Littérature générale

  • A la tête de Médecins sans frontières pendant douze ans, l'auteur dresse le paysage humanitaire international et décrit les rôles et les obligations de chaque acteur. Il parle des enjeux de ces actions, de la récupération par les politiques, du rôle des médias, etc. Pour lui, il est essentiel de savoir suspendre une action humanitaire lorsqu'elle se retourne contre l'objectif attendu.

  • Née avant la Révolution et morte sous la présidence du futur Napoléon III, Juliette Récamier, la Belle des Belles, est la pure incarnation de l'intelligence et du charme féminins. Par sa beauté, son raffinement, son sens de l'amitié, elle sut, tout au long de sa vie, rassembler ce que l'Europe comptait de mérites politiques, artistiques, littéraires et faire de son salon un lieu d'échange d'une qualité inégalée. Riche, avenante, d'une élégance discrète, vouée au blanc, Juliette connaît très tôt la renommée. Mariée à 15 ans, sa relation purement affectueuse avec le banquier Récamier, dont elle apprendra qu'il est son père, fait d'elle une femme célébrée sinon heureuse. Elle règne sur le Paris consulaire mais, sous l'Empire, elle lutte inlassablement en faveur de ses amis opposants au régime, notamment Mme de Staël et Benjamin Constant. Elle ne faiblit jamais et sa fidélité aux proscrits lui vaudra les rigueurs de l'exil. Sous la Restauration et la monarchie de Juillet, son rayonnement s'étend sur la brillante société qui se retrouve chez elle, à l'Abbaye-aux-Bois. Elle encourage la création et favorise l'éclosion de la pépinière Romantique, sous l'égide de Chateaubriand, qu'elle a su s'attacher et avec lequel elle forme, pendant trente ans, un couple éblouissant, légendaire : il la fera entrer dans l'immortalité en lui consacrant des pages inoubliables des Mémoires d'outre-tombe. « Celle qui fut la star de son temps méritait ce livre passionnant et peut-être définitif qui fait revivre toute une époque. » Jean d'Ormesson. Grand prix des lectrices de Elle 1987. Nouvelle édition revue et augmentée.

  • Une introduction à la culture chinoise classique replacée dans son cadre historico-géographique et décrite dans ses aspects les plus originaux : Etat non politique, idéologie confucianiste, vision du monde recomposée à travers le prisme de l'idéographie. L'essai se termine par un questionnement sur l'avenir de la sinité.

  • « Bouba est immobile au centre de la pièce, interdit. Il effectue deux pas en retrait et s'assied sur sa couche. En un mouvement de rage contenue, ses mains réduisent à rien le papier de la missive recommandée. Mêlée à cette rage sèche, une manière de désespoir, qui vient brûler ses lèvres, ses joues, son front. Bouba, en slip sur son lit-couche. Contemplant son habitation-cage. Ses mains continuent de froisser le chiffon de la lettre. Il vit dans une cage, en effet, et lui, peau noire, s'y accorde merveilleusement. Et lui, avec son odeur africaine, en est l'habitant rêvé, choisi. Bouba le Noir sur dix mètres carrés de logement indigne. Quatre murs qui suintent d'humidité pendant six mois de l'année, tandis que l'été, cela devient pareil à un marais : évaporations intenses, chaleurs lourdes, touffeurs malsaines accompagnées de pullulements d'insectes, haleines maladives descendant des étages pour se concentrer en épaisseurs presque palpables. »

