Presses de Sciences Po

  • L'économie est omniprésente dans le débat public et les économistes ont un sentiment de légitimité et une autorité sans commune mesure avec leurs collègues des autres sciences sociales ; ils sont davantage persuadés que leurs travaux peuvent résoudre les grands problèmes du monde. L'économie est aussi la science sociale la moins féminisée de toutes.
    « Je suis une économiste féministe » affirme Hélène Périvier. Pour lever le voile sur l'apparente neutralité des concepts et des analyses de la science économique. Pour défendre l'égalité des sexes et se doter, grâce à la rigueur de la recherche scientifique, des savoirs et des outils économiques qui permettent d'y parvenir.

    Hélène Périvier est économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE-Sciences Po). Elle est responsable du programme PRESAGE- Programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre.

  • La feuille de paie et le caddie Nouv.

    Quel est l'impact de la mondialisation sur l'emploi, les salaires et le pouvoir d'achat ? Alors que la pandémie de Covid-19 a vu la critique de la mondialisation s'exacerber, que savent les économistes à ce sujet ?

    En proposant une instruction à charge et à décharge de l'économie mondialisée sur le plan social, Lionel Fontagné analyse les deux faces de la mondialisation incarnées par le caddie et la feuille de paie. Ensemble ils déterminent, in fine, s'il y a gain ou perte de pouvoir d'achat.

    Professeur à l'université Panthéon-Sorbonne et chaire associée à l'École d'économie de Paris, membre du Cercle des économistes, Lionel Fontagné a dirigé le Centre d'études prospectives et d'informations internationale.

  • Comment juge-t-on les adolescents ? Arthur Vuattoux a mené l'enquête auprès de deux tribunaux, dans plus de 300 dossiers d'affaires. Son verdict est sans appel : les normes de genre orientent profondément la façon dont la justice appréhende les conduites déviantes à cet âge. Ce traitement différencié dépasse le sexe, il concerne la race, l'âge, la classe sociale. Il tourne à la discrimination institutionnelle systématique pour une catégorie d'adolescente : les « jeunes filles roumaines ».

    Arthur Vuattoux est maître de conférences Université Sorbonne-Paris-Nord.

  • A la fin du XIXe siècle, l'idée d'une intervention légale pour fixer un seuil minimal de salaire et réduire les inégalités s'impose dans le débat public au sein des pays industrialisés. Alors que nous disposons de plus d'un siècle de travaux consacrés au salaire minimum, aujourd'hui encore, la question de ses effets sur l'emploi paraît toujours un sujet clivant.
    Si, selon les situations, le salaire minimum peut avoir un effet négatif, nul ou positif sur l'emploi, les résultats empiriques présentés ici permettent de trancher les débats et de penser le bon usage du salaire minimum dans les sociétés postindustrielles du XXIe siècle marquées par des écarts croissants entre une classe aisée à fort pouvoir d'achat et une armée de travailleurs à bas salaires leur offrant des services.

    Économiste, Jérôme Gautié est professeur à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

  • Le bien-être au travail ne se réduit pas à de simples facteurs individuels et psychologiques. Il tient largement à la structure des entreprises, à leur type de management et à leur climat social, qui peuvent aussi engendrer de grandes souffrances.
    En s'appuyant sur des recherches récentes, françaises et internationales, l'économiste Claudia Senik met au jour les sources profondes, parfois invisibles, d'un bien-être au travail dont l'impact sur la vie sociale et économique est considérable. Elle passe en revue tous les leviers dont les services de ressources humaines devraient s'emparer pour accroître l'épanouissement professionnel de leurs salariés : autonomie, perspectives de progression, valorisation symbolique des fonctions, transparence des modes de différenciation salariale, etc.

    Claudia Senik est professeur à l'université Paris Sorbonne et à l'École d'économie de Paris. Spécialiste internationale de l'économie du bien-être, elle est également chercheuse à l'Institute of Labor Economics.

  • 2e édition actualisée
    Hier Gisèle Halimi défendant la légalisation de l'avortement, aujourd'hui des ONG intentant un recours contre l'État français pour inaction face au changement climatique : le droit ne fait pas que réguler ou réprimer, dans sa prétendue neutralité, au nom du pouvoir en place. Sous certaines conditions, il est une arme au service de causes.
    L'usage politique du droit s'intensifie et se diversifie, comme le montre cet ouvrage, synthèse des travaux français et internationaux les plus récents. Sans doute doit-il ce regain de faveur à la place grandissante reconnue aux victimes dans l'opinion et la justice, à l'internationalisation de certaines poursuites comme on l'a vu dans le cas du génocide des Tutsi au Rwanda, à la médiatisation des procès qui deviennent des arènes publiques. Mais cela reste une arme à double tranchant : la criminalisation des mouvements sociaux et des mobilisations, parfois même des avocats qui les défendent, l'atteste.
    Liora Israël est directrice d'études en sociologie à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), membre du centre Maurice Halbwachs (CNRS/EHESS/ENS).

