Écosociété

  • L'idée d'instaurer un revenu de base peut séduire au premier abord. Défendu à la fois par la gauche et la droite, le concept est cependant si élastique qu'il en est venu à chapeauter toutes sortes de propositions, parfois contradictoires. Allocation universelle, revenu minimum garanti, impôt négatif, dotation inconditionnelle d'autonomie: que se cache-t-il derrière ces diverses appellations? Force est d'admettre que, selon qui s'en fait le promoteur, une telle mesure peut se révéler aussi bien une politique émancipatrice qu'un cheval de Troie néolibéral, une voie de sortie du capitalisme qu'un piège pour nous y retenir. Comment s'y retrouver?Cherchant à démystifier ce type de politique publique, Ambre Fourrier explore les questions que soulève la mise en place d'un «revenu» qui, selon une définition générique, serait «distribué à tous les membres d'une communauté politique, sur une base individuelle, sans contrôle de ressources ni exigence de contreparties». Analysant les fondements idéologiques et les implications politiques de chaque option, l'auteure démontre que nous avons bien affaire à plusieurs modèles de revenu de base, qui diffèrent autant par le montant alloué que par l'étendue de leur programme. Comme quoi une idée simple en apparence peut rapidement se transformer en une multitude de possibilités.Au moment où les propositions de revenu de base se multiplient dans l'ensemble du spectre politique, voilà un ouvrage qui nous permet d'y voir plus clair et de comprendre ce que nous aurions à perdre ou à gagner avec chacune des modalités retenues. Pour Ambre Fourrier, il est essentiel de faire du revenu de base une question politique qui transcende ses seules dimensions techniques ou économiques.

  • Considéré l'une des plus importantes figures intellectuelles du XXe siècle, Bertrand Russell a écrit sur de nombreux sujets, parmi lesquels l'éducation occupe une place de choix. Dans cette anthologie, la première du genre en français, Normand Baillargeon et Chantal Santerre ont réuni 18 textes qui présentent les principaux aspects de la vision de l'éducation développée par Russell et son rôle central pour toute société démocratique. Pour Russell, nous devrions éduquer les enfants afin de leur donner le savoir et les habitudes d'esprit nécessaires à la formation d'une opinion indépendante. Favoriser l'esprit de liberté, en respectant la personnalité de l'enfant et en stimulant «l'amour de la pensée aventureuse».
    Qu'il soit question des finalités de l'éducation, du curriculum, de rôle de l'université ou encore des liens de l'éducation avec le politique ou la pensée critique, les écrits rassemblés dans ce recueil reflètent la grande cohérence des idées défendues par le célèbre mathématicien et philosophe anglais. Des décennies plus tard, il est frappant de découvrir la grande pertinence et l'actualité de ses réflexions, que ce soit concernant les pratiques éducatives, la formation de la personnalité des jeunes enfants, l'éducation intellectuelle, la délicate question de la discipline et de l'autorité, la compétition, l'éducation à la sexualité ou encore les rapports entre éducation et économie.
    Écrits sur l'éducation intéressera autant philosophes et pédagogues, qui pourront prendre la mesure de l'intérêt de Russell pour l'éducation et de son action dans ce domaine, que les personnes simplement intéressées par les nombreux et passionnés débats à ce sujet.

  • Lorsque nos infrastructures se détériorent, que les prestations sociales sont gelées, que nos conditions d'existence se précarisent, c'est à cause des paradis fiscaux. Source d'inégalités croissantes et de pertes fiscales colossales, le recours aux paradis fiscaux par les grandes entreprises et particuliers fortunés explique les politiques d'austérité. Qui plus est, les États ont légalisé des stratagèmes offshore qui contreviennent au principe même du fisc. En cinq chapitres d'une redoutable efficacité, Alain Deneault soulève la question politique de cette escroquerie légalisée. Comment définir les législations de complaisance, quelles sont les conséquences dramatiques de cette spoliation et comment contrer la souveraineté privée ainsi conférée aux puissants? Il est urgent de mettre fin à cette architecture insensée par laquelle les contribuables financent non seulement les services publics dont les entreprises profitent, mais aussi les banques via le service de la dette, le tout en s'appauvrissant.

    Cet essai, d'abord publié au Québec, a été entièrement adapté au contexte européen avec la collaboration de Lucie Watrinet.

