Albin Michel

  • "Ce livre, quelques-uns des entretiens que j'ai eus avec divers interlocuteurs en ces vingt dernières années. D'une part ceux qui portèrent sur la création artistique - architecture ou peinture - ou des peintres et des poètes ; et d'autre part ceux où

  • En 1902, sur les grands boulevards, un panneau lumineux immortalise L'Arriviste, un roman populaire de Félicien Champsaur. Le jeune éditeur qui lance avec tant d'audace sa première production se nomme Albin Michel. Ancien commis-libraire chez Flammarion, il a décidé de voler de ses propres ailes.
    Avec un instinct de chasseur, il flaire les auteurs en devenir. Après la première guerre mondiale, il ouvre sa maison à toute une nouvelle génération d'écrivains et recueille une moisson de prix prestigieux : Goncourt, Académie française, Fémina... Il invente l'ancêtre du Livre de Poche, crée des collections de guides pratiques et s'impose comme un généraliste de l'édition.

    Emmanuel Haymann, auteur de plusieurs biographies (Labiche, Courteline), brosse le joyeux tableau d'une époque où apparaissent Pierre Benoit, Roland Dorgelès, Francis Carco, Romain Rolland, Willy, avec lesquels Albin Michel entretient des rapports d'amitié et de fidélité qui sont pour lui essentiels.

  • C'est à Marie Dormoy, que Léautaud a confié la publication de son Journal Littéraire. Grande preuve d'estime, de confiance et aussi d'amitié. Les lettres publiées ici sont extraites de la correspondance qu'il lui a adressée de l'année 1922, à l'occasion d'un article publié par elle dans le Mercure de France, à l'année 1956, la dernière lettre ayant été écrite le matin même de sa mort.

    C'est par Marie Dormoy que Léautaud est entré dans un monde qui, jusqu'alors, lui avait été totalement inconnu : les familles régulièrement constituées, les structures normalement établies, ce qui lui a causé de grandes surprises.Cette correspondance est donc, en quelque sorte, un complément au Journal. Léautaud s'y exprime à coeur ouvert, sur le meilleur et sur le pire, cela dans la proportion du cheval et de l'alouette, celle-ci figurant, bien entendu, le meilleur, celui-là le pire.

    Ce meilleur et ce pire ne sont toutefois pas absolument ceux du Journal. Ecrivant à une femme pour laquelle il avait, quoi qu'il en ait dit, quoi qu'il lui ait fait, une sincère affection, il y a, dans ces lettres, un ton, une « étoffe » aurait dit Valéry, qu'on ne retrouve dans aucune autre de ses oeuvres.

  • Les Germains

    Henri Hubert

    « Plus on vit avec l'oeuvre posthume de Hubert, plus on déplore sa mort prématurée. Il a emporté dans la tombe de magnifiques projets. Quelques lignes des Germains confirment les intentions que lui prêtait Marcel Mauss : « [ici] nous n'avons pas à construire une histoire ancienne de l'Europe, en prenant, tour à tour, à part, chaque famille de peuples, pour les faire apparaître successivement sur la scène avec leurs institutions caractéristiques et leur civilisation ». Mais c'était là son ambition intellectuelle, et voilà ce que nous avons perdu. » Henri Berr

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Solitaire ou chef de file ? Homme du passé ou visionnaire ? Ce critique du présent condamne-t-il ou annonce-t-il l'avenir ? Est-il le dernier et l'inutile survivant de la foi gaulliste ? Annonce-t-il le réveil national des nouvelles générations de demain ou d'après-demain ?

    Ce serviteur de l'Etat, l'un des fondateurs de la Ve République, est-il aujourd'hui divorcé de la République ou son meilleur défenseur, dans la tradition des républicains d'antan ?

    Ces questions, nombreux sont ceux qui se les posent, chacun à sa manière. Du centriste majoritaire au gaulliste d'opposition, de l'intellectuel de gauche au polémiste de droite.

    Elles montrent en définitive que Michel Debré est une personnalité à part dans le monde politique actuel. Un homme hors du commun.

