Littérature générale

  • La publication, il y a cinq ans, des «caricatures» de Mahomet aura enflammé les esprits et rendu plus délicat le travail des dessinateurs de presse. La controverse a trouvé un écho au Québec avec ladoption du code de conduite à Hérouxville et alimenté le débat sur les accommodements raisonnables. Heureusement, dautres sujets ont également inspiré le caricaturiste du quotidien Le Droit.

    Préface de Plantu

  • «Sarah boit son thé calmement et remonte une mèche de cheveux d'un geste distrait.
    Tu es vraiment gentille d'avoir bravé la pluie, lui dis-je de nouveau.
    C'est normal. Il m'aurait demandé pourquoi on va pas voir papi. Il s'est habitué à ces visites. D'ailleurs, à ce propos, continue-t-elle, en baissant la voix, je crois qu'il faut qu'on se parle toi et moi.
    Ah? Je t'écoute.
    Elle fait signe d'attendre un instant et sort de son sac quelques voitures miniatures dont la Batmobile, Batman et son acolyte Robin et les confie à Dimitri qui se met aussitôt à jouer à côté de nous, à la table voisine qui est vide.
    Rodney et moi, ça ne s'améliore pas. C'est vraiment difficile. Je ne le comprends plus. Il est grincheux, irritable et casanier. Je lui ai dit que j'allais voir ma soeur à Mississauga pour quelques semaines, peut-être un mois afin que chacun de nous réfléchisse à notre relation.
    Et qu'est-ce qu'il a dit?
    Il n'était pas très content, mais il a accepté. Je pars demain avec Dimitri. Tu comprends maintenant pourquoi il ne fallait pas rater notre rencontre.»

  • Tango tatouage

    Jean Perron

    « Des chevaux blancs, bruns et noirs apparaissent ici et là, détendus. On ne saurait dire s'ils font partie d'élevages ou s'ils vivent à l'état sauvage.
    Rien ne semble délimiter ce vaste territoire chargé d'énergie tellurique.
    Aucune clôture.
    Aucune affiche.
    Je sors mon caméscope pour capter ce paysage fuyant, sur lequel je ne peux toutefois projeter tout ce qui me passe par la tête en même temps : les souvenirs de Buenos Aires, encore brûlants, et les réflexions sur mon séjour dans cette ville. À l'opposé, je ne pourrais non plus, même si je tentais de tout oublier en plongeant mon regard dans le décor en mouvement par la fenêtre, effacer de ma mémoire les images et les pensées chargées de questions qui me poursuivent au rythme du train.
    Je me sens tatoué de l'intérieur, au son d'un tango aussi doux que déchirant. »

  • Enfant au regard cocasse et lucide, amoureuse des odeurs, des saveurs et des mots, Béate se désole davoir des parents qui ressemblent à des enfants, une sur calculatrice et un frère lémurien. Le temps qui passe lui apprendra à voir sa famille sous un autre angle : ses parents sont dévastés, sa sur a une tête de scientifique et son frère est schizophrène.

    Après la mort tragique de ce dernier, Béatrice devra affronter la culpabilité, le passé et surtout la vie qui continue, toujours et encore, malgré tout. Entourée de Wu, une Chinoise qui nen est pas une et qui peint de grotesques personnages, et de Monsieur Pham, le charismatique Vietnamien du dépanneur qui fait de délicieux rouleaux impériaux, elle découvrira le réconfort et la douceur de lamitié.

    Écrit avec une finesse et une fraîcheur remarquables, Quelque chose comme une odeur de printemps embaume le souvenir dun hiver beau et glacial, non sans laisser quelques engelures.

  • Un énigmatique carnet. Un cousin ignoré d´une petite île de la mer du Nord. D´entrée de jeu, intrigué, le lecteur se laisse entraîner par la narratrice dans le monde sombre et mystérieux de Thorvald Sørensen, archéologue danois.
    Une naissance tragique, une enfance insolite auprès de parents adoptifs, Ingelise et Erland. Elle, aveugle de naissance, dans le secret de la nuit, initie l´enfant à la beauté envoûtante de la musique. Lui, embaumeur et artiste, consacre sa vie à perpétuer la mémoire des morts. Après une surprenante initiation à l´amour, survient dans la vie de Thorvald une femme sans nom. Leur lien profond le façonnera à jamais, jusqu´à sa mort. Une mort belle, longuement mûrie et librement consentie.
    Puis, il y a la mer, omniprésente, témoin et actrice, mère, maîtresse et traîtresse, berceau et tombeau.
    Aussi serein que déstabilisant, ce roman livre un véritable art poétique de la Mort, où chaque perte est renaissance, initiation à la vie. Depuis toujours, j´entendais la mer est un apprivoisement du deuil, lumineux, envoûtant et libérateur.