  • S' il a jadis fallu l'énergie des esclaves pour labourer la terre, vêtir les empereurs et construire les villes, celle-ci a été remplacée par les énergies fossiles et le moteur à combustion. Les succès du mouvement abolitionniste au XIXe siècle sont d'ailleurs en partie attribuables à deux formidables alliés invisibles: ces «esclaves inanimés» que sont le charbon et le pétrole.

    Mais si naguère il n'y avait que les maîtres qui dépendaient de leurs esclaves, nos sociétés dépendent aujourd'hui plus que jamais de l'or noir. Pour Andrew Nikiforuk, nous sommes en ce sens entrés dans une nouvelle ère de servitude dont il est urgent de se libérer. Nos modes de vie extravagants reposent sur l'accès à une énergie abordable, alors que nos «carburants esclaves» se raréfient et deviennent ainsi de plus en plus dispendieux, sans parler de l'impact écologique qui résulte de leur exploitation intensive. D'une certaine manière, nous agissons comme les propriétaires d'esclaves d'autrefois dans notre manière d'utiliser l'énergie, les ressources. Qu'adviendra-t-il lorsque celles-ci s'épuiseront? Selon l'auteur, nous avons besoin d'un mouvement radical d'émancipation qui sache relever notre défi commun le plus pressant: apprendre à utiliser l'énergie et les ressources dans les limites de la planète et à une échelle véritablement humaine.

    Dressant des parallèles avec certaines civilisations qui ont bâti leur puissance sur l'esclavage à travers l'histoire, Nikiforuk appelle à revoir notre rapport à l'énergie. Montrant que nous n'avons toujours pas appris à utiliser intelligemment celle que nous générons - que ce soit par des muscles humains, des turbines actionnées à la vapeur ou des particules d'atomes -, Nikiforuk nous invite à opérer une véritable révolution conceptuelle.

  • Cet essai est né d'une expérience vécue. Il ne prend pas pour autant la forme d'un témoignage. Il ne s'agit pas non plus de rouvrir, par les voies détournées de l'écriture, deux procès que des règlements hors cour auraient laissé inachevés. Si l'affaire Noir Canada mérite d'être soumise à l'analyse, c'est en tant qu'elle est symptomatique de la violence sociale qui s'exerce par le dispositif judiciaire et qu'elle nous donne à voir, sous une forme paradigmatique, le rôle stratégique joué par le droit dans la cartographie contemporaine des rapports de pouvoir et de domination. Elle fonde ici la genèse d'une réflexion sur les perversions et les torsions d'un droit organisant la suspension de la justice au service des fins les moins irréprochables, d'un droit de la sortie du droit, d'un droit du plus fort.

  • Droit à l'alimentation, droit au logement, droit à l'eau. Dans les dernières décennies, la défense de droits collectifs semble s'être imposée dans le cadre des luttes sociales. Or, nous dit Brewster Kneen, le paradigme des droits est devenu si dominant dans le débat social et politique occidental qu'il s'apparente à une tyrannie. L'hégémonie du discours des droits est telle qu'il menace jusqu'à la capacité de nos sociétés à concevoir des interventions publiques efficaces en faveur de la justice sociale et du bien commun. La reconnaissance de droits sociaux dispense généralement les décideurs d'intervenir pour remédier à l'injustice et prend davantage une valeur incantatoire. La cause de cette impuissance réside en partie dans le mariage de la philosophie des droits avec l'individualisme et le libéralisme économique. Ériger un objectif en un droit, c'est le réduire à une revendication individuelle. Passant en revue toute une série de droits, l'auteur démontre que cela a pour effet de miner la solidarité sociale dans la poursuite de cet objectif. Remettant en question le prétendu universalisme des droits de la personne, Kneen cite plusieurs exemples de sociétés « non occidentales » où la notion même de droit individuel est absente, au profit d'un langage de la responsabilité à l'égard d'autrui. S'y élaborent des solutions collectives locales qui ont des chances d'apporter des remèdes concrets aux maux sociaux, ce qu'une société d'individus retranchés derrière leurs droits individuels et de propriété se révèle de plus en plus impuissante à accomplir. TdM : 1. La genèse des droits 2. L'individualisme des droits 3. L'avènement des droits comme discours dominant 4. L'imposture universaliste 5. Droits : le naturel et le divin 6. Les droits et l'Etat 7. Le droit de propriété : droits humains et droits des sociétés 8. Les droits relatifs à la propriété et le droit de propriété 9. Le droit à l'alimentation et l'assiette vide 10. Les droits des agriculteurs et les droits des sélectionneurs 11. Les droits fonciers 12. Les droits et les ressources : de la création à la commercialisation 13. Le droit à l'eau 14. Les droits de la nature : plantes, animaux, poissons 15. Chacun pour soi : les droits de l'intellect 16. Le droit de mourir comme on veut 17. Le droit d'ingérence 18. Où est-ce que ça va finir ?

