• Des documents enfouis dans un fauteuil pendant soixante-dix ans peuvent transformer un historien en détective, a fortiori s'ils sont estampillés de la croix gammée. Le nazisme est un sujet que Daniel Lee connaît bien, pourtant le nom du propriétaire de ces papiers lui est inconnu. Lorsqu'il décide de retracer son itinéraire, il découvre qu'il s'agit d'un officier SS qui, dans les années 1930, a exercé comme juriste à l'hôtel Silber, quartier général de la Gestapo à Stuttgart. Au fil des recherches, l'univers familial de l'inconnu s'esquisse: la branche paternelle qui a vécu pendant plusieurs générations à La Nouvelle- Orléans dans un climat de haine raciale, les parents qui ont reconstitué à Stuttgart une villa digne de la Louisiane, la femme déclarée «apte» au mariage par la SS et les deux filles qui ignorent tout du passé de leur père. Peu à peu se dessine le parcours de l'officier qui a sillonné la France et ensuite l'Ukraine au sein de la Wehrmacht. Son rôle et sa responsabilité dans la machine criminelle du Troisième Reich se précisent dans cette étonnante chronique du quotidien d'un «nazi ordinaire». Une quête acharnée de la vérité qui est aussi un puissant révélateur des non-dits et des silences familiaux du narrateur.

  • La vie - et la mort - des dix-sept maréchaux de Staline, pour la première fois réunis en un volume qui fera date.
    Les Français connaissent les vingt-six maréchaux de Napoléon. Mais que savent-ils des dix-sept que Staliné a élevés ? On leur doit pourtant la création de l'Armée rouge et sa formidable victoire contre l'Allemagne nazie et le Japon impérial. Certains figurent parmi les plus grands capitaines du siècle passé : Toukhatchevski, Chapochnikov, Joukov, Vassilevski, Koniev, Rokossovski, Malinovski, Tolboukhine. A leurs noms s'attache aussi la conquête de l'Europe orientale et centrale, et son intégration au monde soviétique. L'on sait moins que nombre d'entre eux ont joué un rôle politique important dans les dix ans qui ont suivi la mort de Staline, et ce jusqu'à la fin des années soixante. Cet ouvrage unique en son genre, qui s'appuie sur des sources exclusivement russes, explique la logique à l'oeuvre dans les choix militaires et humains de Staline. Il donne à suivre des parcours individuels stupéfiants, parfois tragiques, quelque fois rocambolesques, toujours inattendus. Le récit de ces dix-sept vies parallèles compose ainsi une fresque immense qui va de la Première Guerre mondiale à la crise des fusées à Cuba, de l'océan Pacifique à Berlin, des défilés glorieux sur la Place rouge aux geôles de la Loubianka. Jaloux les uns des autres, apeurés devant leur maître, cachant parfois de terribles secrets, les dix-sept sortent enfin de l'injuste anonymat qui, pour la plupart, a été de règle jusqu'à aujourd'hui.

  •   Le 17 septembre 1944, le général Kurt Student, créateur des forces  aéroportées allemandes, entend le rugissement crescendo d'un grand nombre  de moteurs d'avions. Il sort sur la terrasse de la villa qu'il occupe et qui domine  le plat pays du sud des Pays-Bas pour regarder passer l'armada de Dakota et  de planeurs qui convoient les 1re division parachutiste britannique et les 82e  et 101e divisions aéroportées américaines. Ce n'est pas sans une pointe de  jalousie qu'il contemple cette démonstration de force aéroportée.
        Market Garden, le plan du maréchal Montgomery consistant à donner le  coup de grâce à l'Allemagne nazie en capturant les ponts hollandais donnant  accès à la Ruhr était audacieux. Mais avait-il la moindre chance de réussir ?  Le prix à payer quand il s'avéra un échec fut effroyable, en particulier pour les  Néerlandais qui avaient tout fait pour aider leurs libérateurs éphémères. Les  représailles allemandes furent cruelles et sans pitié, et ce jusqu'à la fin de la  guerre.
        Quant à Arnhem et Nimègue, villes cartes-postales au coeur de l'Europe  civilisée, elles se retrouvèrent, à l'arrêt des combats, dévastées et jonchées des  cadavres d'innombrables jeunes soldats qui avaient payé de leur vie l'hubris  de leur haut commandement.
        En puisant dans une documentation prodigieuse et parfaitement maîtrisée  composée pour beaucoup d'archives inexploitées hollandaises, britanniques,  allemandes, américaines et polonaises, Antony Beevor nous fait vivre la  terrible réalité d'une bataille dont le général Student lui-même prédit avec  lucidité qu'elle donnerait à l'Allemagne sa « dernière victoire ».
        Son récit implacable, qui alterne les gros plans et les vues d'ensemble,  nous plonge au coeur même de la guerre, et rend hommage à des milliers de  héros anonymes que l'Histoire a oubliés.