    Liora Israël est directrice d'études à l'EHESS et membre du Centre Maurice Halbwachs (UMR 8097, CNRS/EHESS/ENS). Elle est notamment l'auteure de Robes noires, années sombres. La Résistance dans les milieux judiciaires (Fayard, 2005).

  • "Le « développement » a servi pendant six décennies à légitimer, au Nord comme au Sud, d'innombrables politiques économiques et sociales et fait croire à l'avènement du bien-être pour tous. La mondialisation a pris le relais mais, loin de promettre le développement, on se contente désormais de lutter contre la pauvreté en proposant la croissance comme seul recours.
    Nonobstant son échec, le développement survit comme une lueur d'espoir collectif, car il repose sur une croyance profondément ancrée dans l'imaginaire occidental où le besoin de croire l'emporte sur les doutes que l'on peut avoir sur l'objet de la croyance.
    Remontant le cours de l'histoire, ce livre fait le point sur les théories et les stratégies qui, depuis la fin des années 1940, ont prétendu transformer le monde. Gilbert Rist, critique du « développement », s'intéresse aujourd'hui à celle du paradigme économique dominant afin de mettre en évidence les limites de l'hégémonie occidentale. Et s'il fallait remettre en cause les catégories économiques et prendre le chemin de la décroissance ?
    Cette quatrième édition souligne les contradictions nées des « exigences de la croissance » et de l'urgence à sauvegarder la planète."

  • L'économie est fondamentalement politique, la politique ne peut se comprendre sans l'analyse économique. Le postulat de l'interdépendance entre ces deux domaines est indispensable pour comprendre les formes contemporaines du capitalisme. L'économie politique fournit des outils puissants pour appréhender la contingence des phénomènes économiques et les choix sociaux qu'ils ne cessent d'engendrer.

    D'« Austérité » à « Travail », de « Crise financière de 2007 » à « Public choice », politistes, sociologues et économistes définissent et discutent les concepts clés, perspectives théoriques et controverses sociétales de ce vaste champ de recherche, offrant avec ce dictionnaire une synthèse unique et pluraliste des connaissances actuelles en économie politique.

  • Jamais sans doute la prégnance de l'économie n'a été aussi forte dans la vie politique et sociale, et jamais la pensée de Keynes n'a autant été d'actualité et aussi mal comprise. Au-del des trop connues politiques de relance macro-économiques et de lutte contre le chômage, le message de Keynes est une conception totalement originale des rapports de l'économie et de la société.
    Aux sources de l'analyse keynésienne se trouve une réflexion singulire sur la psychologie des hommes et leurs rapports l'argent, une théorie particulire de l'avenir et de l'incertitude, et partant de la justification du profit, une conception révolutionnaire du marché. Keynes peut nous enseigner aujourd'hui comment l'économie, qui semble s'tre provisoirement émancipée de la société, peut nouveau redevenir citoyenne et civilisée.

  • La biométrie est présentée aujourd'hui comme la solution technologique la plus appropriée pour faire face aux menaces inédites auxquelles l'Occident est (ou serait) confronté. Dans ce contexte, ce livre vient rappeler l'effort constant de l'État pour mieux identifier les personnes à des fins policières, administratives et politiques.
    De l'Ancien Régime à la France contemporaine, en passant par la Troisième République et le régime de Vichy, l'ouvrage retrace le cheminement mouvementé et les enjeux des processus d'identification. Il montre que depuis la période absolutiste, l'État s'est efforcé de fixer sur papier sa propre population, des marginaux jusqu'aux citoyens les mieux intégrés.
    Les auteurs font également la lumire sur les pratiques d'encartement de certaines catégories d'individus, dans l'URSS stalinienne ou la France des Trente Glorieuses. On retiendra le cas des étrangers, dont la mise à l'écart administrative contribue à délimiter l'espace national tout autant qu'à prévenir de supposés périls.
    Des initiatives régionalistes au refus britannique d'une mise en carte des citoyens, les résistances ont été constantes. Ainsi, la défiance envers l'encartement paraît-elle plus que jamais d'actualité, à l'heure où la traçabilité des personnes sur Internet et la biométrie s'imposent comme des exigences sécuritaires.

