• Si la sociologie, comme la photographie ou encore l'art de l'essai, est bien une invention française, il faut encore reconnaître que les chercheurs français n'ont pas seulement été les pionniers de la discipline, tels Auguste Comte et Émile Durkheim : ils ont également contribué, par leurs efforts collectifs, à produire une véritable tradition intellectuelle particulièrement féconde. Mais qu'est-ce que partagent des sociologues aussi divers que Raymond Aron, Pierre Bourdieu, Bruno Latour ou encore Luc Boltanski, par exemple, qui appartiennent à des générations différentes, et représentent des courants intellectuels et des styles de travail tout à fait distincts ?

    Johan Heilbron présente ici une vue d'ensemble unique sur la plus ancienne et l'une des traditions nationales les plus vivantes de la sociologie. Il s'attache à retracer son évolution depuis ses débuts, à l'orée du xixe siècle,jusqu'à son expansion à la fin du xxe siècle. Présentant de nouvelles interprétations de la manière dont des penseurs comme Émile Durkheim et son groupe de collaborateurs ont redéfini la discipline et ont contribué au renouvellement d'autres sciences humaines, le livre de Heilbron constitue une étude sociologique novatrice et un ouvrage de référence pour l'histoire des sciences sociales.

    " Aucune histoire de la discipline n'a jamais articulé aussi finement l'évolution de ses institutions, une interprétation des trajectoires de ses acteurs centraux et la présentation de ses principaux résultats théoriques, méthodologiques et empiriques. "

    Frédéric Lebaron

  • De renommée équivalente à celle de Milgram, l'" expérience de Stanford sur la prison " demeure pourtant l'un des meilleurs exemples de mise en scène scientifique. Rassemblant archives et entretiens inédits, Thibault Le Texier mène une enquête haletante sur l'une des plus grandes supercheries intellectuelles du XX e siècle.
    Conduite en 1971 par le professeur Philip Zimbardo, l'" expérience de Stanford sur la prison " a vu vingt-deux étudiants volontaires jouer les rôles de gardiens et de prisonniers au sein d'une fausse prison installée dans l'université Stanford.
    L'expérience devait durer deux semaines mais elle fut arrêtée au bout de six jours, résume Zimbardo, car " les gardiens se montrèrent brutaux et souvent sadiques et les prisonniers, après une tentative de rébellion, dociles et accommodants, même si la moitié d'entre eux furent si perturbés psychologiquement qu'ils durent être libérés plus tôt que prévu ".
    Devenue presque aussi célèbre que l'expérience de Stanley Milgram sur l'obéissance et souvent citée en exemple de l'influence des situations sur nos comportements, l'expérience de Stanford est pourtant plus proche du cinéma que de la science : ses conclusions ont été écrites à l'avance, son protocole n'avait rien de scientifique, son déroulement a été constamment manipulé et ses résultats ont été interprétés de manière biaisée.
    Rassemblant archives et entretiens inédits, Thibault Le Texier mène une enquête haletante sur l'une des plus grandes supercheries scientifiques du XXe siècle, entre rivalités académiques, contre-culture et déploiement du complexe militaro-industrialo-universitaire.

  • Erving Goffman (1922-1982) compte parmi les grands sociologues de langue anglaise. Asile, Stigmates, La mise en scène de la vie quotidienne, ses ouvrages les plus connus, prennent pour objet l'interaction dans l'expérience ordinaire. Les cadres de l'expérience (1974) s'attache également aux situations les plus banales, mais dans une problématique différente : celle de la structure de l'expérience de la vie sociale, analysée à travers les principes d'organisation qui nous permettent de définir une situation, c'est-à-dire de répondre à la question " Que se passe-t-il ? ". Ces principes sont ce que Goffman nomme des " cadres ", grâce auxquels l'individu peut reconnaître un événement puis adapter sa conduite. Cadres naturels, sociaux, primaires, transformés, en forme de modes ou de fabrication : leur agencement obéit à une véritable grammaire, que nous maîtrisons plus ou moins sans en avoir conscience.

    Après avoir présenté en détail ce modèle, Nathalie Heinich analyse les réactions qu'il a suscitées dans la sociologie américaine, puis elle le met à l'épreuve de plusieurs exemples : un film de Truffaut, le Pont-Neuf de Christo, la corrida, le canular en art, l'édification contemporaine d'un château médiéval... Ce livre propose ainsi la première présentation en français d'un ouvrage largement méconnu dû à un sociologue majeur.

  • Si en tant que discipline, la sociologie s'appuie largement sur les enquêtes empiriques qui constituent son corpus, elle est tout autant le fait d'une histoire de filiations de pratiques et d'oppositions méthodologiques. Dates, oeuvres et auteurs essentiels sont ici dûment restitués dans leur contexte et leur continuité. Une quatrième édition entièrement refondue et mise à jour de ce manuel de référence.
    La sociologie n'est pas une activité purement spéculative ; elle n'est pas davantage le simple reflet de la vie sociale et politique d'une époque ou d'une collectivité donnée. On ne saurait donc ramener son histoire ni à celle d'une " pensée " ni à celle des sociétés où elle se développe, ce qui aboutirait à un relativisme historique au souffle court.
    L'hypothèse des auteurs de cet ouvrage est que leur discipline doit son développement à un ensemble de conditions intellectuelles, sociales et institutionnelles qui restent à démêler. En conséquence, la démarche adoptée relate l'histoire d'un projet et d'une pratique scientifiques, tout en en proposant quelques clés d'analyse.
    Quelles sont les dates, les oeuvres, les institutions, les techniques de recherche et les personnalités qui ont marqué le développement de la sociologie ? La sociologie est-elle une invention française, allemande ou américaine ? Pourquoi a-t-on pu parler d'un magistère français ? À travers l'histoire et les traditions nationales, y a-t-il une ou plusieurs sociologies ? Quel sens donner aux conflits qui opposent les sociologues sur les concepts et les méthodes ? Peut-on parler d'un progrès de la sociologie ?

  • Foucault et Bourdieu ont tous deux désigné leur époque comme celle du néolibéralisme. Un terme qui caractérise toujours parfaitement la nôtre. En prenant soin de suivre le contexte propre à chacun, Christian Laval relève, parmi les analyses des deux intellectuels, ce qui se révèle essentiel pour comprendre et combattre cette longévité.
    Deux des intellectuels français parmi les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle, Michel Foucault et Pierre Bourdieu, ont choisi de caractériser - le premier à la fin des années 1970, le second dans les années 1990 - le moment historique qu'ils traversaient par le même concept : " néolibéralisme ". Pour autant, leurs parcours théoriques et leurs styles de recherche se sont révélés très différents et, surtout, ils ont l'un et l'autre laissé inachevés leurs travaux sur cette question, rendant cet ouvrage, véritable enquête sur leurs enquêtes, indispensable.
    La grande force de ce livre est de faire comprendre, dans une démarche à la fois politique et pédagogique, l'originalité et la cohérence de chacune d'elles, sans oublier leurs points aveugles et leurs limites. L'ouvrage montre en quoi Foucault et Bourdieu éclairent de façon à la fois différente et complémentaire ce qu'est le néolibéralisme.
    Et comme celui-ci se prolonge d'une manière à la fois plus manifeste, plus radicale et plus violente, leurs analyses s'avèrent incontournables pour comprendre le mode de pouvoir actuel et pour rouvrir la question : quelle nouvelle politique faut-il inventer pour mener ce combat central du XXIe siècle ?

  • Un nouvel éclairage sur Durkheim et son apport à la socioanthropologie, ses influences, son héritage.
    Et si Durkheim n'était pas seulement ce chercheur lancé à corps perdu dans l'explication des fonctions sociales et des contraintes générées par le système ? S'inspirant de ses illustres prédécesseurs et à l'aide de ses compagnons de route, il précisa les contours d'une discipline qui transcenderait la sociologie elle-même, la socioanthropologie, et en fonda ainsi l'École française.

