Littérature traduite

  • Le trafic de drogue, un business comme les autres ? Combinant une recherche de terrain quelquefois périlleuse à une interprétation analytique perspicace de la situation, Tom Wainwright aborde la question en économiste. Sans jargon, ni théories alambiquées, il révèle en quoi les narcotrafiquants sont confrontés aux mêmes problématiques que tout autre entrepreneur : ressources humaines, recherche et développement, franchises, délocalisation, concurrence, relations publiques, etc. Des prisons salvadoriennes à celles de République dominicaine, des laboratoires colombiens à ceux de Nouvelle-Zélande, du palais présidentiel mexicain à celui du Guatemala, et du marché européen à celui des États-Unis, Narconomics dresse une radiographie de la scène mondiale des stupéfiants. Une industrie qui brasse annuellement 300 milliards de dollars et n'a rien à envier au mode de fonctionnement des multinationales. Un secteur d'activité que tâchent d'enrayer depuis des décennies les gouvernements, en vain. Et si l'approche de Wainwright nous donnait les clés recherchées depuis si longtemps pour combattre efficacement ce fléau en frappant là où ça fait vraiment mal ?

  • Le secteur de la finance des économies occidentales est beaucoup trop développé. Au cours des trois dernières décennies, la financiarisation a créé des structures qui ont du mal à résister et qui réalisent des montants excessifs. Ce secteur consacre en outre trop peu d'attention à la recherche de nouvelles opportunités d'investissement et bien trop aux échanges d'actions. La régulation a créé davantage de nouveaux problèmes qu'elle n'a apporté des solutions à ceux déjà en cours. Pourquoi ? À quoi sert la finance ? John Kay, avec sa double compétence pratique et académique du monde de la finance, a une approche des opérations du secteur financier plus réaliste que celle de la moyenne des gens. Il est favorable à de bons banquiers et à des gestionnaires d'actifs efficaces, mais il ne voit pas beaucoup des uns et des autres... Grâce à un tour d'horizon stupéfiant et accusateur de la sphère financière qui a émergé des décombres de la crise financière de 2008, Kay ne recule pas dans ses critiques : nous avons besoin de ce que font Citigroup et Goldman Sachs, mais pas de ce que ces banques font pour elles-mêmes. Et beaucoup de choses qu'elles font n'ont pas du tout besoin d'être faites ! Le secteur financier doit se rappeler ses objectifs initiaux : gérer l'argent des individus au bénéfice des entreprises et des ménages. C'est une aberration quand quelques-uns de la fine fleur des esprits mathématiques et scientifiques ont pour tâche de concevoir des algorithmes dans le seul but d'exploiter les faiblesses des autres algorithmes pour réaliser les échanges informatisés de titres. Aller encore plus loin dans cette voie conduirait inexorablement à la ruine de nos sociétés.

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