  • Paris allemand ; entre refus et soumission Nouv.

    14 juin 1940. Paris tombe aux mains des Allemands sans opposer de résistance. Commence alors un système d'oppression dans une ville déchue de son statut de capitale et qui change de visage. Paris devient le foyer des « collaborateurs » qui y paradent et y tiennent leurs meetings, celui du marché noir, de la spoliation des Juifs, du rationnement, de la peur et de la Résistance, traquée en permanence jusqu'à l'insurrection.

    Que sait-on réellement du ressenti des habitants au quotidien ? Quelle attitude adoptent-ils face à l'Occupant ? Comment se comportent les Allemands et comment jugent-ils ces Parisiens qu'ils côtoient ? Si beaucoup a été dit sur l'Occupation, peu d'historiens ont tenté de croiser les regards des deux bords sur ces années noires. Dominique Veillon explore aujourd'hui les registres des différents commissariats parisiens et les rapports hebdomadaires des Renseignements généraux, les journaux personnels et les témoignages, aussi bien allemands que français.

    Se mêlent alors dans une fresque inédite les vies des étudiants, des commerçants, des concierges, des mères de famille, des Juifs opprimés, des mondains ou encore des ouvriers, qui souffrent, s'accommodent ou profitent de la présence du vainqueur.

  • Dans la lignée des Mythes de la Seconde Guerre mondiale, 20 erreurs stratégiques de cette guerre expliquées par une équipe d'historiens et la rédaction de Guerres & Histoire, dirigées par Jean Lopez et Olivier Wieviorka. La Seconde Guerre mondiale a duré près de six années, aussi longues que terribles. Cette durée s'explique, bien entendu, par les formidables moyens que les belligérants déployèrent sur terre, sur mer et dans les cieux : au vu des forces mobilisées, il était vain d'espérer abattre l'ennemi par une campagne unique ou une bataille décisive. Mais les erreurs commises expliquent aussi que ce conflit se soit éternisé. Si Hitler ne s'était pas obstiné à gagner la bataille d'Angleterre ou à prendre Stalingrad, si la France, en mai 1940, n'avait pas imprudemment lancé ses forces en Belgique et en Hollande, si les Anglo-Américains n'avaient pas débarqué en Afrique du Nord..., la face de la guerre en eût été changée et sa durée vraisemblablement raccourcie.
    En traquant les erreurs commises par les deux camps, ce livre, toutefois, ne cherche pas à céder aux vertiges de l'uchronie, en imaginant " ce qui se serait passé si ". Son ambition est tout autre : il vise en effet à explorer la rationalité des acteurs. Car les décisions prises par les dirigeants politiques ou les chefs militaires reposaient sur un ensemble de paramètres qu'il importe de décrire, afin de comprendre pourquoi ils menèrent à l'échec. Les stratèges se fondaient sur des informations parfois imparfaites, sur des moyens souvent limités, sur des hypothèses par moment fallacieuses. Autant de facteurs qui conduisirent, plus d'une fois, au désastre. Mais les historiens n'accorderont pas toujours le primat à la raison. De fait, malgré les enjeux colossaux d'une guerre où des millions de vies étaient en jeu, l'orgueil, l'obstination, le carriérisme et l'opportunisme pesèrent aussi lourdement dans la prise de (mauvaises) décisions.
    Autant de cas de figures qu'illustreront, de Stalingrad à Market Garden, de la stratégie navale des Japonais à l'insurrection de Varsovie, vingt contributions proposées par les meilleurs spécialistes de la Seconde Guerre mondiale.
    Les erreurs : L'appeasment ; La Japon attaque la Chine ; Hitler choisit l'Italie ; La manoeuvre Dyle Breda ; Le haltbefehl devant Dunkerque ; L'armistice de 1940 ; L'intervention italienne en Grèce ; Barbarossa ; Ne pas capturer Malte ; Dieppe 1942 ; L'abandon de Singapour ; Le débarquement en Afrique du Nord ; Midway ; La politique arabe du Reich ; Monte Cassino ; Stalingrad , Le bombardement stratégique ; L'unconditional surrender ; L'insurrection de Varsovie ; Market Garden