  • La croissance et le productivisme, véritables socles de nos sociétés industrielles, nous entraînent dans une consommation effrénée d'espace et de ressources et mettent la planète sur une orbite périlleuse. Les théories économiques, qui ont alimenté ce déni de la finitude des ressources, dérivent aujourd'hui vers de nouveaux mirages tels que la monétarisation des écosystèmes ou la croissance verte. Il importe de les dissiper et d'inventer une économie biophysique en phase avec les cycles de la nature, ralentie, locale et sobre, de réhabiliter le geste humain en faisant appel aux basses technologies. À la lumière de ce nouveau paradigme, la décroissance des pays riches apparaît non plus comme une fatalité ou une contrainte mais comme une nécessité éthique et physique et une voie de justice sociale et d'égalité.

  • La décroissance peut-elle devenir un modèle politique alternatif et réaliste ? Face au risque d'effondrement qui pèse sur nos sociétés industrielles, cet ouvrage défend de nouvelles voies fondées sur la tempérance et le ralentissement : instauration d'un revenu de transition écologique, adossement de la création monétaire aux limites de la planète, rationnement équitable des énergies fossiles, développement de la permaculture, partage du travail, etc. Il présente certaines expérimentations, telle la biorégion de Cascadia, en Californie du Nord. Bien gouverner la décroissance plutôt que la subir : une nouvelle histoire politique peut s'écrire, où les perspectives ouvertes ne sont pas celles de la crise mais de l'inventivité. du travail, migrations, tertiarisation, individualisation et fl exibilité : le monde du travail a changé. Les bastions combatifs du salariat et les milieux professionnels protégés sont plus isolés et fragilisés qu'hier. Pourtant, le confl it au travail est loin d'être absent, comme l'ont rappelé les mobilisations contre la loi Travail en 2016. Il épouse différents contextes et prend de nouvelles formes qui s'apparentent parfois plus à de la résistance qu'à un confl it classique. C'est cette diversifi cation des oppressions vécues - de classe, de genre, de sexe et de race - comme leurs traductions politiques qu'Ivan Sainsaulieu invite à comprendre. Il montre ainsi combien la contestation au travail conserve tout son potentiel subversif.

  • Pourquoi le capitalisme japonais a-t-il disparu de nos débats alors qu'il a été élevé au rang de modèle dans les années 1980 ? Et comment une entreprise symbole de ce modèle comme Toyota est-elle devenue la première du monde dans son secteur malgré la stagnation que subit l'économie japonaise depuis les années 1990 ?
    Existe-t-il un modèle optimal d'organisation des entreprises et comment peuvent-elles maintenir leur avance technologique, voire la renforcer, dans un environnement de plus en plus concurrentiel et incertain ? Les pays développés peuvent-ils conserver un avantage comparatif dans l'industrie face à la puissance manufacturière chinoise et quel rôle envisager pour le système éducatif dans la société dite de la "connaissance" ? Enfin, le cycle de dérégulation généralisée touchant peut-être à sa fin, comment penser les relations entre État et marché et redéfinir le contrat social dans un contexte de montée des inégalités ?
    Cette analyse de la transformation profonde du capitalisme japonais dans une perspective d'économie politique, associée à une réflexion sur la diversité des capitalismes et sur le changement institutionnel, montre que le Japon constitue toujours un laboratoire susceptible d'éclairer les grands enjeux de l''économie mondiale.
    Le livre comprend également une préface de Robert Boyer (Cepremap), une postface de Ronald Dore (London School of Economics) ainsi que les contributions d''Arnaud Nanta (CNRS) et d'Yves Tiberghien (University of British Columbia).

  • Si la pénibilité du travail contribue à dégrader la santé, les études montrent aussi que l'emploi la préserve en favorisant notamment l'accès aux soins.

    Les relations entre état de santé des individus et marché du travail ont fait l'objet de nombreux débats et d'une abondante législation. Les dispositions actuelles, fondées sur une logique de compensation et de réparation, ne prennent pas assez en compte la complexité de ces interactions, encore accrue par le vieillissement de la population, l'allongement et la précarisation des trajectoires professionnelles. Face au risque santé s'impose la nécessité de plus de prévention et de sécurisation des parcours.

