Littérature argumentative

  • Publié en France en 2017 par Actes Sud, le recueil Le silence même n'est plus à toi rassemble quelques-unes des chroniques d'Asli Erdogan parues dans le journal Özgür Gündem, où elle dénonçait les atteintes à la liberté d'opinion. Elle le fait avec une grande exigence poétique, mêlant lucidité et beauté de la langue.

    « Faut-il accueillir avec douleur, avec humour ou avec compréhension les paroles du grand chef qui, après avoir de facto privé des millions de femmes de leur droit à l'avortement, sur un ordre murmuré du bout des lèvres, déclarait le 8 Mars : « Je vais m'occuper personnellement du problème des femmes, comme je me suis occupé de celui de la cigarette ». Nous ne sommes pas du côté de la loi, mais de celui de la révolte ! Ceci n'est pas le slogan d'un seul jour, c'est notre réalité individuelle ! Ce sont les femmes qui changent la Turquie, qui la transforment et la transformeront. » A.E

  • En 1993 paraissait en France Backlash - La guerre froide contre les femmes de Susan Faludi. Best-seller aux États-Unis dès sa sortie en 1991, cet essai identifie et constitue une enquête sans précédent sur le "retour de bâton" médiatique, politique, juridique, économique, culturel, des années 1980, contre les droits des femmes, après les importantes mais fragiles avancées obtenues par le mouvement des femmes des années 1970. Faits et chiffres à l'appui, Susan Faludi révèle la brutalité et l'ampleur de cette revanche conservatrice : gros titres de journaux sur l'échec du féminisme accusé de tous les maux, la pénurie d'hommes, l'épidémie d'infécondité, le malheur des célibataires, la dépression des femmes; triomphe des images de femmes soumises au cinéma et à la télévision, groupes de défense de la masculinité, mise en cause du droit à l'avortement, exclusion des femmes des rouages politiques et remise en question des droits à l'égalité au travail...
    Ce texte éclairant considéré comme un classique du corpus féministe souligne le caractère cyclique de ces "retours de bâton". Après l'accession de pouvoirs réactionnaires et machistes dans de nombreux pays ces dernières années et deux ans après les débuts du mouvement #MeToo, son actualité est brûlante.

  • « Elle avait à peine vingt-quatre ans.
    Née en 1920, elle avait déjà vécu, en l'espace de dix-huit mois, son plus grand amour, publié un mythique premier roman, était devenue citoyenne brésilienne, s'était mariée, avait entamé à Belém un long destin de femme de diplomate, élaboré un second roman, - lorsqu'elle rencontra à Rio, au printemps 1944, entre deux voyages, celui qui allait devenir l'interlocuteur de cette correspondance. Laquelle fut publiée par ses propres soins, plus de vingt ans après la disparition de la fulgurante étoile demeurée « près de son coeur ». Ce titre a été inventé par Fernando Sabino lui-même en hommage au premier livre de Clarice, qui avait illuminé sa vie comme celle de toute sa génération - la plus riche produite à ce jour par la littérature brésilienne.
    Ce livre, Près du coeur sauvage, Fernando Sabino l'avait reçu chez lui, dans le Minas Gerais, en décembre 1943, par un hasard qu'il ne s'expliqua jamais. Mais ce ne fut pas un hasard si un ami commun, plus âgé, le journaliste diplomate Rubem Braga, prit l'initiative tutélaire, six mois plus tard, de présenter l'un à l'autre ce jeune écrivain séduisant et cette sublime créature surgie comme un « ouragan » (B. Moser). De cette première et brève mise en présence (Clarice était en partance pour l'Italie), nous n'avons conservé aucun témoignage, mais nous n'en avons guère besoin : cette Correspondance en fut le résultat. Deux dates la bornent : avril 1946 et janvier 1969, précieuses, mais insuffisantes pour mesurer l'étendue qu'a dû parcourir, jusqu'à la disparition de Clarice, en 1977, l'amitié de deux êtres d'une pareille qualité. Car telle est l'infirmité de toute correspondance, qu'elle ne peut exister que lorsque les épistoliers sont séparés... » Didier Lamaison, traducteur

