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  • L´argent est essentiel à la vie de tous les jours, aux existences individuelles comme aux entreprises collectives. Mais d´où vient-il ? Comment se diffuse-t-il dans la société ? Qui peut réguler son volume ? Comment le mettre au service de l´homme ?

    Autrefois, on arrachait les métaux précieux à la terre et on s´emparait, par la guerre, des richesses d´autrui. Les sociétés modernes ont rendu ces méthodes archaïques grâce à une invention révolutionnaire : la création de monnaie par les banques, à partir de rien (ex nihilo).

    François Rachline analyse cette révolution historique avant d´en tirer les conséquences majeures pour une nouvelle régulation monétaire, fondée sur une Banque centrale mondiale.

    Docteur d´État ès sciences économiques et diplômé de l´IEP de Paris, FRANÇOIS RACHLINE est professeur d´économie à Sciences Po (Paris). Conseiller spécial du Président du Conseil économique, social et environnemental, il est l´auteur d´une dizaine d´essais, notamment Le Pari de Don Juan (PUF, 2000, Hermann, 2011), La Loi intérieure (Hermann, 2010), Que l´argent soit (Calmann-Lévy 1993, Hachette Pluriel 1996), De zéro à epsilon (First 1991, Hachette Pluriel 1994), et d´une trilogie romanesque, Le Châtiment des dieux (Albin Michel et Le Seuil/Points, 2002-2006).

  • De l´Europe aux villes, en passant par les nations, il n´est point aujourd´hui de stratégie de développement qui ne fasse référence à l´« économie de la connaissance ». L´engouement qui entoure depuis une décennie cette notion vient de ce qu´elle cristallise des enjeux sociétaux multiples. Face à la globalisation et à l´émergence de forces productives considérables en Chine, en Inde ou ailleurs, chacun comprend la nécessité de recentrer nos économies sur les activités à forte valeur ajoutée intellectuelle : innovation, high-tech, économie numérique. Chacun voit aussi à quelle vitesse les connaissances abstraites et les idées issues des laboratoires entraînent désormais des transformations structurelles dans nos manières de produire et d´échanger. Chacun perçoit enfin combien une économie des idées et des informations, qui peuvent se partager à l´infini à coût nul, est radicalement différente de l´économie traditionnelle des objets, et combien ceci est en train de déstabiliser des secteurs entiers.
    Mais cette économie de la connaissance est-elle vraiment nouvelle ? Peut-elle se caractériser autrement que comme un assemblage plus ou moins hétéroclite de secteurs bizarrement dits « immatériels », autour de l´Internet notamment ? Et comment expliquer le paradoxe de sa forte relation avec le territoire, le lien étrange entre la fluidité qui la caractérise et les ancrages que manifeste sa concentration géographique croissante ?
    Les contributions de cet ouvrage sont issues d´un colloque organisé autour de ces trois questions à Cerisy, à l´automne 2008. Elles multiplient les regards sur l´objet, alternant approches micro et macro, points de vue issus des univers de la recherche, de la grande entreprise classique, des start-up de l´Internet et des collectivités territoriales, vision du public et vision du privé, champs disciplinaires et secteurs variés. Prenant le parti de refuser les distinctions classiques entre high-tech et secteurs dits traditionnels, l´ouvrage parcourt des terrains multiples (des mathématiques à l´agriculture écologique, de l´automobile aux jeux vidéo...). Il approche la géographie par la théorie et par des exemples concrets, de Montréal à la Normandie. Au-delà des définitions formelles, cette variété de regards fait percevoir que l´ « économie de la connaissance » est peut-être une notion à déconstruire, mais aussi une clé indispensable pour lire notre modernité.

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