    Garde des Sceaux, rédacteur des institutions, Premier Ministre pendant la période la plus difficile de l'après-guerre, puis successivement Ministre de l'Economie et des Finances (1966-1968), Ministre des Affaires Etrangères (1968-1969), Ministre d'Etat chargé de la Défénse Nationale (1969-1973), Michel Debré a fondé l'Ecole Nationale d'Administration, le Centre National d'Etudes Judiciaires devenu Ecole Nationale de la Magistrature, ouvert l'Ecole Polytechnique aux femmes et aux lycéens issus de la filière technique de l'Education Nationale. Il est aussi l'auteur des grandes lois-programmes qui ont modernisé l'agriculture, orienté l'économie, développé le secteur bancaire, fait progresser enseignement technique et formation professionnelle.
    Sans oublier les lois-programmes sur la défense, sur l'équipement sportif, sur la protection du patrimoine national, sur les sources nationales d'énergie.
    Et dans bien d'autres domaines son nom s'attache à des réformes déterminantes.

    Michel Debré porte aujourd'hui ses réflexions et ses analyses sur l'exercice de la démocratie, sur la démographie, sur le développement de la Recherche et de l'Innovation, sur la compétition économique mondiale. Et, naturellement, sur les perspectives de l'organisation européenne dont il fut un des artisans, notamment par la politique agricole commune qu'il définit et mit en place.

    Estimant mal conçue, ambiguë et pour tout dire dangereuse l'élection prochaine au suffrage universel d'une Assemblée Européenne, Michel Debré, le premier, a mis en garde nos dirigeants et l'opinIon. Le premier aussi il affirma que cette "affaire" allait profondément diviser la France alors qu'une autre voie était possible, et toujours possible, qui assure un grand avenir à l'Europe, dans l'affirmation d'une France forte et indépendante.


    Cet ouvrage, écrit avec passion mais avec le souci de la précision, est à la fois une histoire, un réquisitoire et un plaidoyer qui éclairent tous trois nos débats actuels. Et ceux de demain.

  • Jules Renard

    Maurice Toesca

    Jules Renard est mort en 1910 mais aucun lecteur ne s'étonnerait si on lui disait que Jules Renard est un écrivain encore vivant, dans la force de l'âge.
    Quelles sont les raisons qui lui assurent cette longévité dans la gloire ?
    C'est sans doute d'abord parce qu'il a créé un des personnafes les plus célèvres de notre littérature moderne : Poil de Carotte.

    C'est ensuite parce que sous son humour, que l'on a trop vite qualifié de féroce, se cache une infinie tendresse. Dans son fameux Journal, Jules Renard s'écrie : "Bah ! après ma mort, quelqu'un s'apercevra bien que j'étais bon."
    Maurice Toesca s'en est aperçu.
    Il a lu tout ce que Jules Renard a écrit et il a été le premier à porter sur les écrans de la télévision une adaptation de L'Écornifleur, l'un des douze meilleurs romans du siècle si on en croit un jury qui comprenait André Gide, François Mauriac et Jean Paulhan.
    Ce Jules Renard représente pour Maurice Toesca autre chose qu'une simple biographie : 'cest une sorte de manifeste en faveur de l'honnêteté morale, des grandeyrs et souffrances de l'artistes et de l'amour de la langue française.
    Un livre passionnant à lire, spirituel et émouvant, digne du sujet qu'il traite et qui prend une place brillante dans l'oeuvre de Maurice Toesca, à côté de son étude sur Le plus grand amour de George Sand et de son Lamartine ou l'amour de la vie.

  • Le monde magique du Romantisme allemand reste encore aujourd'hui trop mal connu du public français.
    Le livre de Marcel Brion est précieux en ce qu'il nous explique le phénomène romantique en profondeur et nous présente les écrivains et les poètes chez qui il s'est le plus magnifiquement incarné: Clemens Brentano, Ludwig Tieck, Heinrich von Kleist, Wilhelm Heinrich Wackenroder, Caroline von GÜnderode.
    Déjà auteur de grandes biographies de Goethe et de Robert Schumann, Marcel Brion était le guide idéal pour nous introduire à un univers qui lui est familier et auquel il appartient lui aussi, comme romancier de la Ville de sable, de Château d'ombres, de la Chanson de l'oiseau étranger et de plus d'une dizaine d'autres récits enchanteurs.