  • Dans l'effervescence de 1789, alors qu'une nation s'affi rme au Jeu de paume, l'Assemblée nationale invente une incrimination. Calquée sur la traditionnelle lèse-majesté comme pour mieux marquer le transfert de souveraineté, la « lèse-nation » cherche à protéger la Révolution et ses nouvelles valeurs. Elle réprime les adversaires tenus pour des « ennemis ». Elle dit aussi ce qu'est la nation. Épousant les craintes successives du régime naissant, elle devient l'une des principales armes pénales des débuts de la Révolution. Alors que l'attention se porte le plus souvent sur les pratiques de la Terreur, Jean-Christophe Gaven nous invite à découvrir une phase fondatrice et peu explorée de l'histoire de la justice politique révolutionnaire. En s'appuyant sur les archives judiciaires et parlementaires des affaires discutées, et parfois jugées, au titre de la lèse-nation, il met en lumière une expérience judiciaire et politique marquée à la fois par les impératifs de protection des nouvelles institutions - assimilée à la défense de la nation - et par les aspirations libérales et légalistes du jeune régime - attachées, elles, à la reconnaissance des droits individuels, y compris ceux des accusés politiques.

  • Délégués du personnel, élus au comité d'entreprise ou au CHSCT, délégués syndicaux... La France compte plus d'un demi-million de représentants du personnel. Si l'on pointe volontiers un dialogue social défaillant dans ce pays, on peut s'étonner du manque d'études consacrées à ses principaux acteurs. Que sait-on des motivations, du travail mené pour informer et défendre les autres salariés, ou encore de l'évolution de carrière des représentants du personnel ? Comment sont-ils perçus par leurs collègues et leurs employeurs ? Sont-ils discriminés ? À partir de sources statistiques très riches mais rarement exploitées, cet ouvrage dresse pour la première fois un panorama de l'activité des représentants du personnel. Il montre que le cadre légal dans lequel ils s'inscrivent, inadapté, tend trop souvent à opposer représentants, salariés et employeurs, et propose des solutions pour que les intérêts des salariés soient mieux représentés, sans craintes, au cours des négociations comme dans la vie quotidienne des entreprises.

  • Les indices d'un désarroi des CDI n'ont cessé de s'accumuler dans un contexte où l''ombre portée du chômage et de la précarité s'étend. Ne nous trompons cependant pas de diagnostic devant la souffrance au travail et les mobilisations parfois radicales : les salariés des grandes entreprises jusqu''ici perçues comme protectrices ne sont pas entrés en dissidence.
    Aspirés par leur entreprise, ils sont disposés à jouer le jeu, mais critiquent durement les modalités de mise en oeoeuvre des mutations imposées par le management. Pourtant, ces dernières ne forment pas l''enjeu de mobilisations collectives : discontinues et ambivalentes, les luttes se présentent comme "alternatives".
    Réelle, la loyauté des salariés apparaît donc paradoxale car elle n''exclut ni retrait temporaire ni protestation. Mais le rapport au travail s''éprouve dans l''expérience, où c'est la valeur personnelle de chacun qui est en jeu.
    Fondamentalement, les CDI d''aujourd''hui sont en quête d'une appropriation positive de la condition qui leur est faite. Or il leur manque les 'prises" qui leur permettraient de se forger une nouvelle identité d'eux-mêmes et de constituer des collectifs solidaires.

  • La mondialisation provoque tourbillons de croissance et intensification de flux de toutes natures (scientifiques, technologiques, démographiques, économiques, culturelles). La dynamique des réseaux tend l'emporter sur le contrôle des territoires. Mais le monde, qui est aussi un lieu, est présent dans chaque endroit de la plante. Loin d'uniformiser celle-ci, la mondialisation n'est nullement une menace pour les positions acquises mais elle multiplie au contraire les opportunités.
    Référence sur la mondialisation, cet ouvrage d'Olivier Dollfus, inventeur ds 1984 du systme-monde, constitue, comme le souligne Jacques Lévy dans une passionnante préface cette troisime édition, l'introduction un mode de pensée qui rend possible une intelligence la fois concrte et conceptuelle de la mondialisation.

    Professeur de géographie l'Université Paris-VII-Diderot, Olivier Dollfus (1931-2005) a analysé, en Amérique andine comme en Asie, les significations locales de la mondialisation et symétriquement, la force de projection des sociétés l'échelle planétaire. Grand spécialiste de la haute montagne, il a également présidé le comité scientifique du parc national des écrins.