    « Nous échangions sur tout. Nous nous soumettions nos travaux respectifs. Ensemble nous reformulions nos valeurs et découvrions le monde, ivres de notre jeunesse. Ce qui réunissait deux jeunes gens « près du coeur sauvage de la vie », c'était plus que leur passion pour la littérature ou, inavouée, l'un pour l'autre : ce qui transpire dans nos lettres, c'est une sorte de pacte secret entre nous deux, dans une solidarité face à l'énigme que nous réservait l'avenir quant à notre destin d'écrivains. » Fernando Sabino

  • Diderot avait quarante ans lorsqu'il rencontra Sophie Volland. Cet amour dura trente années. Des lettres de Sophie, aucune ne subsiste. Celles de Diderot constituent un document de premier ordre sur la société de l'époque tout autant qu'une magnifique correspondance amoureuse. Texte peu connu, Sur les femmes rend hommage avec ironie, lyrisme et tendresse, à celles qui, «négligées dans leur éducation..., réduites au silence..., assujetties par la cruauté des lois civiles... » sont aussi le «seul être de la nature qui nous rende sentiment pour sentiment et qui soit heureux du bonheur qu'il nous fait ». « Femmes, que je vous plains ! Il n'y avait qu'un dédommagement à vos maux; et si j'avais été législateur, peut-être l'eussiez-vous obtenu. Affranchies de toute servitude, vous auriez été sacrées en quelque endroit que vous eussiez paru. Quand on écrit des femmes, il faut tremper sa plume dans l'arc-en-ciel et jeter sur sa ligne la poussière des ailes du papillon. » D.D.

  • Entre Sido, qui orienta la destinée d'une de nos plus grandes écrivaines et Colette, qui fit de toutes ses oeuvres un hommage direct ou indirect à la déesse Sido, il manquait un maillon. Ce maillon est là, dans la correspondance adressée par Sido à Colette, de 1905 à 1912. Les lettres de Sido font écho aux dires de Sido dans la fiction et répondent aux questions que nous nous posions encore sur Colette.

    Le 6 avril 1912, Sido écrivait : « [...] Les hirondelles sont arrivées ce matin à quatre heures ; j'ai pu assister à leur arrivée, elles passaient et repassaient follement devant mes fenêtres. Nous ne sommes que le six et le plus tôt de leur arrivée en général c'est le onze, mais nous avons eu des journées si exceptionnellement chaudes que nos délicieuses bestioles ont pu se tromper sur la date. Enfin, elles sont là et c'est tout ce que je leur demande, car nous sommes de vieilles connaissances comme tu sais. »

  • A la parution des Réflexions nouvelles sur les femmes, Anne Thérèse de Lambert craignait d'éveiller une riposte violente des hommes, aussi acheta-t-elle toute l'édition pour la détruire ; mais cela produisit l'effet contraire : « -Je crus les anéantir en achetant toute l'édition, cela n'a fait qu'augmenter la curiosité... » Cette femme qui, confiait à M. D*** en 1673 à propos de ses écrits : « -J'allais passer à vingt-six ans pour une vieille folle », se révolta contre les principes inculqués inlassablement aux femmes : vocation à l'amour et à la maternité, faiblesse, passivité, nature éternelle...

  • C'est le mystère d'une conjonction thématique très particulière qui a réuni les six auteurs de ce livre autour de six thèmes privilégiés par la littérature espagnole, inextricablement apparentés et revenants : le Manuscrit, l'Objet (de l'écriture et de sa quête), le Maître, la Maison, l'Enfant et le Voyage. Rares sont en effet les oeuvres littéraires en Espagne qui ignorent ces six territoires et leur conjonction amoureuse. Celle-ci s'impose depuis les textes d'autrefois qui nous ont tous nourris jusqu'aux créations d'aujourd'hui. Parmi cette constellation thématique privilégiée, certains objets, certaines étoiles peuvent briller plus que d'autres, leurSorchestration n'est jamais la même.