  • Ce livre,fruit d'une longue et passionnante quêtre à travers la littérature du siècle dernier, est sans doute une tentative unique en son genre. Il m'a permis de dresser une véritable carte de ces contrées souvent mal connues qui constitutent le monde de la Grande Curiosité. Des contrées que, pendant près d'un demi-siècle, j'ai parcourues en tous sens ; d'abord, tandis que j'exerçais ce surprenant métier de commissaire priseur, ensuite lorsque je suis entrée dans cet ordre délicieux et trouble qui est celui des Lettres ;
    Toujours avide de mieux connaître ce que notre conscient révèle et ce que notre subconscient dissimule, dans le domaine de l'art.
    Le lecteur découvrira à son tour que Stendhal, Balzac, les Goncourt, Huysmans, Zola, Proust ont si bien analysé le monde - ou plutôt le demi-monde - de l'art, qu'après eux il n'y a plus guère à ajouter. nos écrivains ont tout passé à la moulinette de leur passion, qu'il s'agisse des peintres, des sculpteurs, des architectes, des collectionneurs, des esthètes, des marchands... Et cela d'autant mieux qu'eux-mêmes éprouvaient pour les choses de l'art un amour ardent.
    L'Enfer de la curiosité, suite et peut-être fin - si tant est quu'on puisse jamais avoir le coeur d'écrire ces trois lettres détestables - de La Vie étrange des objets, Vie d'artistes, Haute curiosité n'est l'entreprise ni d'un esthète, ni d'un expert, ni d'un marchand. Ce ne sont pas là mes vrais emplois... Voici plutôt la cueillette d'un fieffé curieux pour qui, l'objet étant amour, rien n'est assez beau pour se substituer à l'émotion qu'il procure.

  • L´histoire du roman populaire en France traite, pour la première fois dans son ensemble, d´un domaine foisonnant et en même temps peu exploité. Le roman populaire, en effet, rassemble sous cette étiquette des variations complexes qui embrassent le roman social, le roman sentimental, le roman de moeurs, le roman exotique. Le roman populaire, c´est bien sûr avant tout l´aventure, l´imprévu, le bondissement haletant et constant des situations, allant du comique au tragique. Mais c´est aussi et surtout un genre qui nécessite la faveur du plus large public. Aussi bien le roman populaire a-t-il été le miroir plus ou moins fidèle des préoccupations, des modes et des goûts passés.

    Particulièrement représentatifs de leur temps sont les auteurs figurant dans cet ouvrage : Paul de Kock, Eugène Sue, Frédéric Soulié, Paul Féval, Xavier de Montépin, Georges Ohnet, Delly et Guy des Cars, entre autres. Tous, ils ont apporté une contribution importante à la description de leur époque.

    Pour donner un tableau aussi précis que possible des mutations et des stéréotypes de cette littérature, il a fallu éliminer d´autres domaines narratifs relevant eux aussi du même ensemble, quoique d´une façon plus arbitraire ou plus inconstante, comme le roman d´aventures policières, le roman de cape et d´épée. Avec un rare talent, l´auteur a su mettre l´accent sur ce qui constitue l´essentiel du genre, ce qui frappe encore puissamment l´esprit du lecteur moderne : ces gigantesques épopées que restent Les Mystères de Paris, Les Habits noirs ou Rocambole.


    Yves Olivier-Martin est né en 1935 à Poitiers. Après ses études juridiques et un passage dans l´Administration, il publie un roman fantastique : Isolina (1968), puis collabore à diverses revues et publications : Europe, Les Cahiers de l´Herne, Fiction, Mouvance, Espace-Temps, Enigmatika, Désiré, Le chasseur d´illustrés, Gandahar, Horizons du fantastique et rédige une étude sur « Les origines magiques du roman policier ».

  • L'auteur, directeur de la Sécurité générale des trois départements, apporte des informations nouvelles sur le drame que fut la guerre d'Algérie.

  • " Drôle d'idée à mon âge d'aller fleurir la tombe de ma mère à Sidi-Moussa, au sud d'Alger. Ma mère n'a plus peur des Arabes et je n'ai personne à ménager. Comme pas mal d'autres, j'ai lutté pour que cette terre qui ne nous appartenait pas soit rendue à ceux qui l'habitaient autrefois.