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Le 31 juillet 1972, quatre-vingt-douze motos descendent les Champs-Elysées dans un bruit d'enfer. C'est le départ du premier Raid Orion, Paris-Ispahan, organisé par la Guilde Européenne du Raid et le journal Moto-revue. Le lundi 14 août, soixante-dix-neuf motos arrivaient à Ispahan. Le Raid était fini. Pourtant, onze motos ont continué sur Kaboul, quatre sont allées jusqu'à Rawalpindi. Quand octobre est arrivé, tout le monde était rentré, à l'exception de trois motos, qui continuaient à se promener en Cappadoce. Quand je suis revenue à Paris, le vendredi 13 octobre, sur ma 750 Guzzi (trois cents kilos, avec les bagages), le monde était devenu immense, et moi, j'étais toute petite (sans parler des cinq kilos que j'avais perdus). Je n'essaie pas de raconter le Raid Orion, ni de faire le trente-troisième guide touristique des pays que j'ai traversés. Ce n'est pas un livre de moto non plus : j'ai fait vingt mille kilomètres, à peu près, mais je conduis toujours aussi mal. Je voudrais simplement vous faire sentir ce que j'ai senti, et vous faire vivre ce que j'ai vécu. Pourquoi ? Parce que, pendant les deux mois et demi qu'a duré mon voyage, je n'ai pas connu une seule seconde d'indifférence, ni d'ennui. Et ça, c'est important.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Ce roman est celui d'une certaine jeunesse sans idéal précis, située entre ce qu'on a appelé les Tricheurs de 1957 et les Yéyés de 1961. Le personnage central, à la quête de lui-même, gravite dans un monde factice de surboums, de voyages en auto-stop, de drogues. Un instant, il met ses espoirs dans le travail physique et la contemplation de la nature. Mais il est bientôt repris par les autres, les Types, en qui il croit pouvoir trouver une solution. Hélas, tous les éléments (le jazz, la drogue, la moto, les discussions de cafés) par lesquels il peut communiquer avec eux, se révèlent décevants. Il part finalement pour les États-Unis, source réelle de tous ces éléments, où il pense découvrir une signification à son existence. Un roman très attachant, à la fois par son laisser-aller, symbole d'une certaine paresse à vivre, et par l'acidité de la vision, qui dénote une intelligence des plus vives.

  • Alain Chauvigné, photographe, est l'amant désinvolte de Coralie Past, mannequin. Il s'éprend d'une autre Coralie, femme d'un metteur en scène, Joris Bollet. Des reportages dans des régions troublées vont éloigner Alain de ses deux Coralie, tour à tour. L'une d'elles, pourtant, sera à la fin exclusivement préférée à l'autre... Cette histoire pourrait sans doute se résumer autrement car l'intérêt du livre se trouve ailleurs que dans les aventures d'Alain Chauvigné... L'auteur nous donne ici la peinture exacte, ironique de la vie - souvent nocturne - de certains milieux parisiens du journalisme et du cinéma. À travers la légèreté, l'inconsistance tragique de ses jeunes personnages, il dénonce, comme en passant, la disponibilité morale et affective des possibles « héros de notre temps ».

  • Ce roman est l'histoire de trois enfants déchirés, dans leur conscience, leur coeur leur chair, par le divorce de leurs parents ; livrés à eux-mêmes dans une insécurité affective et matérielle. À travers la simplicité tragique du quotidien, c'est la recherche tâtonnante, la progression de chaque enfant vers son devenir. Marthe, l'aînée, est la plus dure : c'est qu'elle n'a déjà plus de véritable autonomie ; elle fait partie du troupeau. Solange, la petite, est la plus fantasque : sans point d'appui, sans ancrage dans le réel, elle bascule de l'autre côté. Entre ces deux éléments opposés, Bernard ne trouve aucun refuge ; il en cherche donc un à l'extérieur. Sans plus de succès puisque son ami le vieux Guillou, conteur de rêves, barbote lui-même dans une immaturité noyée d'alcool. Avec une grande sûreté, l'auteur reconstitue ici l'intelligence, la sensibilité, les modes d'interprétation et d'expression, les propriétés particulières du langage, de la pensée, de la vision, chez des enfants d'âges différents. « La Part du frère », c'est l'enfance recréée.