  • Chère maître

    ,

    lu par Marie-France Pisier; Thierry Fortineau

    « Chère Maître », c'est en ces termes que Gustave Flaubert s'adresse à George Sand. Au fil de la correspondance qu'ils échangèrent, de 1866 à 1876, se révèlent deux conceptions du monde, deux esthétiques, deux tempéraments. La générosité et l'attention aux autres de George Sand et l'esprit torturé et solitaire de Gustave Flaubert. L'amitié forte et durable qui les unira ne sera interrompue que par la mort de George Sand. Cette correspondance, belle d'intelligence, pose sur la société du XIXe siècle, un regard d'une grande pertinence. Gustave Flaubert (1821-1880) a marqué la littérature française par la profondeur de ses analyses psychologiques, son souci du réalisme, et par la force de son style dans de grands romans comme Madame Bovary (1857), Salammbô (1862), L'Éducation sentimentale (1869), ou le recueil de nouvelles Trois contes (1877). George Sand (1804-1876) se marie à dix-huit ans. Après la naissance de ses deux enfants, elle décide de vivre indépendante. Elle devient alors journaliste. En 1832, le succès de son premier roman Indiana, lui assure les moyens de vivre, comme elle le voulait, de sa création. Son oeuvre immense - 180 livres et 40 000 lettres -, témoin de tous les mouvements de l'époque, fut une des plus populaires du XIXe siècle. Adaptation française et mise en scène de Sandrine Dumas - Musique originale : Renaud Pion Création : Théâtre de la Gaîté-Montparnasse 16 septembre-31 décembre 2004

  • C'est dans cet espace de flottement entre deux langues où surgit l'image, et se dénouent les refoulements ordinaires du langage révélant les tracés mémoriels qui hantent l'écriture, qu'Anne-Marie Smith-Di Biasio, tel un "passeur", lit et interprète le texte de la langue-mère qu'elle partage avec Virginia Woolf ; et, comme dans le chuchotement d'une conversation ininterrompue et intemporelle avec Woolf, elle re-traduit et re-questionne à l'infini en les découpant et les déconstruisant avec sa palette à elle des extraits : Ondes, Au phare, La Chambre de Jacob, Une Ebauche du passé.

  • « C'est dans le pli que tout se joue. Comme dans le rêve, il se soulève et puis se cache, se déplisse en soleil, se petit plisse en rond ou se replisse plus serré. On ouvre le coeur du pli, c'est là qu'est le génie. [...] La beauté d'un seul pli là où il ne devrait pas être comme la mémoire avec tous les plis d'avant qui se sont posés là en attente. Et puis un pli précis pas un godet ni une fronce qui sont bâtards, qui sont là par hasard. Mais ces plis infinis qui gardent leur mystère, qui s'inclinent comme le pli qu'on porte sur un plateau avec un cachet rouge. » S.R. Et je la voudrais nue, Grasset, 1979

  • Et si l'on prenait Don Quichotte au sérieux lorsqu'il nous parle de l'aveuglement psychique et de son lien avec l'idéal et le désir ? Le roman de Cervantès peut utilement nous éclairer sur l'idéalisation de la Nation espagnole. A partir de la question des approches subjectives de la démocratie, la dimension sociale de l'aveuglement psychique se traduit par l'opposition des évidences des uns et des autres et les difficultés dont elle est la source.

  • Cet ouvrage est un hommage à une voix majeure de notre temps. Neruda humanise tout ce qu'il voit, ainsi la mer, tel un personnage, entre dans l'Histoire. Dialectique de la matière qui prolonge en la transformant celle des éléments. Chantre de la nature, de lui l'on peut dire ce que Victor Hugo disait du poète archétypal : Neruda est un monde enfermé dans un homme. Désormais l'océan, en vérité, s'appelle Pablo. (Ouvrage paru en 2004, à nouveau disponible).

  • Quiconque s'intéresse au Brésil, à son histoire et à la structuration de sa société, connaît l'importance de la vallée du fleuve Paraïba do Sul, qui depuis l'Etat de São Paulo, s'infléchit vers le Nord-est entre Rio de Janeiro et Minas Gerais. C'est là que le café, qui a dominé l'économie du pays pendant si longtemps, a commencé à être cultivé à grande échelle, en complète dépendance de l'importation en masse de travailleurs esclaves depuis l'Afrique. Actuellement, le visiteur de passage aurait besoin qu'on le mette au courant de cette histoire, car l'enfilade de collines arrondies dénudées des arbres qui autrefois les recouvraient, ne garde aucune trace des caféiers qui les ont remplacés.

