Economie mondiale

  • « Cette histoire commence dans la nuit des temps. Un homme qui passe remarque un arbuste dont les branches se terminent par des flocons blancs. On peut imaginer qu'il approche la main. L'espèce humaine vient de faire connaissance avec la douceur du coton. Depuis des années, quelque chose me disait qu'en suivant les chemins du coton, de l'agriculture à l'industrie textile en passant par la biochimie, de Koutiala (Mali) à Datang (Chine) en passant par Lubbock (Texas), Cuiabá (Mato Grosso), Alexandrie, Tachkent et la vallée de la Vologne (France, département des Vosges), je comprendrais mieux ma planète. Les résultats de la longue enquête ont dépassé mes espérances. Pour comprendre les mondialisations, celles d'hier et celle d'aujourd'hui, rien ne vaut l'examen d'un morceau de tissu. Sans doute parce qu'il n'est fait que de fils et de liens, et des voyages de la navette. » E.O.

  • " Dans dix ans, dans vingt ans, aurons-nous assez d´eau ? Assez d´eau pour boire ? Assez d´eau pour faire pousser les plantes ? Assez d´eau pour éviter qu´à toutes les raisons de faire la guerre s´ajoute celle du manque d´eau ?
    Dans l´espoir de répondre à ces questions, je me suis promené. Longuement. Du Nil au Huang He (Fleuve Jaune). De l´Amazone à la toute petite rivière Neste, affluent de la Garonne. De l´Australie qui meurt de soif aux îles du Brahmapoutre noyées par les inondations... J´ai rencontré des scientifiques, des paysans, des religieux, des constructeurs de barrages, des physiciens alpinistes qui mesurent sur tous les toits du monde la fonte des glaciers. J´ai passé du temps avec les médecins de Calcutta qui luttent contre le choléra.
    J´ai écouté d´innombrables leçons, dont celle du scarabée de Namibie et celle du kangourou. Quelles sont leurs techniques pour survivre en plein coeur du désert ? Peu à peu, j´ai fait plus ample connaissance avec notre planète. J´ai vu s´aggraver partout les inégalités, notamment climatiques. Mais j´ai vu aussi la réussite du pragmatisme, de belles coopérations entre administrations et entreprises privées. J´ai vu des illusions et des férocités à l´oeuvre. De retour de voyage, voici maintenant venu le moment de raconter. Un habitant de la planète sur six continue de n´avoir pas accès à l´eau. Un sur deux vit sans système d´évacuation. Pourquoi ? " E. O.

  • « Les moustiques viennent de la nuit des temps (250 millions d'années), mais ils ne s'attardent pas (durée de vie moyenne : 30 jours). Nombreux (3 564 espèces), volontiers dangereux (plus de 700 000 morts humaines chaque année), ils sont répandus sur les cinq continents (Groenland inclus). Quand ils vrombissent à nos oreilles, c'est une histoire qu'ils nous racontent : leur point de vue sur la mondialisation. Une histoire de frontières abolies, de mutations permanentes, de luttes pour survivre, de santé planétaire, mais aussi celle des pouvoirs humains (vertigineux) qu'offrent les manipulations génétiques. Allons-nous devenir des apprentis sorciers ? Toutefois, ne nous y trompons pas, c'est d'abord l'histoire d'un couple à trois : le moustique, le parasite et sa proie (nous, les vertébrés). Après le coton, l'eau et le papier, je vous emmène faire un nouveau voyage pour tenter de mieux comprendre notre terre. Guyane, Cambodge, Pékin, Sénégal, Brésil, sans oublier la mythique forêt Zika (Ouganda) : Je vous promets des surprises et des fièvres ! » Erik Orsenna « Pour un tel périple dans le savoir, il me fallait une alliée. Personne ne pouvait mieux jouer ce rôle que le docteur Isabelle de Saint Aubin, élevée sur la rive du fleuve Ogooué, au coeur d'un des plus piquants royaumes du moustique. »