  • La France qui entre en guerre en 1939 a pour devise Liberté, Égalité, Fraternité. En juillet 1940, un nouveau régime, l'État français, impose à sa place le triptyque Travail, Famille, Patrie. L'ordre des valeurs républicaines s'en trouve inversé et la défaite, déguisée en armistice, entraîne l'effacement de la République au profit d'une 'Révolution nationale' qui entend en finir avec l'héritage de 1789. L'occupation allemande et italienne, en redessinant les frontières externes et internes, bouleverse l'ensemble des solidarités nationales et favorise la dissolution des liens politiques et sociaux. Réflexe vital, à la fois individuel et collectif, la Résistance est ainsi prise entre deux feux : la répression exercée par l'envahisseur et la répudiation pratiquée par l'État collaborationniste qui l'accuse d'attiser la guerre civile.
    En inversant à son tour les normes d'un ordre établi avec le soutien de l'occupant, l'insurrection clandestine assume la nécessité d'affronter, outre l'adversaire étranger, l'ennemi intime, le collaborateur qui fut un voisin, un ami, voire un parent.
    Ce n'est qu'à la lumière de ce déchirement tragique qu'on peut espérer rendre compte des conflits opposant entre eux des Français pris dans la tourmente d'une guerre planétaire.

  • La première histoire intégrale de la Seconde Guerre mondiale sous l'angle maritime, par l'un des meilleurs spécialistes américains : une saga aussi vaste que les océans.Sur la Seconde Guerre mondiale ont été écrits des milliers voire des centaines de milliers d'ouvrages, dans des dizaines de langues. Nombre d'entre eux traitent certes des dimensions maritimes du conflit, de la place qu'ont occupée la Royal Navy, la Kriegsmarine et la marine des États-Unis, du rôle des diverses marines sur tel théâtre d'opérations ou au cours de telle bataille, tout particulièrement en Méditerranée et dans le Pacifique, mais aucun avant celui-ci n'avait évalué l'impact des forces maritimes de l'ensemble des nations belligérantes sur le cours du conflit dans sa globalité, et même sur son issue. Pourtant, il n'y eut pas une guerre dans l'Atlantique et une autre dans le Pacifique, une troisième en Méditerranée et une autre encore dans l'Océan Indien ou en mer du Nord. Dresser la chronique de ce conflit en blocs géographiques distincts permettrait sans doute de simplifier les choses, mais ce n'est pas ainsi que la guerre s'est déroulée ou que les principaux responsables ont eu à la conduire. Les pertes de navires durant la bataille de l'Atlantique affectèrent en effet la disponibilité des unités de transports de troupe pour celle de Guadalcanal ; les convois en direction de l'île de Malte assiégée, en Méditerranée, privaient ceux de l'Atlantique d'une partie de leurs escortes ; la poursuite du cuirassé
    Bismarck imposa de ponctionner des forces basées en Islande, à Gibraltar et en Grande-Bretagne. La trame chronologique et spécifiquement navale choisie par Craig L. Symonds permet de mettre en lumière à quel point les événements maritimes ont tracé et orienté en profondeur le cours de cette guerre.
    Du traité naval germano-britannique de 1935 à la signature de l'Acte de capitulation japonais signé sur le USS
    Missouri en septembre 1945, en passant par la bataille de l'Atlantique où se distinguèrent les
    U-Boote allemands, celle de Méditerranée, l'attaque de Pearl Harbor, les batailles de la mer du Corail, de Midway, les opérations amphibies " Torch " et " Overlord " ou encore la bataille du golfe de Leyte et l'assaut amphibie sur l'île d'Iwo Jima, l'auteur dresse une synthèse inégalée du conflit sans omettre l'étude des percées technologiques - concernant les avions, les torpilles, le décryptage, le radar et finalement l'énergie atomique - qu'il a induit.
    Fort de nombreuses sources inédites, il laisse en outre les acteurs historiques s'exprimer d'eux-mêmes, afin de raconter la Seconde Guerre mondiale en mer telle que les contemporains l'ont vécue : une seule histoire gigantesque et complexe impliquant des dirigeants nationaux, des stratèges, des commandants de flottes et des capitaines de navires, des mécaniciens, des servants de tourelles, des pilotes d'avions, des marins de la marine marchande et des Marines américains, et un drame humain aux dimensions planétaires qui a exercé un impact durable, démesuré sur l'histoire du monde.
    Un futur classique.
    Traduit de l'anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj
    " L'
    Histoire navale de la Seconde Guerre mondiale est une histoire précieuse, ramassée en un seul volume, mais d'une ampleur somptueuse, qui n'oublie pas un seul épisode. Craig Symonds réalise ici un véritable haut fait : il parvient à nous transmettre toute cette matière en nous offrant un récit passionnant et une histoire pleine d'intérêt. Ce livre est un régal ! "
    John Prados, auteur de
    La Guerre du Vietnam (Perrin, 2011)