  • Après la misère et la pauvreté, la Seconde Guerre mondiale inflige à Théodora une profonde blessure : son fiancé, le résistant Gustave Novotný, meurt. Malgré son mariage avec un médecin, Jaromir Strílka, et la présence vivifiante de ses deux filles jumelles, Mariana et Milcza, Théodora devient de plus en plus distante et mystérieuse. Même le projet familial de partir pour quelques années en Australie ne la séduit pas...
    Ce n'est qu'après la mort de leur mère, que Mariana et Milcza, remontant dans leurs souvenirs, perceront ses secrets et reconnaîtront les liens indéfectibles qui les unissent.

    Une histoire émouvante, tout en retenue, qui montre que, dans des temps difficiles comme l'après-guerre, l'amour filial peut triompher de la haine et de l'indifférence.

  • 1984 : les émeutes du pain - 2010 : la Révolution du jasmin. Deux périodes tumultueuses vécues à près de trente ans de distance par une mère et sa fille.
    Nadia quitte sa Tunisie natale pendant les émeutes qui secouent le pays en 1984. Révoltée contre ses parents, elle est surtout indignée par la culture du silence et la soumission que la jeunesse ne peut plus tolérer. Reniée par sa famille, elle émigre au Canada et y refait sa vie.
    Vingt-cinq ans plus tard, sa fille, Lila, encouragée par sa mère, séjourne à Tunis chez un couple ami, Tante Neila et Oncle Mounir. Elle fera face à une autre révolution, celle qui enflammera bientôt tout le monde arabe et à laquelle elle va finir par s'associer.
    Un roman identitaire qui livre un témoignage poignant sur les destins des femmes arabes dans une société musulmane en pleine mutation.

  • Andrée Christensen nous invite à pénétrer dans son jardin, véritable atelier à ciel ouvert et source inépuisable de réflexions et de méditations sur le visible et l'invisible. Elle nous dévoile un monde de contrastes entre la terre qui se dépouille et l'extravagance du règne souterrain, alliant les forces intimes aux secrets touffus, parfois violents, de la nature.

    Ainsi je serai devenue jardin là où tout se tait pour mieux percevoir dans l'écho de la beauté l'inaudible du commencement Dans une éclosion d'images, où chaque vers est ciselé avec la précise géométrie d'un flocon, Andrée Christensen nous fait découvrir l'ADN végétal, minéral et animal de l'hiver.

  • Que faire de soi ? s'interroge le poète pour qui le monde est comme un rivage difficile à atteindre. Le ciel de son enfance, celui de la basse-ville, devient l'occasion, pour lui, de vivre au présent et de traverser enfin la nuit. Entre les souvenirs et la mort, où se tient la vie?

    Rue st-vallier je ne sais plus qui est l'écho de l'autre il me reste un peu de soleil dans les mains comme un bibelot de verre que la nuit n'a pas rongé je protège ce petit feu de rien et souffle sur les braises pour retrouver je ne sais plus quoi Depuis « Le feu de l'autre rive » et, surtout, « La lenteur du monde », Michel Pleau a entrepris une quête d'identité qu'il poursuit admirablement dans « Le ciel de la basse-ville ».

  • En juillet 1749, dans l'île Royale (Cap-Breton, N.-E.), la France reprend possession de la forteresse de Louisbourg, perdue aux mains des Anglais quatre ans plus tôt. Mathurin Le Mordant, un jeune lieutenant à la carrière prometteuse, débarque avec les anciens habitants qui y reprennent tant bien que mal leur vie avec ceux qui ont été laissés à leur sort. Dès le premier jour, lorsque le militaire croise le chemin de la ravissante Josette Guion, le sortilège de Louisbourg prend son coeur dans ses mailles et lui réserve les pires tourments.L'attirance réciproque des amoureux se vivra au milieu des dures conditions de vie de leurs amis - militaires, civils ou esclaves -, des luttes de pouvoir et des atroces exécutions qui ont ponctué cet épisode marquant de l'histoire de l'Acadie et de la guerre de Sept Ans. Dans ce roman d'époque, aux accents authentiques, Daniel Marchildon fait revivre, trois cents ans après la fondation de Louisbourg, le mystérieux sortilège qui hante cette forteresse.