  • Chaire européenne 2018-2019
    En 2007-2015 a sévi la pire récession et la pire crise financière de l'après-guerre. Les banques centrales de toutes les juridictions ont dû intervenir avec des politiques monétaires non conventionnelles qui dépassent les frontières entre action monétaire, fiscale et financière. La Banque centrale européenne, en tant que banque centrale sans État, a dû faire face à des défis très particuliers et difficiles. La crise a donc constitué un test de robustesse du cadre général de la politique monétaire de l'Union monétaire européenne face à l'instabilité financière et à de grands chocs cycliques. Aujourd'hui, vingt ans après la création de l'euro, évaluer le cadre de cette politique monétaire est nécessaire, non seulement pour évaluer l'avenir de la zone euro et éclairer sous un jour nouveau ce que sont les réformes clés de sa gouvernance.
    Lucrezia Reichlin est économiste et enseigne à la London Business School. Première femme à avoir dirigé le département de la recherche de la Banque centrale européenne (2005-2008), elle est une spécialiste réputée de macro-économie. Elle a été invitée sur la chaire européenne du Collège de France pour l'année académique 2018-2019.

  • Les signaux sont chaque jour plus clairs : la phase actuelle de mondialisation touche à sa fin. Née dans les années 1980 avec le système boursier mondial et la chute du mur de Berlin, elle a reposé sur une utopie : une planète unifiée par le libre-échange, régie par le marché et la démocratie. Mais aujourd´hui, le courant protectionniste remonte. Des entreprises, notamment américaines, relocalisent leurs industries dans leur pays. L´OMC tremble. Partout, le nationalisme déborde. François Lenglet dévoile ici que nous sommes à la fin d´un cycle. Désormais, plus personne n´a honte de protéger son économie et de jouer sur sa monnaie. Il ne faut pas regretter la mondialisation. Malgré son indéniable effet de rattrapage pour des pays pauvres, bien peu en ont profité. Avec clarté et humour, ce livre décrit le monde qui vient. Un univers où les classes moyennes tiendront leur revanche et où le parasitisme des mafias volera en éclats.

  • L´horreur fiscale, ce n´est pas seulement le taux d´imposition élevé qui touche les Français. C´est un système déréglé, incohérent, opaque et, qui plus est, injuste.Irène Inchauspé et Sylvie Hattemer, journalistes économiques, ont mené l´enquête, épluché des rapports, rencontré des experts, soulevé les tapis, débusquant les idées reçues, les démonstrations biaisées, les fausses solutions. Et elles ont découvert que la préférence française pour l´impôt a abouti à une situation bien pire encore que ce que l´on pouvait imaginer. Classes moyennes, chefs d´entreprise, héritiers, retraités : personne n´échappe à la tonte généralisée. Et le pire, c´est que cette rafle fiscale ne sert à rien, puisque la dette continue à progresser.Alors, oui, les Français sont en colère, et ils expriment leur ras-le-bol avec les armes à leur portée : les plus riches s´exilent, les grands groupes délocalisent une partie de leurs équipes dirigeantes, les patrons créent leur entreprise à l´étranger. Ceux qui restent manifestent dans les rues, et les autres se révoltent en silence, soit en travaillant moins, soit en basculant dans la fraude.Il va falloir faire preuve de courage et d´imagination pour nous sortir de là. En étudiant non seulement les recettes utilisées par les pays qui s´en sont sortis, mais aussi ce qui s´est fait en France dans le passé, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu´il s´agissait de reconstruire le pays. Rien ne nous empêche de monter sur des épaules de géants pour voir plus loin...Sylvie Hattemer a été grand reporter au Nouvel Économiste, puis à Challenges. Irène Inchauspé est journaliste à L´Opinion. Elle a notamment coécrit avec François de Closets L´Échéance (Fayard, 2011).

  • Les entreprises chinoises sont parties à la conquête de l´Europe et ont fait leur entrée dans notre paysage, occupant une place grandissante dans l´économie européenne, employant déjà des milliers de salariés. Elles s´adaptent tant bien que mal à notre continent. Comment s´est effectuée cette « offensive » ? Ces entreprises sont-elles de bons employeurs au regard des pratiques occidentales ? Comment concilier ces derniers avec les recettes qui leur réussissent en Chine : relations privilégiées, rôle du politique et pression sociale ? À l´heure du réveil nationaliste, quel accueil est réservé à ces nouveaux venus ?
    Philippe Le Corre et Alain Sepulchre ont travaillé pour ces grandes firmes. Dans un essai enlevé, ils répondent à ces grandes questions, et à bien d´autres, dépeignant finalement la rencontre dérangeante d´une puissance montante et d´un vieux continent secoué par la crise.Philippe Le Corre, chercheur à la Brookings Institution (Washington), enseigne à Sciences Po depuis 2005. Il a été journaliste, correspondant en Asie de grands médias français pendant dix ans et est l´auteur de plusieurs ouvrages sur le monde chinois.Alain Sepulchre est consultant international et expert senior Asie chez BCG, ex-McKinsey. Ancien dirigeant de Total en Chine, il est maître de conférences à l'université Paris-Dauphine et à la Chinese University de Hong Kong.

  • Cessons de nous voiler la face : les prévisions de croissance retrouvée que nous égrènent, depuis 2009, les gouvernements successifs sont une vaste plaisanterie. 2 % de croissance en 2016 : même pas en rêve ! Pas plus qu´en 2017, en 2018 ou en 2023... La croissance qu´a connue la France à la fin du xxe siècle, fondée sur les gains de productivité et le progrès technique, n´était pas la règle d´un monde nouveau mais l´exception d´une histoire têtue.
    Ce livre démontre, au travers de brefs détours théoriques et de multiples anecdotes, que les rêves de croissance de nos gouvernants sont de funestes chimères. Faut-il pour autant se décourager ? Bien sûr que non. La France ne tombe pas. Elle est au seuil d´un nouveau modèle de développement. Soit elle refuse d´affronter cette réalité et Billancourt, désespéré, pourrait bien basculer dans la violence la plus légitime. Soit elle change de logiciel, elle s´adapte à son nouvel environnement et elle s´ouvre de nouvelles pistes de création de bien-être.Ces nouvelles pistes peuvent permettre à notre pays, non pas de raser gratis dès demain, mais d´offrir à sa jeunesse des perspectives qui lui ôtent toute envie de s´enliser dans le triangle des Bermudes que délimitent aujourd´hui le repli sur soi, l´expatriation et la violence.  Chef économiste de Natixis, professeur à l´université Paris-I Panthéon-Sorbonne, Patrick Artus est membre correspondant du Conseil d´analyse économique auprès du Premier ministre. Marie-Paule Virard est journaliste économique. Elle a notamment publié avec Patrick Artus Le capitalisme est en train de s´autodétruire, La France sans ses usines et Les Apprentis sorciers.

  • La Chine est au pied du mur : son modèle économique s'essouffle, les inégalités de revenus battent des records mondiaux. Mais son plus gros boulet au pied, celui qui entravera le plus lourdement sa course au développement, est sans conteste sa démographie : d'ici 2050, son réservoir de main-d'oeuvre va perdre 250 millions d'individus et le nombre de ses personnes âgées va doubler, surpassant alors, à lui seul, la population de l'Union européenne.Vieille avant d'être riche, la Chine doit mener le combat contre sa démographie sans avoir eu le temps de s'armer. Sans réforme de fond, la formidable mécanique grâce à laquelle elle s'est hissée en tête des classements mondiaux pourrait rapidement s'enrayer, brisant son rêve de puissance émergente : celui d'accéder au rang d'économie riche et développée.Un passionnant document étayé de témoignages qui révèle les singularités d'une société en pleine mutation. Isabelle Attané est directrice de recherche à l'Ined. Grande spécialiste de la démographie chinoise, elle a notamment publié En espérant un fils... La masculinisation de la population chinoise (Paris, Ined, 2010), et Au pays des enfants rares. La Chine vers une catastrophe démographique (Paris, Fayard, 2011 ; prix du livre d'économie 2011).

  • La Chine, banquier du monde

    Claude Meyer

    • Fayard
    • 15 Janvier 2014

    Pays émergent, la Chine est déjà le premier créancier étranger des Etats-Unis, malgré un revenu nominal par tête huit fois inférieur. La moitié de ses réserves de change suffiraient à rembourser la dette de la Grèce, du Portugal, de l´Irlande et de l´Espagne réunis ; l´autre moitié lui permettrait d´acheter tout l´or détenu par les Banques centrales de la planète, ou encore de s´offrir à la fois Google, Apple, Microsoft, IBM et tous les immeubles de Manhattan. Moins d´une décennie après son entrée à l´OMC, la Chine est le premier exportateur mondial, inondant de ses produits des milliards de consommateurs à travers le monde. Ce n´est pourtant que la partie émergée de sa montée en puissance dans l´économie mondiale. Car ce sont aussi ses capitaux qu´elle exporte à grande échelle, forte de gigantesques réserves de change représentant l´équivalent de la production annuelle de l´Allemagne. Ressources naturelles, entreprises étrangères, Bons du Trésor américain, rien ne semble échapper à la boulimie d´acquisitions qui, depuis quelques années, projette le dragon chinois aux quatre coins de la planète. A quelles sources s´alimente cette puissance financière ? Quels objectifs la Chine poursuit-elle dans ses acquisitions à l´étranger ? Le yuan va-t-il détrôner le dollar ? Après la domination commerciale, l´expansion financière chinoise est-elle la nouvelle étape d´un dessein hégémonique face à l´affaiblissement de l´Occident ? Claude Meyer s´efforce ici de répondre à ces questions sans procès d´intention, mais aussi sans concessions.

  • Nombre d'États du Golfe lorgnent sur le patrimoine français et tentent, des pétrodollars plein les poches, d'acheter tout ce qui peut l'être avant épuisement de l'or noir. Jusqu'ici nos dirigeants leur avaient résisté - du moins en apparence -, offusqués par tant d'audace. Mais, avec le Qatar, c'est une tout autre histoire. La France est devenue le terrain de jeu sur lequel la famille Al-Thani place et déplace ses pions politiques, diplomatiques, économiques, immobiliers ou industriels.  Dans son enquête au coeur du pouvoir, Vanessa Ratignier, avec le concours de Pierre Péan retrace l'histoire d'un partenariat ancien qui a mal tourné : la France est désormais « sous influence », comme si elle était devenue une chasse gardée de l'émirat.Nos élites, maniant l'art du double langage, amalgament depuis des années intérêt général et enjeux personnels, si bien qu'on se demande parfois où s'arrête le mélange des genres. Cette situation, qui rappelle le pire de la Françafrique, marque l'avènement d'une Qatar-France oublieuse de nos valeurs et héritière des tares du petit émirat.  Journaliste indépendante, Vanessa Ratignier est auteur des séries documentaires Manipulations, une histoire française (France 5, 2011) et Qatar (France 5, 2014), qu'elle a écrites avec Pierre Péan, écrivain-enquêteur, auteur notamment de La République des mallettes (Fayard, 2011). 

  • Pourquoi pas nous ?

    Xavier Fontanet

    • Fayard
    • 3 Septembre 2014

      Napoléon, la veille des grandes batailles, expliquait à ses soldats la stratégie du lendemain. C´était pour lui une marque de respect et le gage de l´efficacité de tous dans les moments forts. Si on fait de même, les Français répondront présent, et s´i

  • Alstom, Pechiney, Arcelor : pourquoi la désindustrialisation semble-t-elle frapper plus fortement la France ? Pourquoi l´automobile anglaise, donnée pour morte il y a quinze ans, est aujourd´hui plus performante et exportatrice que la nôtre ? Pourquoi avons-nous perdu notre place de premier exportateur agro-alimentaire européen ? Quand la France a fait le choix de l´Europe, elle n´a tiré aucune conséquence en matière de compétitivité, de finances publiques et de concurrence fiscale de son appartenance à la zone euro. Victime jusqu´ici de sa politique économique incohérente, elle peut encore rebondir et, comme d´autres pays, réussir sa ré-industrialisation. La France peut changer de cap si l´on écarte les suspects traditionnels (Bruxelles, une politique commerciale angélique, un euro surévalué), et que l´on établit les vraies causes du décrochage. Parler d´industrie, ce n´est pas céder à une vision nostalgique et régressive, c´est penser un écosystème fait de technologies, de services, d´intelligence dans les réseaux et de production manufacturière.
    Pourquoi l´industrie disparaît en France, pourquoi c´est grave... et ce qu´il est urgent de faire pour redresser la barre.Pierre-André Buigues est professeur à l´université de Toulouse (Toulouse Business School) et ancien conseiller économique à la direction générale de la Concurrence de la Commission européenne. Élie Cohen est directeur de recherche au CNRS et spécialiste de politique industrielle.

  • Le 19 décembre 2014, presqu'à la sauvette, les actionnaires d'Alstom décident de vendre à l'américain General Electric les activités énergie du groupe, un des leaders mondiaux pour l'équipement des centrales électriques. Une bonne affaire pour GE. Une mauvaise pour la France. Après Pechiney, Arcelor, Alcatel, c'est le dernier acte du grand démantèlement de l'industrie française. La France perd le contrôle d'un secteur stratégique : l'électricité, l'un des piliers de la croissance économique du XXIe siècle. D'Alstom, il ne reste que la branche Transport.De la fabrication des turbines Arabelle indispensables à la nouvelle génération des EPR à la maintenance du parc existant de centrales nucléaires, c'est toute la filière nucléaire française qui est ainsi déstabilisée. Au moment même où Areva est en grande difficulté. Il n'y aura pas d'« Airbus européen » de l'énergie non plus.Comment une telle chose a-t-elle pu se produire ? Pourquoi n'a-t-on pas négocié un accord équilibré ? Pourquoi l'État n'a-t-il rien vu venir ? Quel rôle ont joué les deux ministres, Montebourg, puis Macron ? Oui, il y a bien une affaire Alstom.Jean-Michel Quatrepoint mène une enquête serrée autour de ce dossier. Il raconte la nouvelle stratégie des États-Unis pour faire main basse sur les fleurons industriels européens, et français en particulier. Notre classe dirigeante se révèle impuissante à faire prévaloir les intérêts du pays. Jean Michel Quatrepoint est journaliste. Après onze ans passés au Monde, il a dirigé les rédactions de l'Agefi, de la Tribune et du Nouvel Economiste. Il a été pendant quinze ans le patron de La Lettre A. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont La Crise globale (Mille et une nuits, 2008) et Le Choc des empires (Gallimard, 2014).

  • 6 millions de chômeurs. 0 % de croissance. Et 1 200 milliards d'euros offerts aux banques. Notre pays s'enfonce dans une crise bien plus grave que ce que l'on imaginait. Le chômage, la précarité et la montée du FN risquent de le rendre ingouvernable. Est-ce une fatalité ? Non. Pourtant, nos dirigeants s'obstinent à conduire des politiques qui nous mènent droit dans le mur.Lassé de l'inertie impardonnable de ceux qui nous gouvernent, Pierre Larrouturou brise le off, dénonce la langue de bois et les occasions ratées. Alors que, depuis 2012, François Hollande se contente (et le revendique !) d'une action « très souterraine », il propose un plan d'urgence : cinq mesures concrètes, qui peuvent changer la donne.À crise exceptionnelle, réponse exceptionnelle : pour stopper l'hémorragie des licenciements, créer 500 000 emplois et sauver les PME, des solutions simples et efficaces existent. Reste à avoir le courage politique de les mettre en oeuvre. Pierre Larrouturou est « l'un des cinq économistes qui ont annoncé la crise financière » (Marianne, 2008) et « l'un des rares qui ont vu venir la crise en Chine » (Libération, 2015). Fondateur avec Stéphane Hessel du Collectif Roosevelt 2012, il est aujourd'hui le co-président du mouvement Nouvelle Donne.

  • En 2007, une crise financière née dans le secteur subprime de l´immobilier résidentiel américain débouche sur un tarissement du crédit, paralysant peu à peu le monde bancaire international. En 2008, la crise se transforme en crise économique mondiale, puis en authentique crise de civilisation. Tous les établissements privés du prêt hypothécaire américain sont emportés, suivis par les deux colosses du crédit immobilier, Fannie Mae et Freddie Mac, que l´État américain se voit forcé de nationaliser. La crise ne s´arrête pas là: les banques d´affaires connues sous le nom de "Wall Street" s´effondrent à leur tour. Cette dévastation sans précédent du système financier restreint alors dramatiquement les choix de placement des investisseurs. Des sommes colossales se retrouvent concentrées sur le marché à terme des matières premières, engendrant une énorme bulle spéculative. Le grain vient à manquer dans des pays du Sud, déclenchant des émeutes de la faim. Le prix exorbitant du carburant contribue à mettre au bord de la faillite les compagnies aériennes ainsi que les constructeurs automobiles américains. Au-delà d´un récit détaillé des événements et de leur mécanisme, l´auteur répond aux questions que se pose le lecteur: quel rôle a joué la Chine dans ce processus? Notre compréhension des crises antérieures a-t-elle été intentionnellement censurée? Le capitalisme surmontera-t-il la crise? Anthropologue, expert en intelligence artificielle et spécialiste de la formation des prix, Paul Jorion jette depuis plusieurs années un autre regard sur l´économie; il annonçait ainsi dès 2005 ce qui allait devenir la crise des subprimes. Il est également l´auteur de L´Implosion (Fayard, 2008).

  • Le rapport lugano

    Susan George

    • Fayard
    • 3 Mai 2000

    Inconscience, schizophrénie ou cynisme absolu : comment les "décideurs" peuvent-ils à la fois mettre en oeuvre les politiques ultra-libérales qui sont le fon-dement de la mondialisation et prétendre s'attaquer aux conséquences catastrophiques de ces mêmes politiques ? Craindraient-ils un retour de bâton anti--libéral ? L'avenir du capitalisme ne serait-il donc pas assuré ? Tel est le point de départ du livre de Susan George qui se présente sous la forme d'un rapport.
    Ses commanditaires ? Des représentants du direc-toire économique et politique de la planète. Ses auteurs ? Neuf experts hautement qualifiés. Le but ? Identifier les menaces qui pèsent sur le capitalisme au XXIe siècle et préconiser des solutions. Elles sont à la fois parfaitement logiques, terrifiantes et déjà largement mises en oeuvre...Un rapport accablant, documenté, passionné et passionnant, qui parvient comme nul autre à démonter les mécanismes fondamentalement pervers du capitalisme ultra-libéral : son horreur écologique, économique et sociale.

    Susan George est politologue, Présidente de l'Observatoire de la mondialisation et vice-Présidente de l'association ATTAC. En pointe sur les combats internationaux, elle a été l'un des rouages centraux de la coordination rassemblant l'ensemble des mouvements français contre l'AMI (Accord multilatéral sur l'investissement) et l'OMC. Auteur de plusieurs livres dont Comment meurt l'autre moitié du monde et L'effet boomerang, elle est née aux Etats-Unis et vit depuis plusieurs années en France.

  • Un nouveau miracle chinois fascine les médias. La Chine est célébrée à la fois comme le tout prochain leader des nations, l'atelier du monde et son plus grand marché. À travers des reportages et des témoignages saisissants, les auteurs démontent l'imposture de cette nouvelle mythologie. L'expansion chinoise détruit l'emploi dans le monde, mais aussi en Chine où le chômage touche des dizaines de millions de personnes. La compétitivité du pays repose sur la surexploitation de 200 millions de travailleurs migrants, les mingong, et sur l'absence de tout droit stable en matière de travail, mais aussi de commerce et d'environnement. Nous fermons nos usines au profit exclusif d'une caste de bureaucrates corrompus. Ce libéral-communisme, maladie sénile ou stade suprême du capitalisme, s'accompagne ainsi d'une explosion des inégalités et de l'appauvrissement des campagnes encore habitées par deux Chinois sur trois. Il expose le pays et le monde à des catastrophes écologiques et sanitaires, surtout si les dirigeants occidentaux persistent à s'applatir devant ce nouveau dragon.

  • Journal d'un optimiste

    Guy Sorman

    • Fayard
    • 14 Mars 2012

    Depuis trente ans Guy Sorman parcourt le monde et en rapporte les changements en se faisant plus attentif à la novation qu'à l'immuable. Contrairement à la plupart des médias et autres observateurs, l'auteur privilégie les tendances de fond plus que l'actualité immédiate et n'écrit qu'à partir de ses observations directes, voyages et rencontres. Au total, à rebours du sentiment commun, par-delà les conflits, les crises et les drames, le destin de l'humanité lui semble s'améliorer : plus d'hommes et de femmes vivent plus longtemps, avec plus de liberté et plus d'espérance que jamais dans le passé.
    Ainsi, dans ce nouvel ouvrage qui fait suite à Wonderful World, publié en 2009, voit-on les dictateurs tomber comme des quilles, de nouveaux peuples prendre la parole, des continents échapper à la famine, et les idéologies meurtrières reculer.
    Certains nostalgiques d'une France éternelle s'inquiètent de la dilution de notre identité dans le mondialisme : Guy Sorman y perçoit au contraire un enrichissement puisqu'il nous est désormais permis d'être à la fois français, européen et « du monde », solidaires de toutes les autres civilisations.
    Ainsi se réalise peu à peu le rêve universaliste et progressiste des libéraux du XVIIIe siècle, une tradition française dans laquelle s'est inscrit Guy Sorman au cours des vingt livres qu´il a déjà publiés, de La Solution libérale aux Vrais penseurs de notre temps, de L'Année du Coq au Génie de l'Inde, de Made in USA à L'Economie ne ment pas.

  • Google a inauguré sa bibliothèque numérique le 1er juin 2005, six mois après l´annonce de sa vaste entreprise de mise en ligne de 15 millions de livres, soit plus de 4,5 milliards de pages en moins de six ans. En 2009, Google affirmait en avoir déjà numérisé 10 millions. Entre-temps, Google n´a cessé de renforcer sa position dominante et de chercher à aspirer tous les « contenus », souvent au mépris du droit d´auteur. Entre-temps, la « googlisation » du patrimoine, si ce n´est du monde, inspire partout de plus en plus de méfiance et de crainte sur les véritables intentions de l´entreprise : hégémonie sur l´indexation, hégémonie sur l´accès... En France, rien n´est tranché : en juin 2009, le groupe La Martinière a déposé une plainte à New York. Les éditeurs se mobilisent. En août, Bruno Racine, actuel président de la BNF, annonce vouloir confier à Google la numérisation d´une partie des collections de la BNF, rompant avec la stratégie frontale de son prédécesseur, Jean-Noël Jeanneney, qui avait appelé à une vaste numérisation concurrente dans le cadre du projet qu´il avait baptisé Europeana. Le grand emprunt laisse cependant espérer que soient dégagées les sommes nécessaires à l´ambition d´indépendance dont ce livre, traduit en quatorze langues, ici enrichi et mis à jour, est le manifeste.
    3e édition revue et augmentée

  • Quand la Chine s´éveillera, le monde tremblera, avait averti Peyrefitte... La Chine s´est levée, et elle a endormi le reste du monde. Elle a pris un essor phénoménal en quelques années, assumant sans complexe une expansion internationale qui en fait un prédateur irrésistible. Aux mains du PCC, le pays de Confucius ne se contente plus d´être l´atelier du monde, ni même son laboratoire. Il est devenu le Vampire du Milieu. La Chine aspire à elle toutes les richesses, non seulement le travail et les sociétés à fort potentiel technologique, mais aussi les ressources énergétiques, les matières premières et même les terres agricoles. Pour succéder bientôt aux États-Unis à la tête de la planète, sa diplomatie est avant tout économique. La Chine entend vaincre sans combattre. Ses armes ? Ce ne sont pas forcément des fusées et des missiles, mais d´abord une main-d´oeuvre sous-payée, une monnaie dévaluée, le doux commerce de ses produits low cost ; des centaines d´instituts Confucius, des médias sous influence ; et une diaspora de dizaines de millions de Chinois d´origine, très encadrée, qui défend ses intérêts sur tous les continents. Cerise sur le gâteau, elle peut compter sur la couardise des idiots utiles qui, à Paris, à Londres ou à Washington, s´agenouillent devant le nouveau maître du monde. Pour la première fois, le grand puzzle de l´ambition chinoise est reconstitué. Exemples et chiffres à l´appui, Philippe Cohen et Luc Richard racontent comment le régime chinois nous dicte sa loi.

  • Le monde est ma tribu

    Guy Sorman

    • Fayard
    • 3 Septembre 1997

    Des Etats-Unis déferlent les nouvelles normes culturelles, religieuses et médiatiques qui nous submergent. Les cultures nationales résisteront-elles à ce que l'on appelle la mondialisation mais qui n'est en fait qu'une américanisation? A cette interrogation centrale pour notre temps, Guy Sorman répond à sa façon, non avec des théories abstraites, mais par l'exploration, sur place, de la manière dont les grandes civilisations réagissent au nouveau défi américain.
    En Europe, en Russie, en Chine, au Japon, en afrique, en Amérique latine, l'auteur nous conduit aux frontières où les cultures se heurtent. Ces lignes de fracture entre civilisations passent par Istanbul, le détroit de La Pérouse, le canal de Beagle, la passe de Khyber, le 38e parallèle, Brest-Litovsk, Ceuta, Tijuana, une rue à Brooklyn, la muraille de Chine, le Mur de Berlin, Sarajevo et Jérusalem... A partir de ce voyage qui mêle choses vues et entendues, rencontres dramatiques ou cocasses, l'histoire, la littérature, les souvenirs et la réflexion, Guy Sorman montre comment notre planète hésite entre deux forces contradictoires: la mondialisation à l'américaine et le réenracinement tribal. Dans cette tension entre civilisations, la France devrait poursuivre sa voie singulière, celle du métissage des cultures plutôt que de l'exclusion de l'autre.

    Guy Sorman enseigne, écrit et dirige un groupe de presse. Parmi ses douze ouvrages publiés, rappelons La Solution libérale, Les Vrais Penseurs de notre temps, et Le Bonheur français.

  • L'idée que la société américaine connaît depuis quelques années un véritable miracle repose sur l'existence d'une croissance économique qui ne se relâche pas, alors que l'Europe connaît une stagnation elle aussi durable.
    Mais cette idée de miracle s'alimente surtout à la hausse spectaculaire de la bourse américaine, qui aura multiplié par plus de quatre, en dix ans, le patrimoine des heureux détenteurs d'actions américaines.
    Cette santé exceptionnelle de Wall Street accompagne, paraît-il, la création extrêmement rapide d'un réseau de communication mondial : Internet. Mais à y regarder de plus près, ce miracle a d'autres explications. L'une qui ne peut nous surprendre, réside dans l'accroissement continu de la durée du travail aux Etats-Unis. L'autre tient à l'augmentation continue et considérable des inégalités de revenu et de fortune. Le président de Walt Disney a gagné en 1998 autant que 70 000 "pauvres".
    Enfin, il est évident que la santé des Etats-Unis est un effet de notre démobilisation à l'égard de l'investissement, de l'entreprise et de l'innovation. Ce sont les pays riches d'Europe et d'Asie qui financent l'exceptionnelle croissance des Etats-Unis. Ce sont les rentiers du monde entier, dont nous faisons partie, qui donnent aux Américains les moyens de connaître leur miracle.

  • Depuis les années 1960, l´essor de certains pays, en Asie notamment, a contribué à masquer le faible développement de l´Amérique latine, voire le retard d´autres pays, comme l´Afrique subsaharienne. Aujourd´hui, plus d´un milliard d´habitants dans le monde vivent encore dans la pauvreté.
    Les acteurs politiques privilégient actuellement la mise en oeuvre d´interventions au niveau des populations pauvres plutôt que de politiques macro-économiques et structurelles adaptées. François Bourguignon entreprend d´interroger le bien-fondé de ce choix, d´évaluer les savoirs acquis et d´identifier la nature des contraintes politiques dans le contexte de la mondialisation.Chercheur au Centre national de la recherche scientifique et directeur d´études à l´École des hautes études en sciences sociales, François Bourguignon a également été économiste en chef puis vice-président de la Banque mondiale, et directeur de l´École d´économie de Paris. Il a été professeur invité au Collège de France sur la chaire annuelle Savoirs contre pauvreté pour l´année académique 2013-2014.

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