  • Best sellers, les deux tomes des Mythes de la Seconde Guerre mondiale réunis en un seul volume.

    Si l'histoire de la Seconde Guerre mondiale nous semble bien connue, les mythes sur lesquels elle repose aux yeux du grand public ont encore la vie dure. Pour y remédier, Olivier Wieviorka et Jean Lopez ont réuni les meilleurs historiens français et étrangers de la période. Sur chaque sujet, ils cassent les clichés et les images toutes faites, dans un ouvrage aussi agréable à lire que novateur. Après l'immense succès des deux premiers opus, voici ici rassemblés en un unique volume trente-sept mythes déconstruits, trente-sept chapitres courts et enlevés qui livrent un nouveau regard sur ce moment décisif de l'histoire du monde.
    /> " Une opération salutaire de désintox historique. "
    L'Express

    " [Un] ouvrage très précieux en ces temps de fake news. "
    Le Figaro Magazine

    " Sans jugement partisan, ces [trente-sept] chapitres contribuent à éclairer un conflit qui déchaîne toujours les passions. "
    Geo Histoire

    Dirigé par Jean Lopez, fondateur et directeur de la rédaction de Guerres & Histoire, et Olivier Wieviorka, membre de l'Institut universitaire de France et professeur à l'ENS-Cachan.
    Les auteurs : Sébastien Albertelli, Nicolas Aubin, Vincent Bernard, Benoist Bihan, Bruno Birolli, François-Emmanuel Brézet, Christian Delporte, Christian Destremau, Patrick Facon, Pierre Grumberg, Hubert Heyriès, Eric Jennings, François Kersaudy, Julie Le Gac, Jean-Luc Leleu, Franck Liaigre, Jean Lopez, Claire Miot, Jean-François Muracciole, Jean-Christophe Noël, Lasha Otkhmezuri, Robert O. Paxton, Marc Perrenoud, Davide Rodogno, Régis Schlagdenhauffen, Georges-Henri Soutou, Pierre-François Souyri, Maurice Vaïsse, Bénédicte Vergez-Chaignon, Fabrice Virgili, Olivier Wieviorka.

    2 Autres éditions :

  • La Résistance : le chapitre le plus romanesque de notre roman national. Il commence par une catastrophe militaire sans précédent. Table rase. Chacun, chacune face à soi-même. Entrer en résistance, c'est s'autodésigner à la torture et à la mort. Jamais l'héroïsme ne fut si quotidien ; jamais la trahison ne fit couler tant de sang et de larmes.
    La bicyclette contre les tractions avant ; la Sten contre la Das Reich ; le Lysander, libellule nyctalope, contre les Messerschmitt. Du rouge avec l'Affiche, l'Orchestre et Guingouin, mais aussi du bleu avec une flopée de Camelots du roy, dont le grand Jacques Renouvin. Qui s'aventure dans cette histoire avec un oeil sectaire est assuré de n'y rien comprendre. Unité fusionnelle ? Certes pas. Mais tous acceptent de mourir au même poteau. Point de médiocres. Les médiocres sont à Vichy ou nulle part. Et des femmes si nombreuses à faire preuve d'héroïsme qu'on ne pourra plus, à la Libération, leur refuser le bulletin de vote.