    Entre la France et l'Algérie existe un sentiment trouble et violent, vaguement coupable. Aux Algériens, nous avons apporté l'Occident et quelque chose de plus. Résultat : ils s'égorgent entre eux. Pas tous. À présent nous avons les mêmes ennemis.
    J'espérais retourner à Rovigo où j'ai été baptisé en 1907. C'est trop dangereux. À L'Arba aussi. Partout les ponts sont coupés, partout on peut vous tuer. La ferme où j'ai vécu enfant n'existe plus, le cimetière est le seul endroit de la plaine où l'on peut rencontrer des Français.



    Sur la tombe de ma mère, j'ai dit à mon compagnon, un pied-noir, ancien activiste, et aux Arabes qui nous protégeaient : "Allez, ouste, on s'en va." Si j'avais seulement pu verser une larme. Une seule." J. R.

  • Après le premier tome consacré à sa jeunesse, à la Résistance et à la Libération, Michel Debré entreprend dans cette seconde partie de ses Mémoires le récit de son combat politique pendant la IVe République et aux origines de la Ve République. Peu de personnalités ont alors tenu une place aussi importante. C'est dire l'exceptionnel intérêt de ce témoignage.


    Au moment où, en 1946, le Général de Gaulle quitte le pouvoir, commence pour Michel Debré la période d'une opposition déterminée à un régime dont il dénonce les errements et prévoit la chute. Aussi retrouvons-nous à travers ces pages le pamphlétaire redouté du Courrier de la colère, le sénateur dressant des réquisitoires de la tribune du Palais du Luxembourg, l'adversaire du projet de la Communauté Européenne de Défense... Mais l'apport de Michel Debré réside dans l'analyse de bien d'autres événements politiques, comme les circonstances de la création du Rassemblement du Peuple Français, en 1947, ou la critique de la loi électorale de mai 1951 dont il affirme qu'elle priva la France d'un retour du Général de Gaulle au pouvoir et qu'elle eût évité l'épreuve de mai 1958.


    Ce retour du Général de Gaulle, Michel Debré en restitue les étapes à la fois comme artisan et témoin privilégié. Il apporte des lumières définitives sur l'élaboration de la Constitution de 1958 qui fut en grande partie son oeuvre et sur le recours à l'élection du président de la République au suffrage universel direct. Ces réformes qui ont assuré à la République une stabilité qui lui avait gravement manqué au cours de son histoire sont au coeur de l'actualité...

  • "Le lecteur ne trouvera pas ici une apologie d´André Chénier en tant que "contre-révolutionnaire". Mais plutôt une tentative pour répondre - par le récit, par le portrait, par l´étude des textes - à cette question : était-il contre-révolutionnaire?

    Je me suis persuadé que non seulement il ne l´était pas, mais encore qu´il a été un des esprits de son temps les plus lucides et les plus courageux quant à la perception des risques de dégénérescence bureaucratique et policière que court toute révolution. Et la Française, comme les autres. On a bien le droit de dire cela aujourd´hui, en cette période de bicentenaire, c´est-à-dire de recul critique, et même de considérer que le dire, à partir d´un exemple concret, est servir la Révolution.

    Cet exemple concret est celui d´un homme guillotiné à trente et un ans et qui a donc payé le prix pour pouvoir se faire entendre. Or, on ne l´entend pas. On ne le regarde pas. On l´a réduit une fois pour toutes à la condition d´un poète de second plan, très "scolaire", coincé dans un étroit chapitre final des manuels de littérature du XVIIIe siècle, en évitant soigneusement de trop prêter attention à ses écrits politiques, pourtant essentiels, et même à son destin.
    Or, sans identifier Chénier à Lorca ou à Ossip Mandelstam, pour prendre des références modernes, il faut bien reconnaître que son nom doit être mis sur la longue liste des poètes assassinés." Raymond Jean

  • Contient les actes du Colloque qui s'est tenu à Bordeaux et a réuni des chercheurs d'horizons divers. Un des caractères communs de la magie, de la conception des hypothèses scientifiques et de l'élaboration des textes littéraires consiste dans un usage approprié de la fonction métaphorisante, instrument créatif qui perturbe le dispositif communément reçu.

  • Aux grandes figures présentées dans le premier volume de L 'Allemagne romantique - Kleist, Tieck, Brentano, Wackenroder, Caroline von Günderode -, Marcel Brion se devait d'ajouter celles de quatre des plus grands écrivains allemands du XIXe siècle:
    Novalis, Hoffmann, Jean-Paul, