Fayard

  • Penser l'après-Covid est vital. Deux scénarios sont envisageables. Le premier est celui d'une aggravation de la crise sanitaire, économique et sociale, faute de réponses adaptées. Le scénario alternatif est celui de la maîtrise, même imparfaite, de la pandémie et d'une refondation de l'économie mondiale sur des bases plus saines et durables.
    Pour définir où se fixera le curseur entre ces deux scénarios, tout dépendra des politiques économiques et sanitaires mises en oeuvre - de l'entreprise à l'économie mondiale en passant par un nouveau paradigme du travail et de l'emploi.  Première solution : le repli sur soi, le protectionnisme et la guerre des monnaies, terreau de tous les populismes. Seconde solution : la prise de conscience que la coopération et la solidarité sont les seuls piliers d'une sortie de crise par le haut.
    La politique à mettre en oeuvre ne peut pas être réformiste. Il faut des ruptures. Ce livre court et incisif en propose huit (revenu universel de base, transition énergétique, décentralisation, syndicalisme...). Il dessine ainsi le « chemin de crête » étroit qu'il est possible de suivre pour sortir de cette crise historique de manière équitable et pérenne.
    Chef économiste de Natixis, Patrick Artus est professeur associé à l'École d'Économie de Paris. Olivier Pastré est professeur d'économie à l'université Paris-VIII et président d'IMB Bank (Tunis). Ils sont tous deux membres du Cercle des économistes et ont publié ensemble Sorties de crise (Perrin, 2009).

  • Les silences de la loi ; une magistrate face à l'inceste Nouv.

    Avant la rue, le premier lieu d'insécurité pour de nombreux enfants est le toit familial. C'est souvent un père, un beau-père ou un oncle qui va, des années durant, abuser d'un enfant dans le silence profond et verrouillé d'une famille. Aujourd'hui, près d'un tiers de l'activité de nos cours d'assises est consacrée au jugement de viols sur des enfants, commis majoritairement dans le milieu familial. Pour répondre à ces actes destructeurs pour les victimes, la loi pénale doit être réexaminée. En matière d'inceste tout particulièrement, les interdits doivent être posés clairement pour ne pas laisser de place à un faux débat sur le consentement de l'enfant, qui ne devrait jamais être abordé. Forte de son expérience de magistrate et des nombreux cas qu'elle a suivis, la juge Marie-Pierre Porchy s'élève contre ces lacunes légales. Elle condamne en outre un fonctionnement judiciaire inadapté au recueil de la parole fragile de l'enfant et qui peut, à son tour, devenir traumatisant au lieu d'être réparateur. Un livre fondamental et nécessaire pour comprendre ce tabou de notre société, faire évoluer notre droit et contribuer à une justice plus humaine.
    Marie-Pierre Porchy a été juge des enfants, magistrate du parquet, juge d'instruction, avant d'être vice-présidente de tribunal de grande instance et juge des libertés et de la détention.

  • L'abolition

    Robert Badinter

    • Fayard
    • 28 Août 2000

    Ce livre est le récit d'une longue lutte contre la peine de mort. Il commence au jour de l'exécution de Claude Buffet et de Roger Bontems, le 24 novembre 1972, et s'achève avec le vote de l'abolition, le 30 septembre 1981. Depuis lors, l'abolition s'est étendue à la majorité des États dans le monde. Elle est désormais la loi de l'Europe entière. Elle marque un progrès irréversible de l'humanité sur ses peurs, ses angoisses, sa violence. À considérer cependant les exécutions pratiquées aux États-Unis, en Chine, en Iran et dans de nombreux autres pays, le combat contre la peine de mort est loin d'être achevé. Puisse l'évocation de ce qui advint en France servir la grande cause de l'abolition universelle. R.B.