  • L'opération Barbarossa, qui s'ouvre le 22 juin 1941, ne ressemble à aucune autre dans l'Histoire. Elle met aux prises les deux systèmes militaires les plus puissants et les deux régimes les plus brutaux. Les plans sont ineptes, les armées bien en dessous de leurs missions. Dans le combat comme dans l'occupation, la Wehrmacht conjugue la logique exterminatrice du nazisme avec celle de sa propre culture militaire, qui pousse la terreur à son paroxysme. L'Armée rouge se vide de son sang, prise entre les feux d'un ennemi affranchi de toutes les normes humaines et la répression sauvage du bolchevisme stalinien. Dix millions d'hommes s'affrontent lors de batailles aux proportions monstrueuses : les plus gros encerclements, les percées les plus spectaculaires, les retournements les plus improbables aussi. Le résultat de cette moisson de superlatifs est la création d'un brasier de proportions inouïes. Combats, exécutions, exactions, famines délibérées tuent en 200 jours plus de 5 millions d'hommes, de femmes et d'enfants, de soldats et de civils.  Ce semestre d'une densité extrême, le plus létal de la Seconde Guerre mondiale, méritait sa fresque. C'est à la brosser que se sont attachés Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri, passant du Kremlin au QG du Führer, des états-majors des Fronts à ceux des groupes d'armées, du NKVD aux Einsatzgruppen, des unités en marche aux usines et aux fosses d'exécution. Une somme unique et exceptionnelle. Prix du Guesclin 2019  

  • 75 ans après la libération du camp de concentration allemand de Bergen-Belsen, ce livre réunit deux témoignages forts et inspirants. Celui d'Hélène, résistante française arrêtée, torturée puis déportée dans le camp. Et celui d'Yvonne, sa fille, née là-bas.

    Si Hélène est décédée, elle a laissé des écrits intenses et rares à Yvonne, aujourd'hui âgée de 75 ans. Un témoignage puissant auquel celle-ci répond en questionnant l'Histoire, en interrogeant sa propre identité, en sondant sa personnalité, en révélant aussi d'incroyables secrets familiaux. De chapitre en chapitre se noue, à travers le temps, les douleurs, l'espoir, la peur, un intense dialogue entre générations.
    Ce livre, bien-sûr, évoque l'horreur de l'entreprise concentrationnaire nazie. Mais, surtout, il surprend et inspire par les histoires dans l'Histoire qu'il développe. Par quel miracle certains, dans les conditions de vie inhumaines d'un camp, réussissent-ils à faire preuve de la plus grande humanité ? Quel sens des valeurs a pu pousser une mère et sa fille internées dans le même camp à offrir leur trésor - un morceau de chocolat - à Hélène lorsque celle-ci n'avait plus de forces mais était sur le point d'accoucher en cachette ? Et pourquoi Yvonne bébé ne pleura-t-elle jamais durant les six mois vécus dissimulée dans le baraquement du camp, ne poussant son premier cri qu'après la libération de celui-ci ? L'instinct de survie explique-t-il tout ?
    Je suis née à Bergen-Belsen révèle ce qu'il y a de plus terrible et contrasté dans l'être humain : sa barbarie comme son humanité.

  • L'histoire fascinante de Harro et Libertas Schulze-Boysen, couple d'espions allemands infiltrés dans l'administration du Reich et à la solde de l'Union soviétique, qui furent à l'origine de l'Orchestre rouge de Berlin, le mouvement de résistance à Hitler, et qui périrent exécutés par les nazis en 1942.
    Par Norman Ohler, écrivain, journaliste et scénariste allemand à succès. Son premier livre de non-fiction, L'Extase totale. Le IIIe Reich, les Allemands et la drogue (La Découverte, 2016), a été traduit en 25 langues.

  • Les derniers rescapés de la Shoah témoignent.
    La Shoah, c'est plus de 6 millions de morts, de visages, de prénoms, d'êtres aimés et aimants, avec des rêves et des projets.
    Il existe en Israël une maison d'accueil pour les survivants de l'Holocauste, probablement le seul projet au monde d'accompagnement de fin de vie. Ils viennent d'Auschwitz, de Bergen-Belsen, des forêts et des ghettos. Ils reviennent d'entre les morts. Et ils se souviennent. De tout : la rafle, les cris, la peur, les chiens, les fusillades au bord des fosses communes, le train, la sélection, la douche, la tonte, la nudité, le froid, la faim, le travail d'esclave, les corps entassés dans les baraquements, les cris des kapos, les poux... Et la mort. La mort, partout, tout le temps. Ils vivent chaque jour avec le visage de leurs disparus. Avec les fantômes de ces millions d'innocents exterminés. Ils sont " les voix des morts " et, dans ce livre, témoignent sans doute pour la dernière fois, afin que jamais on n'oublie que l'horreur a été possible et que ce qui a été possible hier peut encore l'être demain, ici ou ailleurs. Ils parlent, parce que ce crime contre l'humanité est notre héritage à tous, Juifs et non-Juifs. Il est bon de se le rappeler quand, un peu partout dans le monde, on assiste à une nouvelle montée de l'antisémitisme. Et parce que l'oubli et l'indifférence seraient une deuxième mort pour toutes ces victimes.

