Droit

  • Les silences de la loi ; une magistrate face à l'inceste Nouv.

    Avant la rue, le premier lieu d'insécurité pour de nombreux enfants est le toit familial. C'est souvent un père, un beau-père ou un oncle qui va, des années durant, abuser d'un enfant dans le silence profond et verrouillé d'une famille. Aujourd'hui, près d'un tiers de l'activité de nos cours d'assises est consacrée au jugement de viols sur des enfants, commis majoritairement dans le milieu familial. Pour répondre à ces actes destructeurs pour les victimes, la loi pénale doit être réexaminée. En matière d'inceste tout particulièrement, les interdits doivent être posés clairement pour ne pas laisser de place à un faux débat sur le consentement de l'enfant, qui ne devrait jamais être abordé. Forte de son expérience de magistrate et des nombreux cas qu'elle a suivis, la juge Marie-Pierre Porchy s'élève contre ces lacunes légales. Elle condamne en outre un fonctionnement judiciaire inadapté au recueil de la parole fragile de l'enfant et qui peut, à son tour, devenir traumatisant au lieu d'être réparateur. Un livre fondamental et nécessaire pour comprendre ce tabou de notre société, faire évoluer notre droit et contribuer à une justice plus humaine.
    Marie-Pierre Porchy a été juge des enfants, magistrate du parquet, juge d'instruction, avant d'être vice-présidente de tribunal de grande instance et juge des libertés et de la détention.

  • L'abolition

    Robert Badinter

    • Fayard
    • 28 Août 2000

    Ce livre est le récit d'une longue lutte contre la peine de mort. Il commence au jour de l'exécution de Claude Buffet et de Roger Bontems, le 24 novembre 1972, et s'achève avec le vote de l'abolition, le 30 septembre 1981. Depuis lors, l'abolition s'est étendue à la majorité des États dans le monde. Elle est désormais la loi de l'Europe entière. Elle marque un progrès irréversible de l'humanité sur ses peurs, ses angoisses, sa violence. À considérer cependant les exécutions pratiquées aux États-Unis, en Chine, en Iran et dans de nombreux autres pays, le combat contre la peine de mort est loin d'être achevé. Puisse l'évocation de ce qui advint en France servir la grande cause de l'abolition universelle. R.B.

  • L'exécution

    Robert Badinter

    • Fayard
    • 25 Mars 1998

    J'avais écrit ce livre, où se mêlent récit d'un drame judiciaire et réflexions sur la justice et le métier d'avocat, après l'exécution de Claude Buffet et Roger Bontems, en novembre 1972, à Paris, dans la cour de la prison de la Santé. Tous deux avaient été condamnés à mort par la Cour d'assises de Troyes pour avoir pris en otage et égorgé, à la Centrale de Clairvaux, une infirmière et un gardien. Leur grâce avait été refusée par le Président Pompidou. Depuis lors, la guillotine a été reléguée dans les caves d'un musée, et la peine de mort a disparu de nos lois. Mais elle sévit encore dans d'autres pays, notamment aux Etats-Unis. Et la tentation d'y revenir n'a pas disparu de tous les esprits. Cette justice qui tuait, la voici à l'oeuvre dans ce livre. Il n'est pas inutile que de nouvelles générations, plus heureuses à cet égard que la nôtre, la connaissent. R.B.

  • Quarante-sept ans de mariage. D'abord une histoire d'amour, comme il y en a tant d'autres. Mais très vite, les insultes, les coups, l'engrenage de la violence. L'homme à qui Jacqueline Sauvage a confié sa vie l'a transformée en enfer, régnant sur le foyer en véritable tyran. Jacqueline qu'il blesse, qu'il torture au quotidien mais aussi leurs enfants qu'il humilie, qu'il frappe, qu'il terrorise. Tous partagent le même sentiment paralysant : la peur. Cette peur qui les empêche de partir, qui les empêche de le dénoncer. Et puis il y a ce lundi 10 septembre 2012. Ce jour où, après une ultime agression, Jacqueline commet l'irréparable. Trois coups de fusil. Le bourreau est mort. Elle l'a tué. Le 28 décembre 2016, François Hollande a gracié Jacqueline Sauvage.