  • « Je suis assis à quelques mètres d'elle maintenant qu'elle a fini son appel. Je voudrais lui dire que je suis près du bonheur quand je suis avec elle en train de regarder une vidéo idiote à la télé. Cependant, je ne dis rien. La question qui jaillirait de sa bouche serait pourquoi ne pas être dans le bonheur ? Et je me sentirais contraint de lui avouer que je ne l'ai pas encore trouvé, que je le cherche. Je serais contraint d'admettre par conséquent que le bonheur, j'y ai goûté avec la naissance de Freddy et puis la sienne. Qu'être avec Joanna fut aussi être près du bonheur au début. Or, comment y pénétrer et y rester ? Le bonheur est un parfum sans nom. »

  • Née aux Cèdres, un petit village à l'ouest de Montréal, Léa Bertrand voit très tôt ses projets contrecarrés par la volonté de son père, puis par la rigidité de l'Église qui refuse de la relever d'un serment. Dès lors, sa vie ne semble plus lui appartenir.
    Le parcours de Romuald et de Rodolphe est tout aussi étonnant, de l'orphelinat d'Huberdeau, dans les Laurentides, à leur arrivée à Montréal où Romuald se trouvera un travail permettant aux deux frères de vivre décemment. Quant à Roger et à Juliette, ils apprendront avec consternation qu'ils ne sont pas qui ils croyaient être.
    Comment ces destins atypiques sont-ils reliés les uns aux autres ? Micheline Tremblay nous l'apprendra dans ce singulier roman qui rappelle les tabous et les travers d'une époque pas si lointaine.

    Cette fascinante saga, à saveur historique, nous fait revivre le Montréal du début du XXe siècle avec ses grands bouleversements, tels le passage de la campagne à la ville, l'arrivée de la « fée électricité » et l'apparition du cinématographe.

  • Dans Recoudre la lumière, la poète fait vivre la mémoire d'une Lettonie qui respire en elle, le pays de ses origines qu'elle désire retrouver d'abord, puis se réapproprier par l'écriture. Inspirée par la poésie de ses ancêtres, elle fait entendre l'histoire de son peuple en évoquant des lieux, en datant des événements, en décrivant l'horreur de la guerre et des camps, l'envahissement par l'URSS, mais surtout elle prend à témoin l'histoire de son grand-père qui a réussi à émigrer au Canada.

    À la fin du recueil, elle s'écrie « Je rentre à la maison » après cette longue traversée qui a lui a permis de ressouder les traits épars de son existence.

    Un recueil d'une grande beauté, à l'image de la mer Baltique, où s'affirment la nostalgie de l'exil et le désir d'un royaume à reconquérir.

  • Dans cette oeuvre de maturité, Michel Thérien s'interroge sur la poésie, ce qui la fait émerger, ce qui la nourrit et ce qui l'habite. Suivant son désir constant d'être et de se renouveler, la poésie traverse le temps et l'espace, prend corps et accoste sur les berges d'une nouvelle destinée.

    Ici
    le poème est au présent
    de ce que nous sommes
    il enfante toujours
    dans la précarité de naître
    où l'acte d'écrire est un cri
    à sa survivance

    Des vallées nous traversent témoigne d'un retour à une parole identitaire où le poète nous conduit à l'essence même de sa poésie.

  • Le haïku célèbre ici le quotidien dans tout ce qu'il transporte de lumière et d'ombre. Le petit nuage blanc qui imite la lune, la lumière d'un héron au-dessus d'un embouteillage, des épinettes noires qui étirent le cou, mais aussi la lourdeur d'un dernier rendez-vous dans les yeux bleus d'un ami. Les haïkus de ce recueil témoignent d'un chemin entre deux ciels.

    rencontre matinale
    toutes les forêts du monde
    dans les yeux du cerf

    neige lourde
    ce matin le grand pin
    effleure mon épaule

  • Dans les littératures francophones du Canada, l'espace - que ce soit la ville, la campagne, la banlieue, la forêt, le Nord - a été depuis longtemps étudié et le temps a lui aussi récemment été traité. En revanche, alors que les travaux de Mikhaïl Bakthine montrent combien l'espace et le temps sont interdépendants, les rapports que les dimensions spatiale et temporelle entretiennent entre elles restent négligés. Les études réunies dans ce collectif visent à combler cette lacune en analysant la représentation de l'espace-temps dans les littératures périphériques du Canada, c'est-à-dire au sein d'oeuvres franco-canadiennes qui sont spatialement minoritaires, mais qui répondent aussi, y compris au Québec, à des pratiques d'écriture plus marginales, comme c'est le cas de la science-fiction ainsi que des littératures lesbienne et autochtone.