  • Le chemin Walter Benjamin n'est pas qu'une métaphore. C'est une
    réalité : un itinéraire de randonnée pyrénéen qui, en Catalogne, mène de
    Banyuls-sur-mer à Portbou, de France en Espagne. Son point d'arrivée
    est le petit cimetière suspendu au-dessus de la Méditerranée où Walter
    Benjamin fut inhumé, après sa mort le 26 septembre 1940. Création
    de l'artiste israélien Dani Karavan, le mémorial qui lui rend hommage
    plonge dans la mer, à l'endroit précis d'un incessant tourbillon. Il s'intitule
    « Passages », en écho à l'oeuvre de l'intellectuel juif allemand qui s'est
    donné la mort à Portbou après avoir emprunté ce chemin pour traverser la
    frontière afin d'échapper à l'Europe national-socialiste.


    Ce sont les souvenirs de Lisa Fittko qui ont permis la renaissance de
    ce chemin de liberté. Résistante allemande au nazisme, elle fut en 1940-
    1941, avec son mari Hans, l'âme d'un réseau clandestin organisant, depuis
    Banyuls, l'échappée en Espagne des persécutés par ce sentier que Walter
    Benjamin fut le premier à emprunter à ses côtés. Salué en Allemagne par
    le Grand Prix du livre politique lors de sa première parution, en 1985, son
    récit rappelle que les frontières sont faites pour être traversées et les exilés
    pour être accueillis.


    Artisan de cette réédition, Edwy Plenel dit l'actualité de ce Chemin
    Walter Benjamin comme l'on convoquerait un souvenir à l'instant du péril :
    « Ce livre n'érige pas un monument, ni ne commémore ou célèbre : c'est
    un acte d'engagement. Sa temporalité n'est pas celle d'un passé révolu,
    mais d'un passé plein d'à présent. »

  • La bibliothécaire d'Auschwitz : l'histoire vraie
    Dita Kraus n'a que quatorze ans lorsqu'elle devient la bibliothécaire d'Auschwitz. Grâce à elle, les enfants s'évadent par la lecture. Dans son bloc, un autre jeune homme accomplit des miracles, il s'appelle Otto et réalise des tours de magie...
    À la Libération, Otto et Dita se marient et sont emportés par le vent de l'histoire qui les conduit de Prague aux kibboutz d'Israël pour échapper aux Soviétiques.
    Sa vie durant, Dita est restée une passeuse de savoir. Elle s'est battue pour l'éducation des esprits en devenant professeure, puis en allant témoigner aux quatre coins du monde afin d'honorer la mémoire des victimes de la Shoah et éviter que de telles atrocités se reproduisent.

  • Les médecins maudits Nouv.

  • Marc Bloch, Simone Weil, Pierre Brossolette... Quand on pense aux intellectuels pendant l'Occupation, ces belles figures de résistants nous viennent immédiatement à l'esprit. Pourtant, c'est également avec tout leur bagage culturel, universitaire et politique que d'autres, Robert Brasillach, Marcel Déat ou encore Pierre Drieu la Rochelle se sont engagés dans le camp de la collaboration. Tandis qu'on peut parler d'ambivalence pour Jean-Paul Sartre, Raymond Aron ou François Mitterrand.L'historien Laurent Wetzel reconstitue, au travers de propos et de récits, souvent peu connus, mais tous éclairants, les tempéraments, les motivations et les convictions de ces intellectuels confrontés au plus grand désastre de notre histoire. Car, alors comme aujourd'hui, les choix et l'éthique personnelle forgent le destin des nations.
    Laurent Wetzel, ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm et agrégé d'histoire, a travaillé avec René Rémond et Alain Peyrefitte. Il a été maître de conférence d'histoire contemporaine à Sciences Po et professeur d'histoire politique à Sup de Co et a également exercé la fonction d'inspecteur pédagogique régional dans plusieurs académies.