    Salvador Juan nous fait découvrir au fil des pages un Durkheim critique des effets pervers du développement économique, défendant l'unité du genre humain, attentif aux dynamiques historiques et aux conflits, soucieux de l'autonomie des personnes. Sont également présentés les principaux travaux, soulignant tant les influences mutuelles que la pensée commune, philosophique et politique, des nombreux collaborateurs de Durkheim tels que – aux côtés de Mauss – Hertz, Fauconnet, Hubert, Bouglé, Simiand, Halbwachs, etc. Enfin, l'auteur considère, avec de nombreux exemples à l'appui, que ce groupe de penseurs est opposé aux sociologies de l'intérêt et à celles qui insisteront plus tard sur les fonctions et les structures sociales.

    Cet ouvrage permet de découvrir la tradition sociologique française ainsi que la manière dont des auteurs tels que Gurvitch, Duvignaud, Bastide, Leroi-Gourhan, Lefebvre, Ansart et, surtout Balandier, l'ont portée jusqu'à nos jours. Les spécialistes des sciences humaines y trouveront une troisième voie entre l'individualisme rationaliste et les représentations d'une société uniquement conduite par ses mécanismes, sans acteurs.

  • Mai 68 n'aura-t-il été qu'un psychodrame bavard, selon la formule  cruelle et lapidaire de Raymond Aron ?Dans La Révolution introuvable, l'observateur perspicace de l'actualité  politique montre que par-delà le brouhaha des apparences, les  risques étaient faibles que Mai 68 ne constitue un danger sérieux  pour les institutions de la Ve République. Les deux grandes forces  qui structuraient alors la vie politique française, le Parti communiste  et le mouvement gaulliste, n'y avaient aucun intérêt.Comme l'analyse Philippe Raynaud dans sa préface inédite,  Raymond Aron, en héritier de la grande tradition sociologique, fut  également attentif à la crise essentielle de nos sociétés modernes  dont Mai 68 fut un des premiers symptômes  : la tension  contradictoire entre la passion de l'égalité, la demande de  reconnaissance des individus, et l'interdépendance croissante de  chacun à l'égard de tous.

  • Cet ouvrage offre un large panorama de la sociologie moderne et contemporaine en montrant la diversité des pratiques et des courants sociologiques qui se sont développés depuis le début du XXe siècle aux États-Unis et en Europe occidentale. Il accorde tout d'abord une attention particulière aux théories de l'intégration par le social (culturalisme, fonctionnalisme, structuralisme). Puis il examine les analyses qui mettent en avant les contradictions et les conflits au coeur de nos sociétés (sociologies radicales et critiques, actionnalisme...). Il présente en troisième lieu les écoles qui donnent priorité à l'individu et au microsocial (individualisme méthodologique, interactionnisme, ethnométhodologie). Une dernière partie rend compte des théories des temps présents (sociologies de l'individu et des réseaux, postmodernisme...).

  • Pendant dix ans, André Perrin a noté, sous forme de textescourts, les réflexions que lui inspiraient la lecture ou l'écoutequotidienne des médias dits « d'information ». Il a prélevéà chaque fois des échantillons illustratifs de cette nouvellediscipline de la parole qu'on appelle le « politiquementcorrect ».De contradictions majeures en partis pris idéologiques,toujours dans le même sens, cette autocensure moderneapparaît ici dans toute sa nudité : inséparable de l'ignoranceet du mensonge.A la lecture de ces pages, écrites sur le vif sans autreprétention que de rendre leur sens aux mots, on mesurecombien l'indignation contemporaine, facile et paresseuse,est bien le contraire de la réflexion, du débat et de l'action.« André Perrin démonte tranquillement et implacablementles pauvres recettes de nos tyrans ridicules. Courageux,il nous encourage. »Pierre Manent