  • L'histoire, hélas, est typique: un huissier sonne à votre porte; la gifle vous est assenée par personne interposée. Des intérêts privés vous réclament des milliers, voire des millions de dollars, en général sous prétexte de diffamation. Votre crime est d'avoir parlé, dénoncé, agi sur la place publique. Vous voilà victime d'une «poursuite stratégique contre la mobilisation publique», communément appelée SLAPP (Strategic Lawsuit Against Public Participation).

    Premier essai à décortiquer cette grave menace pour la liberté d'expression et la démocratie, ce guide de survie anti-SLAPP, nous initie à ce concept pernicieux, symptomatique d'une justice profondément inéquitable. Phénomène contemporain d'intimidation judiciaire, la SLAPP désigne un recours abusif aux tribunaux afin de faire taire les oppositions sociales et politiques par des poursuites aux montants faramineux.

  • Derrière cette globalisation «incontournable», aujourd'hui financiarisée et virtualisée, se cache toute la question du rapport entre l'économique et le politique. Pourquoi cette suprématie de l'économie? Comment, à travers la genèse du capitalisme, comprendre les sources de l'aveuglement néolibéral?

    Associant les perspectives herméneutiques de l'histoire, de l'économie, de la sociologie et de la philosophie, Michel Freitag met en lumière les développements du capitalisme, réactualisant au passage le terme grec d'oikonomia - une économie centrée le cadre privé - en l'opposant à celui de chrématistique, «l'art» individualiste de faire de l'argent par l'accumulation de richesses. Dans cette lente évolution, la chrématistique généralisée a fini par supplanter l'oikonomia traditionnelle.

    "L'impasse de la globalisation" nous propose une réflexion critique sur les formes que devrait prendre un réaménagement postcapitaliste des conditions de vie sur Terre. Il s'agit de se ressaisir de notre capacité politique et de s'en servir : revenir à une autonomisation du politique qui s'inscrirait dans un véritable ordre oikonomique mondial; retrouver l'âme de l'humanité en accordant une place de choix aux civilisations.

  • On entend souvent dire avec cynisme que «l'argent mène le monde». Mais l'argent n'est pas le seul pouvoir économique et le présent livre porte sur un pouvoir qui est à la portée de tous: celui de contribuer par ses choix de consommation au développement d'une économie responsable.Désireuse de partager les résultats de plusieurs années de recherches et de travail sur le terrain, Laure Waridel décortique dans cet ouvrage les rouages commerciaux qui contribuent à accroître les inégalités entre producteurs des pays du Sud et consommateurs des pays du Nord.Laure Waridel analyse en particulier le cas du café, retraçant sa route, de la plantation à la tasse. Elle en présente les principaux intermédiaires et explique les impacts sociaux et environnementaux des choix de consommation que l'on fait.Puis, elle rapporte l'expérience de la coopérative de café UCIRI, située dans le sud du Mexique, qui fut l'une des premières organisations paysannes à exporter du café équitable et biologique en Europe. À travers son émouvant témoignage, l'auteure raconte l'histoire de cette petite communauté autochtone fière, tenace et courageuse, dont elle a partagé le quotidien, les espoirs et les difficultés. Une histoire édifiante qui décrit l'importance mais aussi les limites du commerce équitable et montre la nécessité d'instaurer un système économique mondial au service des populations plutôt que des multinationales. Ce livre est un appel à l'action!

  • Quoi qu'en disent les adeptes du développement durable, les substituts aux énergies fossiles abondantes et bon marché n'existent pas. Aucune source d'énergie alternative ne pourra offrir un rendement aussi élevé que les énergies fossiles. Puisqu'ils refusent d'intégrer cette réalité, les modèles économiques dominants ne savent pas comment appréhender l'après-pétrole, et les habitants des sociétés industrielles sont incapables de se préparer aux profondes mutations qui les attendent.

    Plongeant aux fondements de la pensée économique depuis Adam Smith, "La fin de l'abondance" montre que l'actuelle orthodoxie néoclassique fait fausse route en traitant la Terre et ses ressources comme des facteurs de production inépuisables, ce qu'elles ne sont pas.
    Avec les énergies alternatives dites "diffuses", l'humain pourra par exemple réchauffer l'eau du bain, mais il ne pourra faire tourner les gigantesques turbines électrogènes qu'exige notre société de transformation industrielle, de consommation, de déplacements gigantesques et d'information électronique.