  • La milice française

    Michèle Cointet

    • Fayard
    • 28 Août 2013

    Le 31 janvier 1943, Pierre Laval, chef du gouvernement de Vichy, crée la Milice française en appelant des volontaires à défendre l´ordre contre les actions de la Résistance et un éventuel débarquement. Un an plus tard, le régime de Vichy est devenu fasciste et déchaîne une violence politique d´Etat sous la forme de cours martiales remplaçant la justice, écrasant les maquis (Les Glières), torturant et assassinant (Mandel, Sarraut). Qui étaient ces miliciens ? Que voulaient-ils ? Que sont-ils devenus, y compris dans la mémoire collective ? C´est ce que Michèle Cointet, spécialiste de la France sous l´occupation, nous livre dans cet ouvrage vivant, dramatique, et riche de portraits inédits : à la fois une histoire de l´Etat français sous Vichy, mais aussi une histoire du fascisme, de la collaboration et de la violence politique.

  • Quatre-vingts ans après la défaite de 1940, l'instauration du régime de Vichy et la politique de collaboration incarnée par Pétain et Laval, les mêmes questions continuent de se poser à l'historien. Spécialiste de la période, Jean-Pierre Azéma y répond point par point, dans un souci de clarté pédagogique.
    Le 30 octobre 1940, six jours après la poignée de mains échangée à Montoire entre Hitler et Pétain, le Maréchal annonçait aux Français : " J'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration. " Mais qui avait le plus d'intérêt à pratiquer cette collaboration, le Reich ou l'État français ? Quel fut, dans le régime de Vichy, le rôle de Laval, voire celui de Darlan ? Quels rapports entre la Révolution nationale et la Collaboration ? Qui étaient les collaborationnistes ? Quelle influence ont-ils eue ? Quels ont été les choix des forces politiques, religieuses et économiques ? La Collaboration a-t-elle facilité la mise en oeuvre de la " Solution finale " ? A-t-elle pesé dans l'évolution du conflit mondial ? L'épuration n'a-t-elle été qu'un règlement de comptes ? Autant de questions classiques reprises par Jean-Pierre Azéma, grâce à l'apport d 'archives d e plus en plus nombreuses à être ouvertes, afin d'éclairer l'ambivalence des choix, des attitudes, des opinions et des mémoires.

  • La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne.
    Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du " speed ". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques.
    Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux " Patient A ", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.

  • A l'instar de la courageuse Nellie Bly, Janet Flanner est une journaliste culottée. Née à la fin du XIXe siècle à Indianapolis dans un milieu quaker cultivé et bourgeois, étudiante en lettres à l'université de Chicago, critique théâtrale pour le quotidien local, l'Indy Star, elle se marie pour échapper à sa mère et suit son époux à New York. Elle y fréquente la bande de l'Algonquin, des auteurs, comédiens, dramaturges bourrés de talent et d'esprit et y rencontre le grand amour de sa vie, Solita Solano, comme elle journaliste et aspirante écrivaine. Janet quitte son mari et les deux femmes partent visiter l'Europe avant de s'installer en 1922 à Paris, et d'y vivre libres. Trois ans plus tard, le New Yorker lui propose d'écrire toutes les deux semaines une Lettre de Paris, sous le nom de plume de Genêt. Ce qu'elle fera brillamment tout en publiant, dès le début des années trente, des reportages sur l'Europe en proie à ses démons.
    Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, Janet Flanner rentre au pays. Pour autant, à dix mille kilomètres, elle continue à raconter aux Américains Paris et la France sous le joug nazi, aussi précisément que si elle y résidait encore. Tantôt grave et tantôt ironique, elle explique, décortique, suppute, griffe, pointe les petites et les grandes lâchetés et l'héroïsme au quotidien. Plus elle enquête, plus elle écrit, plus sa détestation de la barbarie nazie s'accroît. Vifs, précis, documentés, ses articles restent parmi les meilleurs de ceux qu'on a pu lire sur la France occupée. La profusion de détails, du plus sombre au plus dérisoire, qui portent sur tous les sujets possibles (le marché noir, l'économie, l'argent, la mode, la nourriture, le travail, l'éducation, la presse, l'Eglise, l'antisémitisme, etc.), compose une fresque minutieuse assemblée comme un collage. Paris est une guerre, tout autant qu'une plongée fascinante dans la France occupée, est un régal de lecture et une mine pour les férus d'histoire.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Hélène Cohen
    Édition établie et préfacée par Michèle Fitoussi


