FeniXX réédition numérique (Ledrappier)

  • 5 juillet 1964. À sept heures du matin, sur la R.N. 7, entre Puget-sur-Argens et Fréjus, Jean-Claude Saint-Aubin, 23 ans, s'écrase avec sa voiture contre un arbre. Plusieurs témoins assurent avoir vu le drame. La gendarmerie dresse un constat. Un terrible mais banal accident de la route ; le dossier semble clos. Quinze jours plus tard, Andrée Saint-Aubin apprend qu'un autre témoin a une version toute différente de l'accident. Cet homme, un harki du nom de Mohamed Moualkia, affirme qu'une camionnette militaire, suivie d'une 203 noire, a provoqué le choc. Seul Moualkia a en fait vu le drame. Les autres ont menti et le rapport des gendarmes est un « faux ». L'affaire commence. Les barbouzes gaullistes auraient-ils confondu Jean-Claude avec un haut chef de l'O.A.S. qui empruntait aussi cette route à la même heure ? Andrée Saint-Aubin veut désormais savoir. Pendant vingt ans, elle cherchera désespérément cette vérité qu'on lui refuse. Au fur et à mesure de son enquête, les pièces essentielles du dossier, celles de la gendarmerie et de la magistrature, disparaissent comme par hasard. C'est le récit bouleversant de ces recherches qu'Andrée Saint-Aubin nous livre aujourd'hui. Un long plaidoyer, particulièrement convaincant, face à une justice peu curieuse, inhumaine, qui courbe trop souvent l'échine devant la raison d'État ! Longtemps, très longtemps, les juges refuseront d'entendre Moualkia, de le confronter aux autres témoins. Le brave harki, qui préférait « disparaître plutôt que de mentir » mourra asphyxié dans son lit en novembre 1984. La télévision devait l'interviewer le lendemain... Pascal Krop (L'Événement du Jeudi).

empty