  • L'histoire se passe dans une vaste demeure du Cotentin, à Château-Crêpe, où Véronique est venue passer les fêtes de Noël auprès de sa mère, Talou. Véronique retrouve là sa cousine, Élisabeth, ainsi que Vincent, son ancien amant, et Wenceslas, un jeune Polonais. Une suite d'événements troublants - auxquels Camille, la nouvelle bonne, n'est peut-être pas étrangère - va jeter l'angoisse dans le coeur de Véronique. Quelque chose, dirait-on, menace Château-Crêpe et ses trésors, dont une admirable collection de montres anciennes. Véronique n'a pas tort de craindre, car quelqu'un, dans l'ombre, convoite les richesses de Talou. Et le drame finit par surgir, sous une forme inattendue, bouleversant tout un chacun, et même l'ancêtre Déodat dont le portrait constituait jusque-là un des plus beaux fleurons de Château-Crêpe. L'OEIL DE DÉODAT, c'est une fête, mais traversée de cruels moments de suspense ; c'est un monde sensuel, peuplé d'êtres beaux et d'objets précieux, mais sous cette aimable grâce se cachent on ne sait quels maléfices ; c'est un roman plein de délices, mais qui débouche sur le pire.

  • "Il y a la mer et les copeaux de sel arrachés par le vent gris, le port et les chalutiers, le dessin spongieux des marais, les chevaux aux yeux de bruine qui hument le ciel et s'appellent comme des cornes de brume... Il y a l'hôpital - les gens disent l'asile -, les pensionnaires malades de la mémoire, leurs cures de sommeil, leurs rêves amorphes et globuleux... Il y a le docteur et son regard de quartz, le vieux garde ou le moniteur, les fermiers avec leurs fourches, et les filets qui sèchent au gibet du ciel... Il y a cette chambre qui vous fait une pensée carrée autour de la tête, sa porte qui la transforme en coffre-fort à l'épreuve de la vie, la solitude qui palpe les murs et les objets qui ont des visages... Il y a cette impression d'être soi-même par lambeaux, ces souvenirs qu'on ne reconnaît plus et ces malaises qui peuvent interrompre le temps... Il y a cette petite écolière qui crie, se débat et se déchire et le corps de la jeune infirmière en bas des falaises causées... Je touche ma tempe droite. Un jour, j'ai fait éclater le soleil dans ma tête. Il a tout détruit, sauf le silence." J.-F.F.

  • "Le soleil ni la mort, assure-t-on, ne peuvent se regarder fixement. Il était venu affronter l'un et l'autre. Sans doute aussi misait-il sur Dieu sait quelle connivence entre la mort et le soleil. En cherchant la complicité de celui-ci, ne pourrait-il endormir l'attention de l'autre ? Soixante jours, ce n'est pas la mer à boire." Ainsi commence « Soixante soleils ». Le dernier roman de Frédéric Grendel est pour l'essentiel la méditation d'un homme devant la mort. L'auteur aborde ce sujet redoutable avec les moyens qui sont les siens, et qui sont aussi, dans une autre mesure, ceux de son personnage, savoir l'approche poétique, le jeu de la mémoire, et une certaine familiarité avec ce que l'on appelle, pour simplifier, l'invisible.

  • La mouscaille, vous connaissez ? C'est la « malchance » en majuscules, la mouise en décomposition. Ceux qui y sont englués sont faits comme des rats. On en a d'abord jusqu'aux rotules. Bientôt les oreilles sont atteintes. Lorsque sa masse mouvante en frôle le lobe, la plongée est proche. À cause des vagues. Les cris de haine vomis par ceux qui vont périr étouffés n'ont alors aucune signification, aucune prise sur une société qui s'en fout. La mouscaille déguenille ceux qui lui résistent, écrase les minables, étrangle ceux qui tentent de se rebiffer. Comment échapper à cette pieuvre quand votre berceau n'eut pour assise que les parois d'un caniveau et pour seule chaleur les larmes d'une mère emportée à vingt ans ? La route de l'échafaud n'a souvent pour origine que l'une de ces deux calamités. J'ai, comme beaucoup, lutté pour sortir de cette merdaille. Du moins je l'ai cru. Je n'ai fait que m'y envaser. Comment émerger, en effet, quand un pantin déguisé en juge vous balanstique vous encanailler jusqu'à vingt et un ans dans ces maisons dites de « redressement », plus immondes les unes que les autres ! J'en parle en connaisseur, les ayant toutes essayées pour finir dans cette abominable Centrale pour enfants dont le seul blase me donne envie d'aller au refile. Ma parfaite connaissance du sujet ne s'arrête pas là : à dix-huit ans j'avais bouclé mon tour de France en panier à salade. C'est tout dire quand on sait que ce mode de locomotion est réservé aux bagnards. Auréolé de tant de gloire, ça n'a pas traîné : à l'aube d'un matin froid et sale la conclusion s'imposait d'elle-même. J.-G.L.D.

  • Une valise en fer-blanc suit dans ses pérégrinations le narrateur prodigieux des « Ratés de la diaspora », roman qui révéla, en 1969, Lucien Elia. Mais ce n'est plus la chronique d'une famille juive d'Orient qui nous est ici contée. Lucien Elia nous fait assister aux aventures de Jehu dans un pays qui pourrait être la France des années soixante : chômage, aventures sentimentales multiples et sans lendemain qui ne feront qu'accroître la solitude et le désarroi du jeune homme. Celui-ci, après un séjour mélancolique dans sa famille, décidera de s'envoler vers sa dernière espérance, vers la Terre Promise : Israël. Sa déception sera immense, car Israël se présentera à lui, non pas comme le royaume de Dieu ici-bas, mais, au contraire, comme le royaume d'une nouvelle errance, encore plus désespérée, parmi un peuple hargneux, belliqueux et paperassier. Dans ce livre d'une inspiration constante et véhémente, Lucien Elia fait participer son lecteur à une symbolique foisonnante des êtres et des choses. À travers ces pages hallucinées où se mêlent sarcasme, humour et épopée (une épopée à la fois loqueteuse et magique), on assiste en définitive à la naissance d'un nouvel art baroque.

  • Plutôt que l'histoire d'une permission au bord de l'eau, davantage que la vie d'un appelé au temps de la guerre d'Algérie, « Frédéric hors les murs » est vraisemblablement un roman topographique, un jeu d'orientation. Toute action, jadis, qu'elle fût civile ou militaire, amoureuse ou guerrière, s'accompagnait d'un siège. Qu'il s'agît de découvrir une île, de se concilier une femme, d'emporter une place, d'établir son camp ou de fonder la cité, il fallait, très cérémonieusement et très exactement, faire le tour de l'objet promis à la violence. Dans ce récit on suit une démarche inverse. L'homme commence par s'enfermer en soi-même et, ainsi protégé, il pallie les ravages de l'inaction en portant le siège, très cérémonieusement et très exactement, à des places imaginaires. Il se pourrait que, chassé de ces prisons successives par les circonstances extérieures, il fût poussé à vivre. C'est toute la grâce qu'on lui souhaite.

  • Raoul Follereau qui a fait, en quarante ans, trente-deux fois le tour du monde, pour porter aux lépreux secours, espoir, amour, fustige durement, mais sans haine, ceux qui disent : "Moi, je ne m'occupe pas des autres ou :" Moi, je paie : par conséquent...". Il met en accusation ce qu'il appelle la civilisation des feux rouges :" Pas le temps d'aimer. " Et, dénonçant l'atroce misère qui écrase les deux tiers de l'humanité, il s'écrie : "Caïn, c'est toi. Caïn, c'est moi." Ce livre sensible, ironique parfois, douloureux souvent, fait suite à "Si le Christ demain frappe à votre porte" qu'il publia en 1954 et fut traduit en dix langues. Il en est à la fois le prolongement et le complément, adapté aux heures incohérentes et tragiques que nous vivons. "S'aimer ou disparaître", dit Raoul Follereau, "il faut choisir. Tout de suite. Et pour toujours." Mais l'auteur de "La seule vérité, c'est de s'aimer" ne renie pas son idéal. Le message à la jeunesse du monde qui termine et couronne cet étrange et passionnant petit livre en est le témoignage : « Devenez quelqu'un pour faire quelque chose. Le monde va, se déshumanisant : "Soyez des hommes" ».

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