  • 26 août 1942. Pour répondre aux exigences des nazis, le gouvernement de Vichy ordonne la rafle des juifs étrangers dans la région de Lyon. Au petit matin, ils sont 1 016 à être arrêtés et rassemblés dans un camp de " triage " à Vénissieux.
    Nuit du 28 au 29 août 1942. Des membres d'oeuvres sociales présents dans l'enceinte réussissent à convaincre les parents d'abandonner leurs enfants et de les confier à une association, l'Amitié chrétienne, seule façon de les sauver de la déportation.
    Malgré les cris, les pleurs, les tentatives de suicide des mères, 108 enfants vont être séparés de leurs parents et exfiltrés du camp. de leur côté, 545 adultes sont conduits en autocar par les gendarmes à la gare de Saint-Priest, direction Drancy, puis Auschwitz où la grande majorité d'entre eux sera gazée.
    Dans les heures qui suivent, la police lance une chasse pour retrouver ces enfants cachés dans un ancien couvent. Mais dans des tracts, la résistance prévient :
    " Vous n'aurez pas les enfants. "
    L'histoire inédite du plus grand sauvetage d'enfants juifs entrepris en France pendant la Seconde Guerre mondiale.
    Une incroyable chaîne de solidarité d'hommes et de femmes qui, sous la protection du cardinal Gerlier, primat des Gaules, avaient compris que ces enfants étaient promis à la mort.

  • Après des décennies de témoignages, d'ouvrages, d'articles, de documentaires télévisés et d'émissions radio, on croit tout connaître de la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, aux mythes de la propagande des belligérants de cette époque sont venues s'ajouter les thèses fumeuses de certains auteurs et médias, qui continuent de véhiculer une idéologie formatée et sans nuances.Cet ouvrage captivant, reposant sur des documents et des témoignages inédits, balaie de nombreux clichés : la France et ses Alliés pouvaient gagner la guerre en 1940 ; les Français sont tous des collabos et des antisémites ; la Résistance française est surestimée et a été inefficace ; Mussolini a toujours été acquis au nazisme ; le débarquement et la bataille de Normandie sont avant tout une victoire américaine... Dominique Lormier revient sur ces affirmations et révèle ici quelques-unes des vérités cachées de cette période cruciale du xxe siècle.
    Historien et écrivain, Dominique Lormier est l'auteur de plus de 140 ouvrages (documents historiques, biographies, littérature, spiritualité). Lieutenant-colonel de réserve, il est également membre de l'Institut Jean-Moulin, prix de la Légion d'honneur et chevalier de la Légion d'honneur. Il est l'un des meilleurs spécialistes de la Seconde Guerre mondiale. Parmi ses derniers ouvrages : Ces chrétiens qui ont résisté à Hitler, Artège, 2018.

  • 1940

    Rémy Porte

    La défaite de 1940 : comment en est-on arrivé là ?

    Le 13 mai 1940, trois jours après le début de l'offensive allemande, les lignes de l'armée française sont enfoncées. Le 17 juin, Pétain appelle à cesser le combat. Le 22, l'armistice est signé en forêt de Compiègne. Le 10 juillet, députés et sénateurs votent les pleins pouvoirs au Maréchal. En deux mois, la France, première puissance européenne, et dont l'armée était considérée comme la meilleure du monde en 1918, a été mise à terre. Ce naufrage politico-militaire, doublé d'un exode de la population, continue de hanter la mémoire des Français et de susciter de nombreuses interrogations. Le Front populaire a-t-il désarmé le pays ? La ligne Maginot était-elle une bonne idée ? Notre armée était-elle prête ? Manquait-elle d'avions et de chars ? Les Belges sont-ils coupables ? La guerre pouvait-elle être poursuivie en Bretagne ou en Afrique du Nord ? L'appel à Pétain était-il un complot contre la République ? L'appel du 18 Juin a-t-il été entendu ? C'est à ces questions et à bien d'autres encore que répond ce livre, à la fois chronique d'une défaite et plongée dans le quotidien des dirigeants de la IIIe République, des militaires et de la population.

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