  • En tant que discipline scientifique, la sociologie s'appuie autant sur les thèses de ses auteurs de référence et sur la spécialisation des savoirs que sur le corpus empirique qu'elle s'est constitué depuis ses premiers déploiements. C'est ce questionnement renouvelé et saisi par l'enquêteur au plus près du réel qui permet l'évolution du savoir sociologique. Cette anthologie des principales enquêtes menées en France depuis 1945 est ici présentée dans une édition revue et augmentée.
    La sociologie n'est pas qu'une suite de théories d'auteurs plus ou moins consacrés. Elle ne se réduit pas, non plus, à des savoirs parcellaires sur des objets particuliers de domaines de plus en plus spécialisés. Elle repose avant tout sur un ensemble de recherches empiriques réalisées à partir de méthodes variées. Ce sont ces enquêtes qui contribuent à l'évolution de cette discipline.
    Elles élaborent progressivement le savoir sociologique par les questions qu'elles posent sur la société dans laquelle nous vivons. Nous ne disposions pas, jusqu'à présent, d'une historiographie de la recherche sociologique. Cet ouvrage vient combler cette lacune.
    Construit autour de neuf enquêtes empiriques publiées depuis 1945, devenues des classiques, l'ouvrage retrace l'histoire de la sociologie française en évoquant aussi de nombreuses autres enquêtes. Écrit dans un langage clair et accessible, l'ouvrage invite à entrer dans l'atelier du sociologue. Il s'inscrit ainsi à la suite du livre de Peter L. Berger, Invitation à la sociologie, dont il pourrait être le " pendant " empirique.

  • Avec notre argent dépensé sans compter, l'État a non seulement échoué à redresser la France, mais il a aggravé une situation économique et sociale déjà difficile. Il est temps de changer de cap. À cet effet, cet ouvrage expose une autre orientation, radicale et efficace, s'appuyant sur des exemples concrets. Il ne s'agit pas de délivrer un programme de plus, mais de rechercher les voies nouvelles qui pourraient être empruntées pour réactiver les intelligences, les énergies et les volontés de tous ceux, nombreux, qui y sont prêts pour autant qu'ils ne soient plus bridés par trop de contraintes administratives, fiscales, politiques ou sociales. Il faut rendre aux Français la responsabilité de leur vie dans le respect mutuel que l'État est là pour faire respecter en dernier ressort. Dans cet esprit sont énoncées diverses propositions peu conformistes pour ouvrir à la concurrence la Sécurité Sociale, le RSI, l'Unédic ou les caisses de retraite, pour évoluer vers des impôts allégés, simples et à taux proportionnels permettant de supprimer toutes les niches et de rétablir une meilleure justice fiscale, pour rendre aux parents la liberté de choisir l'école de leurs enfants, pour limiter l'intervention de l'Union Européenne et en même temps renforcer l'Etat dans ses missions régaliennes de protection. Il s'agit plus généralement de permettre aux Français d'exercer une liberté responsable de laquelle pourra renaître un état de droit et une société civile vivifiés pour le plus grand bien de tous.
    Jean-Philippe Delsol est avocat, docteur en droit, auteur de nombreux ouvrages dont À quoi servent les riches (JC Lattès, 2012), L'Injustice fiscale ou l'abus de biens communs (DDB 2016). Il est président de l'Institut de Recherches Économiques et Fiscales (IREF).
    Nicolas Lecaussin est essayiste, auteur de nombreux ouvrages dont Cet État qui tue la France, L'Obsession antilibérale française. Il est le directeur de l'Institut de Recherches Économiques et Fiscales (IREF).
    Ils ont publié ensemble en 2015 Anti-Piketty, Vive le Capital au XXIe siècle (Libréchange).