  • Atteints, parfois depuis d'assez longues décennies, par le déclin des catégories qui pouvaient porter de grands idéaux - États-Nations, projets de transformation sociale, organisations politiques, constructions historiques -, par la mise en question de la légitimation de l'histoire comme récit véridique et par le rejet de l'illusion référentielle, les « grands récits » se sont apparemment décomposés en tant que modèles explicatifs. Ce processus signifie-t-il pour autant leur fin ? Libérés de leurs modèles interprétatifs, ne deviennent-ils pas disponibles pour des usages nouveaux ? De la même manière que l'on tient compte pour interroger les « grands récits » de l'émergence des points de vue « postmodernes », on peut ouvrir un débat sur la pertinence de ceux-ci.

  • Les textes ici réunis montrent de façon éloquente que la Relation se noue dans la rencontre de l'Autre, du Différent, du Divers, reconnus comme tels, permettant de « relier, relayer et relater » l'extrême richesse de ces cultures ouvertes au « Tout-Monde », dans un dialogue fécond qui n'est que le début d'une meilleure
    connaissance mutuelle.

  • La notion d'hybride, couramment employée en biologie et en grammaire, a pris toute sorte de sens figurés : figures mythiques composites (sphinx, chimère, sirène), oeuvre, langue, solution, culture, époque, genre hybrides. Sa relation explicite ou implicite avec la reproduction (sexes, genres) et aussi avec la reproduction sémiologique, donc avec l'écriture, les genres littéraires ou artistiques, les divers types de discours (dont le discours critique), l'intertextualité, la traduction, l'adaptation, et toute combinaison de plusieurs modes d'expression différents, fait de cette notion une voie d'approche particulièrement intéressante vers les champs culturels et la grande diversité des objets qui s'y rattachent.

  • À travers différentes époques de la littérature de langue
    allemande, de Hans Sachs à Elfriede Jelinek, à travers
    différents actants et activités de création, un même phénomène
    fondamental nous intéresse - que nous avons appelé « passage
    à l'acte ». Il s'agit de l'acte de traduire, soit un vécu, un mythe,
    un fait historique en écriture, soit un texte dans une autre langue
    ou un autre genre, soit un écrit en spectacle.

  • Entre 1880 et 1920, le genre romanesque en Espagne connaît une
    grave crise que tentent de dépasser certains auteurs. Si le courant
    réaliste s'impose dans le pays de 1875 à 1895, c'est en 1880 que le
    naturalisme y fait son apparition en provoquant une polémique qui
    alimente colonnes de journaux et revues. En 1920, Galdós, le maître du
    roman réaliste meurt. Dans ces années 20, marxisme et freudisme
    remettent en question les principes explicatifs des comportements tels
    qu'ils se sont développés depuis le Siècle des Lumières.

  • Las danzas de Moros y Cristianos fueron introducidas en América pour los espanoles en el siglo XVI. Actualmente existen distintas versiones representadas en pueblos alejados de las grandes ciudades en el Perú, México, América Central, el sur de Estados Unidos, Paragüay, Brasil, Cabo Verde y Filipinas, es decir, en las exclolonias españolas y portuguesas. En España se dan representaciones en la zona del Levante, Andalucía y Jaca. Los argumentos de la obras tratan sobre diversos episodios de la lucha contra los moros, teniendo como protagonistas a Carlomagno, Roldán, Oliveros, Ruy de Bourgone del campo cristiano y a Fierabrás, el Rey Boadbill, el moro Deciderio, entre los moros. La Fiesta de Moros y Cristianos en el Perú es un estudios literario y etnohistórico sobre la representación teatral del barrio de Shihual de Huamantanga, situado a 3300 m de altura en la provincia de Canta del Departamento de Lima. La obra se lleva a escena todos los años impares en una explanadas situada en las afueras de la localidad los días 7, 8 y 9 del mes de octubre.

  • La littérature et les arts réifient les attentes de l'humain dans des oeuvres de création où les archétypes se ramifient en autant de hèmes pour ensemencer les personnages, les faits et les phénomènes. Les mythes enrobent ainsi toute fiction et toute projection, toute idée et tout devenir des êtres, toute construction d'une société. N'est-ce pas ainsi que notre hyper-modernité crée ses mythes au sens des "Mythologies" de Roland Barthes ?