  • En France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son mari violent. Pour ne pas être l'une d'entre elles, certaines vont jusqu'à commettre l'impensable et tuer leur compagnon. Pourtant, la loi française est catégorique : par de tels actes, ces victimes deviennent des criminelles. Deux femmes d'exception, avocates sans concessions, se sont engagées pour les défendre. Alexandra Lange sera acquittée, Jacqueline Sauvage graciée. En plaidant pour Maud, Samia ou Noémie, Janine Bonaggiunta et Nathalie Tomasini se battent pour les 225 000 femmes victimes de violences conjugales. Parce que ni le gouvernement ni le législateur ne parviennent à les protéger, elles racontent les coulisses de leur lutte et nous font vivre une série de procès emblématiques. Elles partagent leur empathie, leur persévérance, leur envie de faire évoluer la loi, mais aussi leur colère à l'encontre des institutions, sourdes à la douleur de victimes démunies face à leurs bourreaux.
    Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta sont avocates. Elles ont défendu ensemble de nombreuses femmes victimes de violences, dont Alexandra Lange, avec qui elles ont coécrit Acquittée (Michel Lafon, 2012) et Jacqueline Sauvage, avec qui elles ont publié Je voulais juste que ça s'arrête (Fayard, 2017).

  • Ce livre est le récit de mon voyage au pays du pouvoir. Il commence au lendemain de l´abolition de la peine de mort en octobre 1981 et s´achève à mon départ de la Chancellerie, en février 1986. Il y est beaucoup question de justice, parfois de politique. Le temps écoulé rend singulières les passions que soulevait alors mon action. Le cardinal Lustiger m´avait prévenu au lendemain de l´abolition : « On ne touche pas à la mort impunément. » . Ces années de luttes, je les raconte telles que je les ai vécues. Le lecteur ne sera pas surpris d´y trouver, mêlée au récit des événements, l´expression de mes convictions sur ce que devrait être la justice dans la République. De tout ce que j´ai pu réaliser à cette époque, l´essentiel demeure : irréversibilité de l´abolition, suppression des juridictions d´exception, dépénalisation de l´homosexualité, progrès des droits des victimes, ouverture aux citoyens de la Cour européenne des droits de l´homme, amélioration du régime des prisons, et bien d´autres mesures encore. Je n´ai pas non plus dissimulé mes échecs, qu´il s´agisse de la surpopulation carcérale, de la pauvreté budgétaire, ou de convaincre l´opinion que la première mission de la justice est de faire respecter la loi et de garantir les libertés individuelles comme le prescrit la Constitution, et non d´être le pompier de la délinquance, comme on s´obstine à le faire croire. En achevant cet ouvrage, ma conclusion est simple : « Lecture faite, persiste et signe. » R.B.

  • Ce mardi 22 février, au petit matin, une dépanneuse tracte une Peugeot 405 beige hors des flots de l'Yonne. L'habitacle est vide mais la voiture est connue des services de police. C'est celle de Marie-Laure que toute la région recherche.
    Dix jours plus tard, un corps féminin dérive, dos face au ciel. La jeune fille est identifiée et les résultats de l'autopsie révèlent qu'elle a été assassinée.
    Pour cette affaire, comme pour les quatre autres révélées dans ce livre, la police fait appel à deux psychocriminologues afin d'aider ses enquêteurs : Florent Gathérias et Emma Oliveira. Suivant leur rigueur méthodologique sans cesse renouvelée, les deux professionnels ont pour mission de traquer les détails permettant de cerner la personnalité du criminel.
    /> Comment le meurtrier a-t-il opéré ? Qui est sa victime ? Pourquoi elle ? Depuis l'affaire Merah jusqu'à celle du « tueur de l'Essonne », Florent Gathérias et Emma Oliveira lèvent enfin les mystères et fantasmes qui enveloppent leur profession. Une plongée haletante dans la psychologie des criminels.
    Florent Gathérias a créé le service de psychocriminologie de la police judiciaire française en 2009, et Emma Oliveira l'a rejoint en 2012.