  • Fin connaisseur de la pensée politique européenne, DalmacioNegro Pavón nous convie à un parcours à travers l'histoire de lapolitique occidentale et nous livre la clé pour comprendre l'hostilitéet la crainte de l'establishment européen devant la montée desmouvements populistes et des rébellions populaires du type « giletsjaunes ».À la lumière de l'histoire politique, que démontre-t-il ? Toutd'abord qu'il n'y a pas de communauté politique sans hiérarchie,pas de hiérarchie sans organisation, pas d'organisation socialequi ne se concrétise sans la direction d'un petit nombre. Le pouvoirretombe toujours entre les mains de la minorité dirigeante, et celaindépendamment de la forme politique. C'est ce que l'on appellela « Loi de fer de l'oligarchie ».Ensuite, il démystifie la démocratie en tant que succédané ousuperstition née des religions de la politique. Les démocratiestendent toujours à se convertir en oligarchies et plus la démocraties'organise, plus elle tend à décliner et plus les possibilités demanipulation des masses grandissent. La démocratie est uneméthode, elle ne saurait être une fin, un idéal absolu, un impératifmoral.Enfin, quand l'organisation ultime de la démocratie est devenuesi complexe qu'elle ne sert plus qu'à éluder les responsabilités età écraser l'opposition au nom du peuple, Pavón met en gardecontre le retour de « l'incontrôlable ».Une leçon pour les temps présents.Ancien professeur d'histoire des idées politiques à l'Université Complutensede Madrid, professeur émérite de science politique à l'Université San Pablode Madrid, membre de l'Académie royale des sciences morales et politiques,Dalmacio Negro Pavón est l'auteur d'une vingtaine de livres et de plusieurscentaines d'articles.

  • Ce livre renouvelle notre regard sur Norbert Elias ( 1897-1990), en le replaçant dans son contexte scientifique, historique, mais aussi biographique. Hanté par le spectre de la Première Guerre mondiale qui l'a profondément et durablement marqué, l'homme, réfugié à Londres en 1935, n'a qu'une certitude : à la violence et à ses formes multiples peut - et doit selon lui - être opposée la raison savante, raison que la sociologie processuelle qu'il développe a vocation d'incarner. Elias ambitionne de bâtir un nouveau modèle en science sociale, attentif aux apports de la biologie, de l'histoire, de l'anthropologie, de la psychanalyse. Ce livre présente la richesse, l'ampleur, l'unité du projet scientifique du sociologue. En étudiant le processus séculaire de formation des autocontraintes au coeur du processus de civilisation, il offre une compréhension de ce processus qui s'avère d'autant plus impérative que la conscience qui émerge en son sein n'est jamais à l'abri d'un retour de la violence.

  • En 1902 paraît le rapport de Charles Gide sur l'économie sociale présenté à l'Exposition universelle de 1900. Plusieurs fois réédité, c'est sa dernière édition, "Les institutions du progrès social", qui est ici présentée. On y trouve un panorama des institutions produites au XIXe siècle pour traiter la nouvelle question sociale que crée la société industrielle naissante : qu'est-ce que l'économie sociale ? Que peut-elle faire ? Comment son action s'articule-t-elle avec celles des secteurs public et capitaliste ?

  • Gabriel Tarde, criminologue du XX° siècle, juge d'instruction et directeur de la statistique criminelle au ministère de la Justice, était aussi philosophe de l'histoire, sociologue, psychosociologue, culturaliste. Réfutant tout déterminisme, selon lui "on ne naît pas criminel", on choisit de le devenir. Les questions débattues alors sont toujours d'actualité aujourd'hui : le criminel a-t-il voulu son acte, est-il un malade, une victime, voire un dissident de la logique sociale, ou un produit des lois d'une société ?

  • Qu'est-ce qu'un enfant « normal »? Tout au long du XIXe siècle, l'hygiène publique et la pédiatrie ont joué un rôle déterminant autant dans l'image que dans la conception des enfants. Au début du XXe siècle, la psychologue parvient à l'avant-scène, transformant du coup notre pensée et notre compréhension. André Turmel examine ces transformations à la fois selon la perspective de l'observation scientifique des enfants ( hygiène publique, pédiatrie, psychologie, éducation ) selon le point de vue d'une politique publique ( bien-être de l'enfant, politique de la santé, éducation et obligation scolaire. S'appuyant sur des descriptions historiques poussées en provenance de Grande-Bretagne, des États-Unis et de France, il étudie comment le développement séquentiel et le raisonnement statistique mènent au concept d'enfant « normal » et produisent une forme de standardisation par laquelle nous surveillons de près les enfants. Il montre comment les sociétés occidentales sont devenues des cultures centrées sur l'enfant et demande si nous allons continuer à faire reposer parentalité et éducation sur une vision de l'enfant qui n'est plus appropriée.

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