    Au fond, écrit Greer, l'ère industrielle tout entière, fondée sur les sources d'énergies concentrées et accessibles, aura peut-être représenté la plus grande bulle spéculative de l'histoire.

    Traçant du monde de demain un portrait qui évoque explicitement le tiers-monde, John Michael Greer plaide en faveur des technologies intermédiaires chères à E.F. Schumacher ("Small is Beautiful"), de changements politiques propres à adoucir la transition... et d'une bonne dose de stoïcisme.

  • Dans un contexte où la spéculation immobilière triomphe, où le droit au logement est sans cesse bafoué et l'accès à la terre de plus en plus difficile, la solution pourrait-elle nous venir des États-Unis sous la forme de ce qu'on appelle là-bas et en Europe les «Community Land Trusts» ? Puisant leurs racines dans la tradition autochtone et la pratique ancestrale des terres communales («commons») de la Nouvelle-Angleterre, les fiducies foncières communautaires (FFC) visent à développer un mode de propriété qui protège la terre au bénéfice de ceux et de celles qui y vivent et qui l'exploitent, et non pas de ceux et de celles qui l'acquièrent dans le seul but de s'enrichir.

    Les textes regroupés dans le «Manuel d'antispéculation immobilière» définissent le modèle des FFC et fournissent des outils pour mettre en branle ce type d'initiatives qui allient propriété collective de la terre et propriété individuelle du patrimoine bâti, tout en favorisant la mise en commun des gains résultant de l'effort collectif. L'ouvrage est bonifié par un aperçu de ce qui se fait à l'heure actuelle en Belgique et en France.

    En mettant l'accent sur la conservation de la nature, le respect de la terre et le développement communautaire, en proposant des prix abordables pour se loger et en protégeant la propriété contre la spéculation immobilière pour les générations à venir, le modèle des FFC est appelé à jouer un rôle grandissant dans les prochaines décennies.

    Le «Manuel d'antispéculation immobilière» risque de s'imposer rapidement comme un ouvrage de référence, et les FFC de constituer un antidote à la logique spéculative qui gangrène les marchés immobiliers et fonciers traditionnels.

  • Le Canada est un acteur central dans le processus d'offshorisation du monde. Dans cet essai choc, Alain Deneault démontre avec brio comment le pays a largement contribué à créer les paradis fiscaux des Caraïbes à partir des années 1950 et favorise aujourd'hui de mille manières les détenteurs de fortune et les entreprises cherchant à contourner son système fiscal et ses lois. Sous l'impulsion de personnalités politiques, de banquiers et de juristes canadiens, ces États se sont convertis en «législations de complaisance» qui comptent aujourd'hui parmi les plus redoutables du monde.

    Un ancien ministre des Finances du Canada a développé le modèle offshore des Bahamas. Un avocat de Calgary, ancien bonze du Parti conservateur, a structuré aux Îles Caïmans les lois consacrant le secret bancaire. Le gouvernement fédéral a fait de la Barbade le havre fiscal de prédilection des entreprises canadiennes et a signé un accord de libre-échange avec le Panama, repaire mondial des narcotrafiquants. Aujourd'hui, le Canada partage même son siège dans les instances de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international avec un collectif de paradis fiscaux de la Caraïbe britannique.

    Mais le Canada, prisonnier de la logique qu'il a contribué à mettre en place, en est venu à adapter sa propre législation au jeu de la concurrence offshore, du Québec à Toronto en passant par la Nouvelle-Écosse, le tout au détriment du bien public... Ce livre porte sur ces dérives qui, de la fin du XIXe siècle à aujourd'hui, font structurellement du Canada un paradis fiscal.

    ** Cet ouvrage aborde une question importante et très actuelle, celle de la concurrence que se livrent les États sur le plan de la fiscalité pour séduire le capital et privilégier certaines industries. Ce faisant, ils imposent au reste de la société des coûts dont on ne mesure pas l'ampleur.

    - Allison Christians, professeur de droit fiscal, Faculté de droit, Université McGill ** L'ouvrage décrypte avec rigueur les mécanismes qui ont conduit le Canada à adopter des « législations de complaisance » qui ne sont rien d'autres que des outils juridiques criminogènes permettant à leurs utilisateurs de contourner les obligations et régles qui fondent les États de droit. Il fallait pour l'écrire le talent et le courage d'Alain Deneault.