  • « Rainer, le soir tombe, je t'aime. Un train hurle. Les trains sont des loups, les loups c'est la Russie. Pas un train, non - c'est toute la Russie qui hurle après toi. Rainer, ne sois pas fâché contre moi, fâché ou pas, cette nuit je couche avec toi. Une fissure dans l'obscurité, parce qu'il y a des étoiles, je ferme : la fenêtre. (Quand je pense à toi et moi je pense fenêtre, pas lit.) Les yeux grands ouverts, car dehors il fait encore plus noir que dedans. Le lit est un bateau, nous partons en voyage. » M.T.

    C'est par Boris Pasternak, alors au début de sa carrière d'écrivain, que Marina Tsvétaïeva entre en correspondance avec celui qui incarne la poésie, le grand Rainer Maria Rilke. « Poétesse-née », d'après les mots de Pasternak, elle séduit Rilke et leurs échanges deviennent très vite aussi amoureux que poétiques. Leur correspondance ne durera que quatre petits mois, entre mai et septembre 1926. Elle s'arrête brutalement, avec la maladie de Rilke et sa mort le 29 décembre 1926, sans qu'ils n'aient pu jamais se rencontrer. Cette passion épistolaire et éthérée est une histoire d'amour comme on les aime, triste et belle.

  • Trois femmes exceptionnelles, Jeanne Guyon, Simone Weil et Etty Hillesum, trois vies marquées par l'expérience mystique. Chacune emprunte le long chemin du délaissement de soi, du dénuement, du renoncement à toute forme de satisfaction, pour parvenir à une parfaite « indifférence », une disposition à ne pas faire de différence, apprendre à tout accueillir avec la même générosité désintéressée, au-delà du bien et du mal.

    « Ce sont de belles âmes, si l'âme veut dire le courage à supporter l'intolérable de son monde. C'est à leur manière d'y faire tête que les amis se reconnaissent, disait Lacan. Ainsi les ai-je toutes trois choisies : ce sont des âmies. Avec chacune je me suis embarquée comme pour une traversée, me laissant transporter sans savoir vers quel port ou quel naufrage. J'ai connu avec elles de grands bonheurs, mais aussi d'amères déceptions et des chagrins sans consolation. [...] Guyon, Weil, Hillesum, nous serviront-elles de guides vers le pays respirable, le pays du réel dont elles eurent la passion ? » C. M.
    (« La Vie parfaite », Gallimard, 2006)

  • « Restituer le corps vocal, le corps chantant du texte,
    c'est redonner du corps au texte, du corps vivant, parlant,
    c'est rendre du texte au corps,
    c'est mettre en echo » A. F.

    Avec cet enregistrement, les éditions des femmes retournent aux sources en publiant un « livre parlant » de référence : « De la voix ». Ce recueil de textes d'Antoinette Fouque sur les thèmes qu'elle a toute sa vie mis en travail théorique et pratique, oral et écrit, lecture et écriture, corps et texte... est l'occasion d'une nouvelle rencontre de voix. On y entend l'autrice-éditrice, enregistrée lors d'émissions et d'entretiens, ainsi que des lectures par des actrices amies : Fanny Ardant, Ariane Ascaride et Lio.

  • L'expression « royaume sombre » définissant les Enfers de l'Antiquité caractérise un passage fondamental de Du côté de chez Swann mais elle estS aussi employée auparavant par Proust dans son pastiche de Michelet. Cette trace dialogique a motivé l'enquête ici conduite, approche intertextuelle d'autant plus complexe que Proust aime en général brouiller les pistes et cacher ses emprunts. C'est le Michelet historien des religions, auteur de La Bible de l'humanité, mais aussi indirectement le biologiste et le sociologue de L'Amour et de La Femme, que le jeune écrivain, au début de sa carrière littéraire, semble avoir choisi comme guide, tel Dante suivant Virgile, dans cette descente initiatique aux Enfers, au royaume des morts et de la douleur. Ainsi trouve-t-on les thèmes les plus chers à Proust et Michelet dans le monde troublant des mythes de l'Antiquité, notamment gréco-romains et égyptiens : la jalousie, l'amour, la mère, le parricide et l'inceste, la séparation de l'être aimé, la vie, la mort et la résurrection...

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