  • À partir de Mai 68 et au cours des années 1970, des mouvements militants (d'extrême-gauche, de prisonniers, de féministes, d'homosexuels, d'immigrés, etc.) font émerger une nouvelle pratique critique du droit et des institutions pénales.Les quinze années

  • "Depuis le milieu des années 1990, les pays européens sont à la recherche de nouveaux modèles de politique de l'emploi pour endiguer la montée du chômage et dynamiser la création d'emplois. À partir des expériences des pays nordiques, le terme de fl exisécurité a été repris par l'Union européenne, mais il englobe des réalités trop différentes entre pays membres pour que le concept prenne véritablement corps.
    En France, le vocable de sécurisation des parcours professionnels a émergé à partir des années 2000 et semble aujourd'hui faire consensus. Pourtant, comme le montrent les derniers accords interprofessionnels, il recouvre, auprès des acteurs sociaux et des experts, des conceptions différenciées - à la mesure des défi s de la mondialisation économique et des enjeux d'un syndicalisme en quête de renouveau.
    Cet ouvrage ouvre des pistes de réfl exion en faveur d'une mutation systémique des politiques de l'emploi, afin d'améliorer leur effi cacité économique et sociale et de donner véritablement sens à la sécurisation des parcours professionnels."

  • "Avec un taux d'adhésion syndicale très faible mais une forte proportion de salariés couverts par des accords collectifs, la France fait fi gure d'exception parmi les pays industrialisés. Malgré les prérogatives importantes des partenaires sociaux, la faible qualité des relations sociales et le manque de confi ance entre les acteurs engendrent une intervention fréquente de l'État, et font obstacle à des réformes qui profi teraient aux individus les moins employables.
    Peut-on établir une relation de cause à effet entre dialogue social et performance économique ? Quel est l'impact de l'action syndicale sur la productivité et la profi tabilité des entreprises ? La négociation collective et le dialogue social ont-ils des effets sur les salaires, sur l'emploi et sur le niveau du chômage ? C'est à toutes ces questions que cet ouvrage veut répondre à partir d'études réalisées en Europe et ailleurs dans le monde.
    À la lumière de ces études, les auteurs proposent des pistes d'évolution du système social français.
    Ils montrent qu'il est indispensable de renforcer et de moderniser le dialogue social si l'on veut inverser durablement la courbe du chômage en France."

  • Confrontés depuis plus de trente ans à un chômage endémique, de nombreux pays ont choisi de réformer leur marché du travail. Ces réformes ont consacré le recours aux formes d'emploi atypiques, contrats à durée déterminée et emplois intérimaires principalement. En France, il en résulte un marché du travail dual où coexistent des emplois stables fortement protégés et des emplois précaires dont les durées sont toujours plus courtes et qui n'offrent souvent d'autres perspectives aux salariés que le retour au chômage. Tout d'abord pensée comme un remède à la crise de l'emploi, cette flexibilisation d'une partie du marché s'est imposée peu à peu comme une force déstabilisatrice aux conséquences sociales et économiques délétères. François Fontaine et Franck Malherbet analysent comment ce dualisme contractuel s'est construit et la façon dont il affecte le fonctionnement du marché du travail français. Ils proposent diverses réformes structurelles pour y remédier.

  • Permettre que tous les jeunes, quelle que soit leur origine sociale, disposent des compétences garantissant leur indépendance : telle devrait être la mission de tout système de formation et d'éducation. En France, nous laissons pourtant chaque année près de 120 000 jeunes quitter l'école sans qualifi cation faute d'interventions précoces et de méthodes adaptées. Il est cependant possible de changer le destin des jeunes issus de milieux défavorisés, comme le montre la riche expérience américaine en la matière. Depuis près de quarante ans, les États-Unis investissent chaque année des dizaines de milliards de dollars dans des programmes innovants, dont ils évaluent l'impact sur le devenir des jeunes. Analysant ce qui, dans les pratiques américaines, s'est révélé le plus durablement effi cace, Stéphane Carcillo propose une approche radicalement nouvelle de l'accompagnement des jeunes en diffi culté vers la vie professionnelle.

  • Préjugés, croyances, aversion à la perte, sur-confi ance en soi, sens de l'équité, goût du risque, compétitivité, etc. Que l'on soit employeur, employé ou en recherche d'emploi, une multitude de facteurs psychologiques et cognitifs guident nos choix et nos comportements sur le marché du travail. La prise en compte des forces émotionnelles et psychologiques qui, à côté des incitations économiques et des institutions, affectent le fonctionnement de ce marché pourrait rendre plus effi caces les politiques de l'emploi. C'est tout l'intérêt de l'approche proposée par l'économie comportementale : améliorer la compréhension des conduites de recherche d'emploi et de discrimination à l'embauche, mesurer les effets de sélection et d'incitation du niveau de rémunération sur la motivation, éclairer le rôle de la confi ance dans la construction de contrats relationnels.

empty