemple en lumière l'attribut « maternel » de la miséricorde de Dieu, beaucoup plus que sa force ou son intransigeance. Il ne s'agit pas pour l'auteure, de ne s'intéresser qu'aux « questions de femme », comme le voile ou la polygamie par exemple, mais d'envisager sous un jour nouveau l'ensemble de la religion musulmane. Dégagé d'une conception littéraliste et de la pratique purement formelle, ce nouveau regard pourrait permettre à l'islam de retrouver sa vocation spirituelle.

  • Contre les fondamentalismes, le principal penseur de l'islam ouvert explore ici l'anthropologie musulmane afin d'en refonder l'humanisme. Un événement présentant d'une manière inédite le véritable état du débat.
    Violence, terrorisme, citoyenneté, allégeance à l'État, rapport aux autres religions : nul ne tente au Proche-Orient de penser de manière rénovée l'islam d'aujourd'hui comme le fait Muhammad Shahrour. Réfléchir sur la religion et poser à nouveaux frais son articulation à l'éthique, au politique ou au social constituent pour lui une des tâches les plus urgentes. L'islamologue et exégète syrien, qui suscite de nombreuses réactions dans le monde arabe, interroge ici la définition même du mot " islam ".
    Audacieux et radical, ce livre fait table rase de la tradition religieuse et du corpus exégétique, théologique et juridique, afin de faire advenir, à partir du Coran, le geste primordial qui a présidé à la naissance de l'islam. Les résultats de cette recherche surprennent par leur modernité : ils réinstallent les dimensions axiologiques au coeur de la profession de foi islamique et conduisent également à lutter contre l'intolérance.
    Un livre inégalé qui propose de nombreuses pistes pour le renouvellement de la pensée de la loi, du statut de la femme ou du rapport entre politique et religion.

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