  • La robe noire

    Cotta Francoise

    • Fayard
    • 23 Janvier 2019

    La robe noire de Françoise Cotta, avocat pénaliste, a trempé dans les faits divers et le crime pendant des dizaines d'années. Trait distinctif  : elle ne dit pas avocate, mais avocat. Elle a, entre autres, défendu des mères infanticides, des pères incestueux, des pédophiles, des trafiquants de drogue. Pour elle, le vrai sujet, c'est la responsabilité. Femme engagée, elle dénonce particulièrement les errements du tout-répressif et pose un regard sans concession sur la justice spectacle et l'absence criante en prison de soins psychiatriques dignes de ce nom.
    Narratrice à la première personne de sa vie et de sa carrière, celle que le barreau appelle Françoise est l'une des rares à avoir occupé l'espace très masculin de ces audiences. Alors qu'elle a décidé de raccrocher - mais le peut-on vraiment  ?-,elle fait ici le récit de ces histoires criminelles qu'elle a côtoyées et où apparaissent de singulières figures d'hommes et de femmes.
    «  Il y a le métier d'avocat et la vie, écrit-elle, j'aime les déglingués dans les dossiers, pas dans la vie. On a une éthique, heureusement  ! Sinon on devrait être fan de l'inceste pour défendre une personne accusée d'inceste, et il faudrait que l'on soit cocaïnomane pour défendre un trafiquant. Je leur dis souvent  : `'Je ne porte aucun jugement sur vous, je ne suis pas là pour ça.''  »
     
    Françoise Cotta, 67 ans, a revêtu la robe noire en 1980 et fait ses classes au tribunal correctionnel des flagrants délits. Elle ouvre son cabinet en 1983 et devient pénaliste.

  • La parole et l'action

    Henri Leclerc

    • Fayard
    • 30 Août 2017

    Richard Roman, Dominique Strauss-Kahn, Véronique Courjault  : Henri Leclerc, l'un des plus grands pénalistes du xxe  siècle, s'est ingénié à «  les défendre tous  », selon le mot de son mentor, Albert Naud. Après soixante ans de carrière, il livre ses mémoires et retrace plus d'un demi-siècle de combats judiciaires, politiques, éthiques, menés à la force du verbe, avec l'éloquence de l'orateur passionné et la rigueur du juriste, en compagnie d'autres ténors du barreau, Vergès, Levy, Pelletier, Lemaire, Badinter.
    La guerre d'Algérie, Mai  1968, l'abolition de la peine de mort, la défense des mineurs et des paysans, la question migratoire, le terrorisme, La parole et l'action est aussi, d'une certaine façon, une histoire de la France d'après la Seconde Guerre mondiale, racontée par un protagoniste engagé, souvent en première ligne, avocat iconoclaste et militant de gauche convaincu, longtemps proche de Michel Rocard et membre de la Ligue des droits de l'homme.
    Avec la tendresse, l'humour et la verve qu'on lui connaît, Henri Leclerc se replonge dans son itinéraire exemplaire et revient sur des affaires qui fascinent encore aujourd'hui, méditant sur le sens de son engagement et sur les luttes à mener demain.

  • "A ce moment de mon existence déjà longue, me retournant vers ce qui fut un combat passionné, je mesure le chemin parcouru vers l'abolition universelle. Mais, tant qu'on fusillera, qu'on empoisonnera, qu'on décapitera, qu'on lapidera, qu'on pendra, qu'on suppliciera dans ce monde il n'y aura pas de répit pour tous ceux qui croient que la vie est, pour l'humanité tout entière, la valeur suprême, et qu'il ne peut y avoir de justice qui tue.Le jour viendra où il n'y aura plus, sur la surface de cette terre, de condamné à mort au nom de la justice. Je ne verrai pas ce jour-là. Mais ma conviction est absolue : La peine de mort est vouée à disparaître de ce monde plus tôt que les sceptiques, les nostalgiques ou les amateurs de supplices le pensent." R. B.

  • En donnant à sa riposte aux attentats du 11 septembre le nom de code Enduring Justice (" Justice sans limites "), le gouvernement américain a mis le doigt, à son insu, sur l´un des problèmes fondamentaux de ce nouveau siècle : que signifie faire justice dans une économie mondialisée ?
    Aujourd´hui, l´échange social tend à être totalement absorbé par le trafic marchand. Le système économique, avec le renfort de la violence symbolique, a réussi à établir une fantastique domination imaginaire. Normalement, il n´aurait pas dû tenir face aux injustices criantes du monde, dont nombre de rapports statistiques annuels nous donnent la mesure. Et pourtant, contrairement aux prévisions de Marx, de Lénine, de Mao Tsé-tung, la révolution mondiale n´a pas eu lieu.
    La déconstruction du discours économique permet de mettre en évidence son amoralité, voire son immoralité. Tout souci de justice a été éliminé dans le fonctionnement de la société mondiale de marché. Le travail de décolonisation des esprits passe donc d´abord par la remise en cause d´une lecture exclusivement économique du monde. Après quoi il devient possible d´esquisser les traits de ce que pourrait être une société plus juste. C´est une gageure, mais c´est ce qu´exige la situation.

    Serge Latouche, professeur émérite à l´université Paris-Sud (Orsay), est spécialiste des rapports culturels Nord/Sud et de l´épistémologie des sciences sociales. Il a notamment publié L´Autre Afrique (Albin Michel, 1998), et La Déraison de la raison économique (Albin Michel, 2001).

  • 25 juin 2014. Douze ans après sa création, la Cour pénale internationale rend définitive la première condamnation de son histoire. La personne concernée ? Un ancien chasseur d'okapis, nommé général à vingt-six ans pour être envoyé à La Haye et donner l'impression au monde que la République démocratique du Congo coopère avec l'institution. Maigre résultat, pour une Cour censée s'attaquer aux plus grands criminels de son temps. Saluée unanimement à sa création, l'institution ne s'est jamais montrée à la hauteur de ses ambitions. Progressivement affaiblie, soumise aux desiderata des grandes puissances, elle est très rapidement devenue l'actrice de son propre drame, jusqu'à faire s'interroger aujourd'hui sur le bien-fondé de son existence. À travers un récit haletant croisant droit et philosophie, Juan Branco retrace le devenir d'une organisation qui aurait dû tenir le monde entre ses mains. Il en montre la déliquescence, découverte au fur et à mesure de ses expériences auprès du premier Procureur de la Cour, au Quai d'Orsay puis comme chercheur et journaliste dans l'Afrique des Grands Lacs. Une mise à nu sans concessions d'un système dévoré par ses insuffisances et ses compromissions, et aujourd'hui sur le point de basculer. Juan Branco, premier docteur en droit de l'ENS Ulm, est Senior Research Fellow au Max Planck Institute Luxembourg après avoir travaillé au sein du Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale et comme collaborateur extérieur du ministre des Affaires étrangères. Ce livre sert de pendant narratif à son ouvrage De l'affaire Katanga au contrat social global : un regard sur la Cour pénale internationale (IUV-LGDJ, 2015).

  • Compromissions

    Pierre Péan

    • Fayard
    • 8 Avril 2015

    Jeux, prostitution, trafic de drogue : pour les parrains mafieux, la Corse est le paradis des « affaires ». Mais pour qu´elles prospèrent comme ils l´entendent, ils ont besoin du plus grand laxisme administratif, doublé de la plus grande bienveillance policière et judiciaire. Ce qui explique, d´une part, les accointances du « milieu » avec des soutiens haut placés en métropole et, d´autre part, l´intrication du combat indépendantiste et des actions criminelles commanditées par des truands désireux d´asseoir leur mainmise sur l´île de Beauté.
    De la French Connection à l´assassinat du préfet Érignac, des bases africaines de la mafia corse aux cercles de jeu parisiens, l´enquête de Pierre Péan retrace la guerre ouverte entre hors-la-loi et tenants de l´ordre républicain qui sévit depuis les années 1930.
    Un vrai thriller où les cadavres des victimes de règlements de comptes tiennent lieu de marque-pages.

  • Depuis quarante ans, la société française souffre d´une grave maladie : le chômage de masse.Ce mal a suscité une déferlante législative à tel point que le droit du travail apparaît aujourd´hui comme une forêt obscure où seuls les spécialistes peuvent trouver leur voie. Loin de favoriser l´emploi, le Code du travail suscite ainsi un rejet souvent injuste.
    Il faut réagir.
    Il n´est pas de domaine de l´Etat de droit qui ne repose sur des principes fondamentaux. C´est à mettre en lumière ces principes, disparus sous l´avalanche des textes, que cet ouvrage est consacré. Sur leur base, il appartiendra aux pouvoirs publics et aux partenaires sociaux de décliner les règles applicables aux relations de travail, selon les branches et les entreprises.
    Mais rien ne sera fait de durable et d´efficace sinon dans le respect de ces principes. Puisse l´accord se faire sur eux, dans l´intérêt de tous.
    Robert Badinter est professeur émérite de l´université Paris I Panthéon Sorbonne et ancien président du Conseil constitutionnel.
    Antoine Lyon-Caen est professeur émérite de l´université Paris Ouest Nanterre et directeur d´études à l´Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).
    Dessins © Plantu

  • Mafias

    Gilbert Thiel

    • Fayard
    • 19 Février 2014

    Juge antiterroriste, réputé pour son franc-parler, son humour, son goût de la provocation vis-à-vis des pouvoirs en place, surtout lorsqu´ils s´appliquent à étouffer les « affaires », Gilbert Thiel, à quelques mois de la retraite, livre d´un bloc son expérience de magistrat, révélant par là les interconnexions entre les différents fronts sur lesquels il a dû lutter : le terrorisme (corse, islamiste, etc.), le trafic de drogue et ses filières, le blanchiment d´argent sale, la corruption, la fraude fiscale, les conflits d´intérêts, etc. L´internationalisation de ces « fronts » l´amène à évoquer leurs ramifications sur divers pays : Amérique latine et Afrique de l´Ouest pour la drogue et la corruption, Suisse et paradis fiscaux pour le blanchiment, l´Ile de Beauté et la Côte pour le crime organisé, etc. Ecrit dans une langue drue, drôle, plus riche de vérités crues que d´euphémismes, ce document déploie l´ample panorama d´une criminalité omniprésente, brassant des chiffres d´affaires considérables, auprès de laquelle la menue délinquance, dont on parle tant, fait pâle figure : serait-ce que, dans l´opinion comme pour les responsables politiques, la corruption indispose moins que l´insécurité ?

  • Le fonctionnement actuel de notre système judiciaire met en danger la sécurité des citoyens. Face à cette insécurité, il ne faut plus se demander : « Que fait la police ? », mais : « Que fait la Justice ? » Car une réalité insoupçonnée du monde pénal favorise l´impunité et se désintéresse des victimes. Contre le « judiciairement correct », ce livre démonte toutes les idées reçues qui engendrent dérive de notre société et perte des valeurs, lesquelles fondent toute politique de lutte contre la délinquance. Parmi ces préjugés, on entend que la prison est l'école du crime, ou que la pauvreté est une cause de la criminalité. Ce « dogmatisme pénal » empêche nos dirigeants à prendre les mesures qui s´imposent. Grâce à un travail acharné avec tous les acteurs concernés (juges, avocats, psychiatres, policiers, victimes, responsables politiques) et à une riche documentation, Xavier Bébin nous livre ici un texte vif et courageux qui décrit les dérives d'un système judiciaire et nous donne une vision plus juste du crime et de la justice pénale en France.

  • La gestation pour autrui donne lieu à des proclamations passionnées et affectives, où il est question d´amour et de don, de bonnes intentions qui seraient donc inattaquables. Elle touche cependant à des enjeux trop fondamentaux pour qu´on puisse se résigner à la voir traitée à coup de slogans et de joutes médiatiques. Une argumentation rationnelle et cohérente s´impose. De nombreux intérêts individuels sont en jeu, dont celui de l´enfant, le plus vulnérable. Il y va aussi du type de société que l´on construit.  La gestation pour autrui est pratiquée depuis plusieurs années dans quelques pays. Ce livre décrit de façon concrète la réalité de sa mise en oeuvre, en particulier en droit américain. Il donne à voir l´étendue de l´emprise consentie par la mère porteuse sur son corps et sa vie intime, les droits et libertés fondamentales auxquels elle renonce au profit du couple commanditaire, la modification juridique de la notion de filiation à laquelle elle conduit, ou encore les nouveaux rapports de classe qu´elle introduit.  Le tableau ainsi dessiné par des cas bien concrets permet à chacun de regarder la réalité en face.  On ne pourra pas dire qu´on ne savait pas. Une simple description fait parfois un pamphlet.

  • Trente ans après les "années de plomb" italiennes, les crimes d´Action directe et ceux de la bande à Baader, dix ans après l´abandon de la lutte armée par l´Armée républicaine irlandaise (IRA), sept ans après les attentats du 11 Septembre et l´apparition d´Al Qaïda, étendard d´un terrorisme mondialisé, se pose plus que jamais et avec une grande acuité la question de la définition de l´acte terroriste. Tout en retraçant l´histoire des multiples mouvances extrémistes qui ont choisi le camp de la violence, le juge antiterroriste Gilbert Thiel dépeint de l´intérieur l´évolution du système judiciaire français et s´interroge sur la place du juge dans la société, "juge ou partie", dans un entretien avec l´éditeur Rémy Toulouse, en un débat fondamental sur l´équilibre entre les libertés et les préoccupations sécuritaires. Devant la méfiance croissante des citoyens face à la justice, et à l´heure où son fonctionnement se trouve dans la ligne de mire de nos hommes politiques, le juge Thiel livre le fruit de son expérience quotidienne et trentenaire de la lutte du droit contre la brutalité. Ses réflexions décapantes sur l´indépendance de la justice - et les difficultés de la magistrature à la défendre - montrent tout le chemin qui reste à parcourir au système judiciaire pour tenir tête à ce "mal français". Le juge n´est pas près de dormir sur ses deux oreilles... Premier juge d´instruction au Tribunal de grande instance de Paris, Gilbert Thiel est affecté à la section antiterroriste depuis 1995. Il est l´auteur, aux éditions Fayard, de On ne réveille pas un juge qui dort (2002) et de Magistrales insomnies (2005).

  • Le plus grand bien

    Robert Badinter

    • Fayard
    • 14 Avril 2004

    Le 28 ventôse an XII, Portalis présente au Corps législatif le projet de loi réunissant les 36 lois civiles déjà votées, sous le titre « Code civil des Français ». Evoquant les travaux de codification, il s'écrie : « Dans le calme de toutes les passions et de tous les intérêts, on vit naître un projet de Code civil, c'est-à-dire LE PLUS GRAND BIEN que les hommes puissent donner et recevoir. » Pourquoi, là où la monarchie absolue et la Révolution avaient échoué, Bonaparte a-t-il réussi à doter la France d'un « Code civil des Français » ? Pourquoi la France, qui a changé dix fois de Constitution en deux siècles, a-t-elle conservé le Code civil ? Pourquoi la codification, de 1801 à 1804, demeure-t-elle comme la campagne d'Italie de l'art législatif ? C'est la naissance politique de ce « plus grand bien » qui est retracée dans cet ouvrage.

  • Rigoureuse indépendance vis-à-vis du pouvoir politique et formation très poussée, moyens matériels efficaces, tout cela, certes, est indispensable au corps judiciaire pour répondre aux demandes croissantes d'une société sans cesse plus complexe, qui tolère mal l'injustice (ou ce qu'elle tient pour tel) et dont les membres réclament de plus en plus qu'une tierce autorité les départage en cas de conflit. Encore faut-il que le magistrat qu'il soit agent de la société (procureur) ou bien organe de la loi (juge) sache que l'impartialité ne procède que de lui seul. Il doit se savoir dépendant d'abord de son milieu, de ses croyances, de ses amitiés, de ses inimitiés ; il doit être conscient des effets inattendus, parfois dévastateurs de la violence qu'il est chargé d'exercer ; enfin, il doit concilier l'irresponsabilité que son statut organise et se sentir responsable des sanctions qu'il est amené à prendre. Conditions ô combien difficiles à remplir.

    Pierre Truche a accompli une grande carrière dans la magistrature : il a été le " premier magistrat de France " en occupant de 1996 à 1999 le poste de premier président de la Cour de cassation, après une longue activité de procureur. Il a en outre été directeur des études à l'Ecole nationale de la magistrature (1974- 1978), membre de la Commission Justice pénale et droits de l'homme en 1991, président du Comité de réflexion sur la création d'un tribunal international appelé à juger les crimes commis dans l'ex-Yougoslavie en 1993 et président de la Commission de réflexion sur la justice en 1997. C'est à la fois en humaniste et en expert qu'il s'interroge ici sur ce qu'aujourd'hui la nouvelle donne sociale requiert des hommes et des femmes qui rendent la justice.

  • La guerre des copyrights

    Emmanuel Pierrat

    • Fayard
    • 25 Janvier 2006

    Une guerre inédite s'intensifie depuis quelques années sur le front de la propriété intellectuelle. Car chacun sent bien, l'auteur compositeur comme les Majors de la musique, le petit artisan de l'atelier de couture aussi bien que les industriels du luxe, que si ces droits ne sont pas respectés, c'est à terme à la fin de la création et à la mort de la recherche que nous assisterons.

    Mais cette course à la protection, cette lutte contre la piraterie ne sont pas sans conséquence sur la culture, l'économie, la science, la santé, l'agriculture. D'où le clivage qui s'affirme, chaque jour davantage, entre le droit du consommateur/internaute et celui du créateur. Opposition entre droit à l'information et droit de l'information, droit à la culture et droit de la culture. D'où aussi cette contradiction exacerbée entre pays du Nord et du Sud pour l'accès aux nouvelles semences, aux vaccins, aux traitements médicaux, aux publications savantes.

    Or, rien n'est tout noir ou tout blanc au nouveau royaume du copyright. Ainsi l'artiste qui s'indigne du pouvoir des marques est le premier à recourir aux mêmes instruments pour défendre ses oeuvres Et l'entreprise qu'il fustige se plaint elle-même des redevances qu'elle doit payer pour l'usage de ses photocopieuses, la musique d'attente ou la revue de presse internet.

    En une quinzaine de chapitres, Emmanuel Pierrat dresse un tableau des nouveaux enjeux dont la propriété intellectuelle se fait tour à tour l'instrument ou le révélateur. Le tout chiffres à l'appui, mais avec le talent du conteur d'anecdotes et l'expérience du professionnel qui, sur ce terrain, aura approché ou conseillé des intérêts parfois des plus divergents sur plusieurs continents...

  • Il y a ce prévenu qui se demande s'il doit mettre une cravate tandis que que la procureure propose d'ôter ses talons. il y a cet homme transformé en Cendrillon par la mégère dont il est éperdument amoureux, et qui finit par

  • Les avocats occupent l´espace médiatique comme jamais. Leur pouvoir est-il à la hauteur de ce temps d´antenne ? Quel est leur rapport avec les journalistes ? Ce livre est le résultat d´une soixantaine d´entretiens menés dans toute la France avec les ténors nationaux et locaux du barreau. Avocats des patrons du CAC 40, des ministres et des présidents, des stars du show-biz, des producteurs de cinéma, des footballeurs, des ennemis publics nº1, des violeurs, des terroristes, des gangsters, chevronnés ou non, ou des trafiquants de drogue, ils ont accepté de livrer leurs petits et grands secrets. Comment le pénaliste le plus médiatique, Eric Dupont-Moretti, gère-t-il son image ? Combien gagne l´avocat d´affaires le plus en vue, Jean-Michel Darois ? Comment l´avocat le plus influent, Jean Veil, entretient-il son carnet d´adresses ? Pourquoi Olivier Metzner, Didier Martin et Georges Kiejman, stars du barreau parisien, se sont-ils entre-déchirés autour des millions de la famille Bettencourt ? Comment Olivier Morice a-t-il mené la bataille contre le secret-défense dans l´affaire Karachi ? Dans quelles circonstances Patrick Maisonneuve a-t-il recueilli les ultimes confidences de Pierre Bérégovoy à la veille de son suicide ? Comment Richard Malka a-t-il médiatisé la défense de DSK dans l´affaire du Carlton de Lille ? Comment son ancien associé, Arnaud Claude, a-t-il maintenu le cabinet fondé avec Nicolas Sarkozy pendant que son ami était au pouvoir ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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