    - Chantal Cutajar, directrice du GRASCO (Université de Strasbourg) et du Collège européen des investigations financières (CEIFAC)

  • La crise économique de 2008 a suscité un «renouveau» du discours critique sur le capitalisme. Mais pour les auteur-e-s de «La tyrannie de la valeur», cela n'a pas pour autant donné lieu à un approfondissement de la théorie critique, si bien que la crise actuelle du capitalisme s'accompagne d'une «crise de l'anticapitalisme», prenant la forme d'une carence théorique.

    L'essentiel de ce discours critique, comme celui des mouvements de type «Occupy», demeure superficiel en se limitant à une approche subjectiviste dénonçant l'élite du «1%» et des «vilains» banquiers. Le grand mérite du courant dit de la «critique de la valeur» («Wertkritik») est d'effectuer un retour au texte de Marx afin d'en dégager une critique substantielle et de retrouver, par-delà le Marx économiciste et subjectiviste, le Marx philosophe et sociologue. Le capitalisme est ainsi abordé comme un «fait social total», et de sa critique ressort la nécessité d'instituer d'autres formes de médiations sociales et d'autres institutions que celles qui consolident la domination fétichiste du travail, de la marchandise, de la valeur sur la vie, la société, la nature. Le sujet du capital n'est dès lors plus identifié à la bourgeoisie ou au prolétariat eux-mêmes, mais plutôt au processus de valorisation capitaliste que bourgeois et prolétaires entretiennent mutuellement, sans toutefois en tirer les mêmes avantages.

    La tâche prioritaire de la théorie critique est donc double: d'abord comprendre de manière critique les médiations fétichisées du capitalisme, puis penser ce que pourraient être des médiations non aliénés. C'est à ce projet que «La tyrannie de la valeur» entend contribuer afin d'approfondir et de renouveler le discours de la théorie critique.

    Avec des textes d'Yves-Marie Abraham, Marie-Pierre Boucher, Pierre Dardot, Jean-François Filion, Franck Fischbach, Anselm Jappe, Gilles Labelle, Eric Martin, Louis Marion, Jacques Mascotto et Maxime Ouellet.

  • La récente crise financière mondiale a ranimé un ensemble de débats sur le capitalisme et ses ravages. Depuis le sauvetage éhonté des institutions bancaires par les pouvoirs publics, de nombreux citoyens se demandent quelles sont les véritables finalités de ce modèle économique. Continuer à enrichir les plus riches et laisser les inégalités sociales se creuser davantage? Un peu partout en Occident, des foules en colère ont plutôt opté pour l'indignation.

    Par-dessus le marché! s'inscrit dans ce mouvement collectif de réflexion critique. Issus en partie des mobilisations ayant précédé le sommet du G20 à Toronto, en 2010, les textes de ce recueil décryptent les multiples facettes des rapports socioéconomiques de domination et d'exploitation. Ils traitent de sujets aussi variés que le mouvement Occupy et la question des classes sociales, le rôle économique de l'État d'un point de vue anarchiste ou la logique capitaliste voilée de la poésie slam.

    Des questions d'hier et d'aujourd'hui pour mieux cerner la réalité sociale et, ultimement, la transformer. Comme l'écrit Francis Dupuis-Déri, « les systèmes de domination actuels ne peuvent pas être éternels ».

  • Problèmes environnementaux, écart grandissant entre les riches et les pauvres, stress et sentiment de vide provoqués par le tourbillon du productivisme et du consumérisme, dépolitisation des citoyens : voilà autant de symptômes d'un monde en crise. Face à cela, néolibéraux et progressistes n'ont généralement que la croissance économique à offrir comme remède.
    Au risque de se répéter : une croissance économique infinie sur une planète aux limites finies est-elle possible? Pour faire face aux défis qui sont les nôtres, c'est plutôt d'un changement de paradigme dont nous avons besoin. Ce que proposent justement les idées de la décroissance.
    "Objecteurs de croissance" dresse un état des lieux sur la décroissance et sur ses rapports avec la simplicité volontaire. Pour rompre avec la croissance, ne faudrait-il pas déconstruire certains mythes comme ceux du développement durable ou de la peur de la rareté comme constante de l'histoire humaine? D'après les auteurs, la voie de la décroissance permettrait d'accéder à une société plus solidaire et plus démocratique.

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