    Ce volume comporte les contributions suivantes :
    Sophie Beaulé (Université Saint Mary's)
    Ariane Brun Del Re (Université d'Ottawa)
    Tara Collington (Université de Waterloo)
    Julien Defraeye (Université de Waterloo)
    Isabelle Kirouac-Massicotte (Université de Moncton)
    Zishad Lak (Université d'Ottawa)
    Élise Lepage (Université de Waterloo)
    Mariève Maréchale (Université d'Ottawa)
    Martine Noël (Université d'Ottawa)
    François Paré (Université de Waterloo)
    Mathieu Simard (Université d'Ottawa)

  • « Michel Pleau raconte que la mort de son père, survenue alors qu'il n'avait que douze ans, a été l'événement le plus marquant de sa vie. Après ce décès, une ombre immense a recouvert la terre. L'enfant Pleau ne possédait pas les moyens pour lutter contre ce phénomène. Il ne disposait que des lettres de l'alphabet auxquelles, petit à petit, il accorda une sorte de pouvoir magique.» Pierre Chatillon

    par-dessus ton épaule
    la lumière n'avait aucun défaut

    j'aurai tout fait pour m'approcher
    de ta voix
    trouver refuge dans une parole
    qui s'élèverait avec la mienne

    Un recueil intimiste, rempli de nostalgie et d'espoir, qui ponctue vingt-cinq ans d'une vie consacrée à la poésie.

  • Chine, 1934 - Dès son arrivée au port de Guilin, Rose, une jeune Anglaise, se prend d'affection pour XieXie, une servante chinoise au service de son mari. Raymond, que Rose est venue rejoindre, est grandement accaparé par la mine dont il est le directeur. Il voit donc d'un bon oeil la relation qui naît entre les deux femmes.
    Pendant ce temps, la situation politique se dégrade en Chine. Alors que les troupes nationalistes de Tchang Kaï-chek et celles, communistes, de Mao Dsedong s'affrontent, l'arrivée imminente des Japonais crée la panique à Guilin. Les Occidentaux sont obligés de rentrer dans leur pays. Rose et Raymond ne se résigneront toutefois pas à laisser XieXie derrière eux...

    Un roman dépaysant, d'une grande délicatesse, qui nous transporte dans une époque troublante et méconnue de l'occupation coloniale de la Chine.

  • Conjuguant les petites saisons de la journée, les grandes saisons de la vie et les saisons du voyage, ce recueil mêle aux temps perdus ou retrouvés les cycles qui reviennent et s'achèvent, les jours qui déclinent et renaissent, les instants qui meurent ou s'éternisent.

    retour au pays natal
    chaque année son lot
    de nouveaux décès

    cheminée noircie
    y veillait jadis la nuit
    de la cendre rose

  • Rosanna Deerchild se fait ici l'écho de sa mère, qui a vécu neuf ans d'enfer dans les pensionnats autochtones du Manitoba. Elle y a subi de la maltraitance, des humiliations de toutes sortes, de la honte, des sévices physiques au point où même les Blancs, qui ne connaissaient rien de sa réalité, ne la croyaient pas. Après cinquante ans, l'auteure aide sa mama à briser enfin le silence.

    maintenant
    j'ai presque soixante-dix ans

    et tu veux que je
    partage mon histoire
    ok d'abord
    la voici
    ici dans ce qui n'est pas écrit
    ici dans les lignes brisées
    de mon corps qui ne pourra jamais oublier

    Dans une langue coup de poing, simple, directe, et sans fioritures, Rosanna Deerchild nous rappelle ces pages de l'histoire récente des Autochtones qu'on préférerait certainement oublier.

  • Construit comme un haïbun - soit un mélange de prose et de haïku -, ce très joli recueil a été écrit au cours d'une résidence d'écriture au Caeteni Cultural Center, à Vernon, en Colombie-Britannique. Éloignée des siens, l'auteure y traduit sa façon d'appréhender le monde. En fine observatrice, elle capture l'essence des lieux dans les petits détails et les gestes du quotidien.

    J'aurai deux semaines pour apprivoiser l'absence

    valise ouverte
    entre robe et soutien-gorge
    une lettre de toi

  • Yvon Malette choisit ici d'évoquer quelques souvenirs, non pas pour passer à la postérité, ni par nostalgie, mais bien pour faire revivre des époques, celle de son enfance dans un village franco-ontarien, puis celle de sa maturité dans la région d'Ottawa, un parcours mouvementé qui l'a mené à réaliser un rêve un peu fou, risqué à maints égards, soit la fondation d'une maison d'édition en milieu minoritaire.
    Ces deux histoires contiguës, celle de l'auteur et celle des Éditions David, illustrent à merveille cette volonté qui l'a toujours animé, soit de « vivre debout », selon la belle expression de Gilles Vigneault, et de continuer d'affirmer coûte que coûte son identité linguistique et culturelle.
    Entre le risque et le rêve. Une brève histoire des Éditions David, un livre nécessaire qui retrace le parcours d'un Franco-Ontarien fier, frondeur à l'occasion, mais surtout soucieux de réaliser ses rêves malgré les risques et les qu'en dira-t-on.

  • « Je ne voulais pas t'aimer, surtout quand on s'est mariés ; peut-être ne l'avais-je jamais fait comme il le fallait. Être aux côtés de quelqu'un, n'importe qui. Me convaincre que je l'avais choisi. Je me disais que ce serait comme avec tout le monde, qu'on finirait par se lasser, sinon s'égorger pour des motifs dérisoires. J'avais tort, car même nos disputes ne m'ont plus dérangée. Combien de fois ai-je dû me dire que tout était faux et que je ne te voulais plus, pour ne pas penser aux autres. Quand j'ai accouché d'Abby, j'ai subitement cessé de t'en vouloir. Mais toi, tu n'as rien vu. J'en avais mal aux membres, comme si mon attachement pour toi avait décuplé, en simultané. Et dès lors, je n'en ai plus eu pour notre fille. »
    Après avoir fait une entrée remarquée sur la scène littéraire québécoise avec Une irrésistible envie de fuir (David, 2017), Catherine Bellemare récidive avec Le tiers exclu, un deuxième roman tout aussi étonnant. Sur fond de dépendance, de toxicomanie, de troubles mentaux, de quête identitaire et de solitude, des sujets qui lui sont chers, la jeune romancière écorche, d'une manière aussi crue, le thème de la parentalité, du point de vue du père, de la mère et de la fille, Abbygail, qui se retrouve dans une famille qu'elle non plus n'a pas choisie.

  • Altérations des frontières, frontières des altérations offre de superbes analyses des écritures francophones du Canada qui établissent un dialogue entre les aspects géographiques, identitaires et psychologiques des frontières. Le volume met en lumière les lignes de démarcation comme des espaces paradoxaux où les hétérologies du devenir bousculent leurs limites. Les auteurs étudient la plurivalence et la malléabilité des formes frontalières qui ouvrent sur des possibilités nouvelles ou qui confinent la mobilité dans les limites, en apparence imperméables, du même. Qu'elles se penchent sur l'oeuvre de migrants transfrontaliers comme Marguerite Andersen ou qu'elles traversent, dans des perspectives comparatistes, les frontières intérieures et extérieures de la francophonie canadienne, ces explorations d'écritures provenant de l'Ontario, du Québec, du Manitoba et de l'Acadie montrent les frontières comme des défis dynamiques et paradoxaux qui attirent l'attention sur les lignes de faille de notre époque.
    Winfried Siemerling
    Professeur au Département d'English Language and Literature à l'Université de Waterloo et auteur de Discoveries of the Other (1994), de Récits nord-américains d'émergence (2010) et de The Black Atlantic Reconsidered (2015).

    Ce volume comporte les contributions suivantes :
    Frédérique Arroyas, University of Guelph
    Emir Delic, Université Sainte-Anne
    Julie Delorme, Université d'Ottawa
    Isabelle Kirouac Massicotte, Université de Moncton
    Claudia Labrosse, Collège militaire royal du Canada
    Dominique Laporte, Université du Manitoba
    Mathieu Simard, Université d'Ottawa
    Patrick St-Amand, Queen's University
    Julie Tennier, Lakehead University
    Jimmy Thibeault, Université Sainte-Anne

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