  • L'exécution

    Robert Badinter

    • Fayard
    • 25 Mars 1998

    J'avais écrit ce livre, où se mêlent récit d'un drame judiciaire et réflexions sur la justice et le métier d'avocat, après l'exécution de Claude Buffet et Roger Bontems, en novembre 1972, à Paris, dans la cour de la prison de la Santé. Tous deux avaient été condamnés à mort par la Cour d'assises de Troyes pour avoir pris en otage et égorgé, à la Centrale de Clairvaux, une infirmière et un gardien. Leur grâce avait été refusée par le Président Pompidou. Depuis lors, la guillotine a été reléguée dans les caves d'un musée, et la peine de mort a disparu de nos lois. Mais elle sévit encore dans d'autres pays, notamment aux Etats-Unis. Et la tentation d'y revenir n'a pas disparu de tous les esprits. Cette justice qui tuait, la voici à l'oeuvre dans ce livre. Il n'est pas inutile que de nouvelles générations, plus heureuses à cet égard que la nôtre, la connaissent. R.B.

  • « Cette histoire commence dans la nuit des temps. Un homme qui passe remarque un arbuste dont les branches se terminent par des flocons blancs. On peut imaginer qu'il approche la main. L'espèce humaine vient de faire connaissance avec la douceur du coton. Depuis des années, quelque chose me disait qu'en suivant les chemins du coton, de l'agriculture à l'industrie textile en passant par la biochimie, de Koutiala (Mali) à Datang (Chine) en passant par Lubbock (Texas), Cuiabá (Mato Grosso), Alexandrie, Tachkent et la vallée de la Vologne (France, département des Vosges), je comprendrais mieux ma planète. Les résultats de la longue enquête ont dépassé mes espérances. Pour comprendre les mondialisations, celles d'hier et celle d'aujourd'hui, rien ne vaut l'examen d'un morceau de tissu. Sans doute parce qu'il n'est fait que de fils et de liens, et des voyages de la navette. » E.O.

  • " Dans dix ans, dans vingt ans, aurons-nous assez d´eau ? Assez d´eau pour boire ? Assez d´eau pour faire pousser les plantes ? Assez d´eau pour éviter qu´à toutes les raisons de faire la guerre s´ajoute celle du manque d´eau ?
    Dans l´espoir de répondre à ces questions, je me suis promené. Longuement. Du Nil au Huang He (Fleuve Jaune). De l´Amazone à la toute petite rivière Neste, affluent de la Garonne. De l´Australie qui meurt de soif aux îles du Brahmapoutre noyées par les inondations... J´ai rencontré des scientifiques, des paysans, des religieux, des constructeurs de barrages, des physiciens alpinistes qui mesurent sur tous les toits du monde la fonte des glaciers. J´ai passé du temps avec les médecins de Calcutta qui luttent contre le choléra.
    J´ai écouté d´innombrables leçons, dont celle du scarabée de Namibie et celle du kangourou. Quelles sont leurs techniques pour survivre en plein coeur du désert ? Peu à peu, j´ai fait plus ample connaissance avec notre planète. J´ai vu s´aggraver partout les inégalités, notamment climatiques. Mais j´ai vu aussi la réussite du pragmatisme, de belles coopérations entre administrations et entreprises privées. J´ai vu des illusions et des férocités à l´oeuvre. De retour de voyage, voici maintenant venu le moment de raconter. Un habitant de la planète sur six continue de n´avoir pas accès à l´eau. Un sur deux vit sans système d´évacuation. Pourquoi ? " E. O.

  • Quarante-sept ans de mariage. D'abord une histoire d'amour, comme il y en a tant d'autres. Mais très vite, les insultes, les coups, l'engrenage de la violence. L'homme à qui Jacqueline Sauvage a confié sa vie l'a transformée en enfer, régnant sur le foyer en véritable tyran. Jacqueline qu'il blesse, qu'il torture au quotidien mais aussi leurs enfants qu'il humilie, qu'il frappe, qu'il terrorise. Tous partagent le même sentiment paralysant : la peur. Cette peur qui les empêche de partir, qui les empêche de le dénoncer. Et puis il y a ce lundi 10 septembre 2012. Ce jour où, après une ultime agression, Jacqueline commet l'irréparable. Trois coups de fusil. Le bourreau est mort. Elle l'a tué. Le 28 décembre 2016, François Hollande a gracié Jacqueline Sauvage.

  • En France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son mari violent. Pour ne pas être l'une d'entre elles, certaines vont jusqu'à commettre l'impensable et tuer leur compagnon. Pourtant, la loi française est catégorique : par de tels actes, ces victimes deviennent des criminelles. Deux femmes d'exception, avocates sans concessions, se sont engagées pour les défendre. Alexandra Lange sera acquittée, Jacqueline Sauvage graciée. En plaidant pour Maud, Samia ou Noémie, Janine Bonaggiunta et Nathalie Tomasini se battent pour les 225 000 femmes victimes de violences conjugales. Parce que ni le gouvernement ni le législateur ne parviennent à les protéger, elles racontent les coulisses de leur lutte et nous font vivre une série de procès emblématiques. Elles partagent leur empathie, leur persévérance, leur envie de faire évoluer la loi, mais aussi leur colère à l'encontre des institutions, sourdes à la douleur de victimes démunies face à leurs bourreaux.
    Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta sont avocates. Elles ont défendu ensemble de nombreuses femmes victimes de violences, dont Alexandra Lange, avec qui elles ont coécrit Acquittée (Michel Lafon, 2012) et Jacqueline Sauvage, avec qui elles ont publié Je voulais juste que ça s'arrête (Fayard, 2017).

  • L´automatisation, liée à l´économie des data, va déferler sur tous les secteurs de l´économie mondiale. Dans vingt ans, pas un n´aura été épargné. Les hommes politiques sont tétanisés par cette transformation imminente, qui va marquer le déclin de l´emploi - et donc du salariat. Faut-il s´en alarmer ? N´est-ce pas aussi une vraie bonne nouvelle ? Et si oui, à quelles conditions ?Dans un dialogue très politique et prospectif avec Ariel Kyrou, Bernard Stiegler s´emploie à penser le phénomène qui, nous entraînant dans un déséquilibre toujours plus grand, nous place au pied du mur. La question de la production de valeur et de sa redistribution hors salaire se pose à neuf : c´est toute notre économie qui est à reconstruire - et c´est l´occasion d´opérer une transition de la société consumériste (la nôtre, celle de la gabegie, de l´exploitation et du chômage) vers une société contributive fondée sur un revenu contributif dont le régime des intermittents du spectacle fournit la matrice.Cela suppose de repenser le travail de fond en comble pour le réinventer - comme production de différences redonnant son vrai sens à la richesse. Dans l´Anthropocène que domine l´entropie, et qui annonce la fin de la planète habitable, le travail réinventé doit annoncer et inaugurer l´ère du Néguanthropocène - où la néguentropie devient le critère de la valeur au service d´une toute autre économie.
    Bernard Stiegler est philosophe. Il vient de faire paraître La Société automatique, 1. L´avenir du travail (Fayard, 2015).Ariel Kyrou est essayiste, rédacteur en chef du site Culture Mobile. Son dernier livre, écrit avec Mounir Fatmi : Ceci n´est pas un blasphème (Dernière Marge/Actes Sud, 2015).

  • Suite à la parution de Le Capitalisme à l´agonie, la question m´a souvent été posée : « Que faudra-t-il mettre à sa place ? » Je m´en étais tenu jusque-là au constat depuis mon avertissement qu´une crise gravissime allait éclater dans le secteur des subprimes. Il fallait maintenant passer à la prospective. Je n´avais pas de réponse toute prête (la réforme sociale n´est pas mon métier !), aussi me suis-je plongé dans l'examen de la question, laquelle est loin d´être simple. Car la crise actuelle en réunit en réalité trois, qui se combinent de manière particulièrement toxique : une crise due au fait que notre espèce se conduit comme une malpropre à la surface de la planète qui l'héberge, une crise due au fait que la maîtrise de la complexité nous a désormais totalement échappé (c´était déjà le cas avant l´invention de l´ordinateur, mais celui-ci a amplifié le problème), enfin la crise financière et économique, conséquence de la « machine à concentrer la richesse » qui constitue le coeur de nos sociétés, dont nous avons en général tiré une grande fierté jusqu´à ce qu´elle nous explose comme aujourd´hui à la figure. Avant de pouvoir dire ce qu´il faudra mettre à la place du capitalisme, bien des questions doivent être résolues : Pourquoi nous sommes-nous satisfaits d´une "science" économique incapable de voir venir une crise de l´ampleur de celle qui est en train de nous engloutir et de prôner ensuite les mesures nécessaires pour nous permettre d´en sortir ? Comment distribuer équitablement la richesse créée ? Poser les bonnes questions, dit-on, c´est déjà y avoir à moitié répondu

  • Ce livre est le récit de mon voyage au pays du pouvoir. Il commence au lendemain de l´abolition de la peine de mort en octobre 1981 et s´achève à mon départ de la Chancellerie, en février 1986. Il y est beaucoup question de justice, parfois de politique. Le temps écoulé rend singulières les passions que soulevait alors mon action. Le cardinal Lustiger m´avait prévenu au lendemain de l´abolition : « On ne touche pas à la mort impunément. » . Ces années de luttes, je les raconte telles que je les ai vécues. Le lecteur ne sera pas surpris d´y trouver, mêlée au récit des événements, l´expression de mes convictions sur ce que devrait être la justice dans la République. De tout ce que j´ai pu réaliser à cette époque, l´essentiel demeure : irréversibilité de l´abolition, suppression des juridictions d´exception, dépénalisation de l´homosexualité, progrès des droits des victimes, ouverture aux citoyens de la Cour européenne des droits de l´homme, amélioration du régime des prisons, et bien d´autres mesures encore. Je n´ai pas non plus dissimulé mes échecs, qu´il s´agisse de la surpopulation carcérale, de la pauvreté budgétaire, ou de convaincre l´opinion que la première mission de la justice est de faire respecter la loi et de garantir les libertés individuelles comme le prescrit la Constitution, et non d´être le pompier de la délinquance, comme on s´obstine à le faire croire. En achevant cet ouvrage, ma conclusion est simple : « Lecture faite, persiste et signe. » R.B.

  • La décroissance : les uns ne jurent que par elle quand les autres s´offensent que le mot soit prononcé. Que recouvre l´idée de décroissance, qui ne semble pas être la même pour les uns et les autres ? Surtout, elle charrie son lot de contresens et de controverses, portées dans un dialogue de sourds. Nombreux les opposants à cette idée, qui utilisent des arguments plus ou moins de mauvaise foi. Serge Latouche interroge toutes les idées reçues en circulation et y apporte des réponses précises et argumentées pour mettre un terme aux inquiétudes fantasmagoriques qui l´entourent. Non la décroissance n´est pas synonyme de croissance zéro ; non elle n´est pas technophobe. Ce n´est ni un projet anti-moderne destiné à nous renvoyer vivre dans des cavernes, ni un programme visant à restaurer un ordre patriarcal communautaire, ni l´instrument qui ferait de nous des chômeurs. À droite comme à gauche, les critiques fusent : comment éliminer la misère dans nos contrées sans croissance ? Quel sens peut bien avoir la décroissance dans les pays du Sud ? Comment rallier les nouveaux pays industrialisés à la décroissance ? Qui va soutenir un tel projet : les ouvriers ? Les classes moyennes ? Et si la croissance se résumait à la production de services ? A la valeur marchande ? Etc. etc. La décroissance ? Une manière de poser à nouveau la question des valeurs, afin de construire de nouveaux rapports et une nouvelle société.

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    « Plus de dix ans après la crise de 2007, rien n'est réglé. Partout, on a retardé les solutions politiques, économiques, technologiques : plus de monnaie, plus de dette, plus de procrastination, plus de promesses ! Avec l'espoir que le progrès technique, la croissance ou la Providence résoudront tout...
    La question n'est pas de savoir si une prochaine crise va éclater, mais quand, et quels seront le déclencheur et le déroulement. Qu'elles soient financières, écologiques ou géopolitiques, ou qu'elles s'enchaînent par un effet de domino, ces crises trouveront leur source dans la priorité donnée au flux sur le stock, à la consommation sur l'épargne et l'investissement, au plaisir sur le patrimoine. J'en imagine ici les différents scénarios probables à court terme et leurs conséquences dévastatrices au niveau planétaire.
    L'heure n'est toutefois ni au pessimisme ni à la résignation, mais à l'action positive. C'est aussi l'objet de ce livre que d'aider chacun à se protéger de ces crises qui s'annoncent, et même à en tirer le meilleur. On peut avoir le sentiment que tout cela est hors de portée. Cela ne l'est pas. Cela pourrait le devenir, dans vingt ans, si l'on n'a rien fait d'ici là. Si on agit, je suis convaincu que le siècle à venir peut être prodigieux de paix, de bonheur et de sérénité pour tous. »J. A.

  • La finance fonctionne aujourd'hui en vase clos, au
    service avant tout de ses propres intérêts. Or les banques
    sont censées répondre aux besoins des sociétés. 
    De financer des projets et de gérer les risques : comment
    a-t-on pu oublier ainsi l'essentiel ? Pourquoi les États servent-
    il aussi docilement les intérêts du secteur financier ?
    Pareilles questions échappent au débat démocratique
    car le jargon qui règne dans ces milieux les rend inintelligibles
    aux citoyens. L'essai de Laurence Scialom
    ambitionne de démystifier la finance et de permettre
    une réflexion autonome de chacun sur ces interrogations.
    Il renforce les capacités d'autodéfense de nos économies
    face à une finance souvent devenue prédatrice : cessons
    de nourrir l'ogre !
    En appliquant les réformes esquissées dans cet ouvrage,
    nous parviendrions à considérer la finance avec lucidité
    et à la remettre à sa juste place.
    Laurence Scialom est professeure à l'Université
    Paris Nanterre. Elle est membre du
    conseil scientifique de l'Autorité de contrôle
    prudentiel et de résolution (ACPR) et de la
    commission consultative épargnants de
    l'Autorité des marchés financiers (AMF),
    responsable du pôle régulation financière
    du think tank Terra Nova et membre qualifiée
    de l'ONG Finance Watch.

  • - 53%

    «  La dette publique est un danger pour les générations futures  », «  La France n'a pas fait de réformes depuis plus de trente ans  », «  Notre modèle social est inefficace  », «  Le Code du travail empêche les entreprises d'embaucher  », «  Une autre politique économique, c'est finir comme le Venezuela  »  ; telles sont les affirmations ressassées en boucle depuis plus de trente ans par une petite élite bien à l'abri de ce qu'elle prétend nécessaire d'infliger au reste de la population pour sauver la France.
    Ces idées ont tellement pénétré les esprits qu'elles ne semblent plus pouvoir faire l'objet du moindre débat. C'est justement l'objet de ce livre  : regagner la bataille des idées, refuser ce qui peut paraître du bon sens, tordre le cou à ces prétendues «  vérités économiques  ».
    Savez-vous qu'il y a eu plus de 165 réformes relatives au marché du travail depuis 2000 en France  ? Que nous avons déjà connu une dette publique représentant 200  % du PIB ? Que plus de la moitié de la dépense publique profite au secteur privé  ?
    Dans ce traité d'économie hérétique, Thomas Porcher nous offre une contre-argumentation précieuse pour ne plus accepter comme une fatalité ce que nous propose le discours dominant.
     
    Thomas Porcher est économiste. Membre des Économistes atterrés, docteur en économie à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, il est professeur associé à la Paris School of Business. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages notamment Introduction inquiète à la Macron-économie (Les petits matins) et de publications dans des revues académiques internationales.

  • La robe noire

    Cotta Francoise

    • Fayard
    • 23 Janvier 2019

    La robe noire de Françoise Cotta, avocat pénaliste, a trempé dans les faits divers et le crime pendant des dizaines d'années. Trait distinctif  : elle ne dit pas avocate, mais avocat. Elle a, entre autres, défendu des mères infanticides, des pères incestueux, des pédophiles, des trafiquants de drogue. Pour elle, le vrai sujet, c'est la responsabilité. Femme engagée, elle dénonce particulièrement les errements du tout-répressif et pose un regard sans concession sur la justice spectacle et l'absence criante en prison de soins psychiatriques dignes de ce nom.
    Narratrice à la première personne de sa vie et de sa carrière, celle que le barreau appelle Françoise est l'une des rares à avoir occupé l'espace très masculin de ces audiences. Alors qu'elle a décidé de raccrocher - mais le peut-on vraiment  ?-,elle fait ici le récit de ces histoires criminelles qu'elle a côtoyées et où apparaissent de singulières figures d'hommes et de femmes.
    «  Il y a le métier d'avocat et la vie, écrit-elle, j'aime les déglingués dans les dossiers, pas dans la vie. On a une éthique, heureusement  ! Sinon on devrait être fan de l'inceste pour défendre une personne accusée d'inceste, et il faudrait que l'on soit cocaïnomane pour défendre un trafiquant. Je leur dis souvent  : `'Je ne porte aucun jugement sur vous, je ne suis pas là pour ça.''  »
     
    Françoise Cotta, 67 ans, a revêtu la robe noire en 1980 et fait ses classes au tribunal correctionnel des flagrants délits. Elle ouvre son cabinet en 1983 et devient pénaliste.

  • Le modèle économique américain n'a jamais eu bonne presse en France. Et pourtant, la Silicon Valley est l'objet d'une admiration sans borne, avec tout ce qu'elle symbolise : la jeunesse, la prise de risque et la création de milliers de jeunes pousses en hypercroissance.
    Cette admiration a littéralement explosé à la fin de la présidence de François Hollande pour être magnifiée ensuite par Emmanuel Macron. Elle révélait une immense  ambition : moderniser l'économie française pour en faire une Startup Nation. A cette fin, il fallait faciliter l'émergence de futurs champions de l'économie numérique, ces fameuses «  licornes  » (des entreprises valorisées à 1 milliard de dollars), dont l'Elysée souhaiterait qu'elles soient au moins 25 en 2025.
    Où en est aujourd'hui la «  Mission French Tech  », créée en 2013 pour nourrir cette ambition  ? Il semblerait qu'elle n'ait pas réalisé tous les espoirs de ses concepteurs. La France, dépassée par le Royaume-Uni et l'Allemagne, n'est pas au premier rang des économies numériques européennes. Notre écosystème technologique n'est pas suffisamment performant et reste étonnamment dépendant des aides et des subventions de l'Etat. C'est pourquoi les startupeurs français les plus ambitieux n'hésitent pas à s'expatrier aux Etats-Unis.
    Cet ouvrage est construit à partir d'une vingtaine d'entretiens inédits menés pour la plupart au sein de la Silicon Valley. Il permet de comprendre ce qu'est la «  culture startup  », son mélange d'imagination et de passion, appuyé par une quête incessante de nouveaux financements pour mieux grandir et dévorer la concurrence, sans rien ignorer des critiques suscitées par cette culture.  

  • Ce mardi 22 février, au petit matin, une dépanneuse tracte une Peugeot 405 beige hors des flots de l'Yonne. L'habitacle est vide mais la voiture est connue des services de police. C'est celle de Marie-Laure que toute la région recherche.
    Dix jours plus tard, un corps féminin dérive, dos face au ciel. La jeune fille est identifiée et les résultats de l'autopsie révèlent qu'elle a été assassinée.
    Pour cette affaire, comme pour les quatre autres révélées dans ce livre, la police fait appel à deux psychocriminologues afin d'aider ses enquêteurs : Florent Gathérias et Emma Oliveira. Suivant leur rigueur méthodologique sans cesse renouvelée, les deux professionnels ont pour mission de traquer les détails permettant de cerner la personnalité du criminel.
    /> Comment le meurtrier a-t-il opéré ? Qui est sa victime ? Pourquoi elle ? Depuis l'affaire Merah jusqu'à celle du « tueur de l'Essonne », Florent Gathérias et Emma Oliveira lèvent enfin les mystères et fantasmes qui enveloppent leur profession. Une plongée haletante dans la psychologie des criminels.
    Florent Gathérias a créé le service de psychocriminologie de la police judiciaire française en 2009, et Emma Oliveira l'a rejoint en 2012.

  • « Les moustiques viennent de la nuit des temps (250 millions d'années), mais ils ne s'attardent pas (durée de vie moyenne : 30 jours). Nombreux (3 564 espèces), volontiers dangereux (plus de 700 000 morts humaines chaque année), ils sont répandus sur les cinq continents (Groenland inclus). Quand ils vrombissent à nos oreilles, c'est une histoire qu'ils nous racontent : leur point de vue sur la mondialisation. Une histoire de frontières abolies, de mutations permanentes, de luttes pour survivre, de santé planétaire, mais aussi celle des pouvoirs humains (vertigineux) qu'offrent les manipulations génétiques. Allons-nous devenir des apprentis sorciers ? Toutefois, ne nous y trompons pas, c'est d'abord l'histoire d'un couple à trois : le moustique, le parasite et sa proie (nous, les vertébrés). Après le coton, l'eau et le papier, je vous emmène faire un nouveau voyage pour tenter de mieux comprendre notre terre. Guyane, Cambodge, Pékin, Sénégal, Brésil, sans oublier la mythique forêt Zika (Ouganda) : Je vous promets des surprises et des fièvres ! » Erik Orsenna « Pour un tel périple dans le savoir, il me fallait une alliée. Personne ne pouvait mieux jouer ce rôle que le docteur Isabelle de Saint Aubin, élevée sur la rive du fleuve Ogooué, au coeur d'un des plus piquants royaumes du moustique. »

  • Cette leçon inaugurale raconte l'expérience qu'a représentée pour Philippe Aghion l'élaboration d'une nouvelle théorie - schumpétérienne - de la croissance économique : une théorie de la croissance par l'innovation et la destruction créatrice, qui fait constamment dialoguer la modélisation avec l'analyse empirique, et qui place la dynamique de l'entreprise au coeur du processus de développement.Cette leçon aborde quelques grandes énigmes de la croissance : le rôle de la concurrence et celui de la politique industrielle ; le « paradoxe argentin » et les trappes de sous-développement ; la relation entre innovation, inégalités et mobilité sociale ; ou encore l'apparente stagnation séculaire des économies développées. Enfin la leçon propose une nouvelle façon à la fois de penser les politiques de croissance et d'apprendre sur les mécanismes de la croissance à partir des erreurs de politique économique. Philippe Aghion est professeur au Collège de France, sur la chaire d'économie intitulée « Institutions, innovation et croissance ». Titulaire d'un doctorat, d'un PhD en économie de l'université Harvard, il a enseigné au Massachussetts Institute of Technology, à l'Université d'Oxford, à University College London et à l'Université de Harvard. En 2001, il a reçu la Yrjo Jahnsson Award qui récompense le meilleur économiste européen de moins de quarante-cinq ans. Ses travaux portent principalement sur la théorie de la croissance et l'économie de la connaissance. Il est notamment l'auteur de Endogenous Growth Theory, avec Peter Howitt (MIT Press, 1998 ; Dunod, 2001), Competition and Growth, avec Rachel Griffith (MIT Press, 2006), Inequality, Growth, and Globalization, avec Jeffrey Williamson (Cambridge University Press, 1999) ; L'Économie de la croissance (Economica, 2010) ; Repenser L'État, avec Alexandra Roulet (Seuil, 2011) ; et Changer de modèle, avec Gilbert Cette et Élie Cohen (Odile Jacob, 2014).

  • Chaire européenne 2018-2019
    En 2007-2015 a sévi la pire récession et la pire crise financière de l'après-guerre. Les banques centrales de toutes les juridictions ont dû intervenir avec des politiques monétaires non conventionnelles qui dépassent les frontières entre action monétaire, fiscale et financière. La Banque centrale européenne, en tant que banque centrale sans État, a dû faire face à des défis très particuliers et difficiles. La crise a donc constitué un test de robustesse du cadre général de la politique monétaire de l'Union monétaire européenne face à l'instabilité financière et à de grands chocs cycliques. Aujourd'hui, vingt ans après la création de l'euro, évaluer le cadre de cette politique monétaire est nécessaire, non seulement pour évaluer l'avenir de la zone euro et éclairer sous un jour nouveau ce que sont les réformes clés de sa gouvernance.
    Lucrezia Reichlin est économiste et enseigne à la London Business School. Première femme à avoir dirigé le département de la recherche de la Banque centrale européenne (2005-2008), elle est une spécialiste réputée de macro-économie. Elle a été invitée sur la chaire européenne du Collège de France pour l'année académique 2018-2019.

  • « Si vous pensez que vous êtes hors du commun, vous avez tort. Un véritable leader se met au service de son équipe. À la guerre, c'est le général qui mange en dernier. » C'est ainsi que Bob Davids, reprenant les mots du général Cal Wallers, formule la transformation, en marche depuis une vingtaine d'années, du concept de leadership. D'Ulysse à Steve Jobs, nous avons longtemps pris pour dirigeants des personnages héroïques. Or, dans les affaires, cette tendance est en train d'évoluer, ouvrant la voie à la réalisation des potentiels humains que personne n'aurait pu soupçonner.
    Cet abécédaire déconstruit point par point notre conception du leadership pour en bâtir une nouvelle, à la portée de tous, qui a déjà fait ses preuves. Elle a modifié le destin de centaines d'entreprises et la vie de dizaines de milliers de salariés laissés enfin libres d'agir. Des citations de leaders et de penseurs inspirants ainsi que des histoires d'organisations innovantes appuient la promotion de cette façon inconditionnellement humaine de conduire une entreprise. En somme, il s'agit d'un trésor de sagesse et de conseils pour tout aspirant leader.
     
    Bob Davids est un entrepreneur américain, qui a fondé et dirigé six sociétés, allant du casino à l'important fabricant de high-tech et au vignoble californien de premier plan.
    Hier professeur visitant aux universités Cornell, Stanford et du Massachussetts, Isaac Getz enseigne à l'ESCP Europe, Paris, et co-anime l'écosystème de libération d'entreprises.
    Brian M. Carney est dirigeant de Rivada, une entreprise technologique, après avoir été longuement éditorialiste et directeur de pages « débats » du Wall Street Journal.

  • La parole et l'action

    Henri Leclerc

    • Fayard
    • 30 Août 2017

    Richard Roman, Dominique Strauss-Kahn, Véronique Courjault  : Henri Leclerc, l'un des plus grands pénalistes du xxe  siècle, s'est ingénié à «  les défendre tous  », selon le mot de son mentor, Albert Naud. Après soixante ans de carrière, il livre ses mémoires et retrace plus d'un demi-siècle de combats judiciaires, politiques, éthiques, menés à la force du verbe, avec l'éloquence de l'orateur passionné et la rigueur du juriste, en compagnie d'autres ténors du barreau, Vergès, Levy, Pelletier, Lemaire, Badinter.
    La guerre d'Algérie, Mai  1968, l'abolition de la peine de mort, la défense des mineurs et des paysans, la question migratoire, le terrorisme, La parole et l'action est aussi, d'une certaine façon, une histoire de la France d'après la Seconde Guerre mondiale, racontée par un protagoniste engagé, souvent en première ligne, avocat iconoclaste et militant de gauche convaincu, longtemps proche de Michel Rocard et membre de la Ligue des droits de l'homme.
    Avec la tendresse, l'humour et la verve qu'on lui connaît, Henri Leclerc se replonge dans son itinéraire exemplaire et revient sur des affaires qui fascinent encore aujourd'hui, méditant sur le sens de son engagement et sur les luttes à mener demain.

  • Au début des années 1930, lorsque Paul Valéry écrit l´une de ses plus fameuses phrases, « Le temps du monde fini commence », il constate que le temps de l´aventure, des découvertes des nouveaux continents et de leur conquête est terminé. Aujourd´hui, son expression « monde fini » nous renvoie à l´épuisement du monde, tout d´abord de son sol et de ses richesses minières et pétrolifères, à la pollution des eaux, de l´océan, de l´air... L´exploitation totale de notre biosphère ne peut plus être que l´annonce de la fin du monde. Si nous voulons éviter la catastrophe, il convient de rompre avec le projet de développement illimité que porte l´Occident et d´entrer dans une nouvelle ère : l´Âge des limites. Nous devons impérativement abandonner le programme formulé au XVIIe siècle par le philosophe anglais Francis Bacon : « Reculer les bornes de l´empire humain en vue de réaliser toutes les choses possibles. » C´était une illusion, dangereuse et destructrice. Serge Latouche montre comment le processus qui conduit à toujours repousser les limites se manifeste dans tous les domaines (non seulement économique et écologique, mais aussi politique et moral).

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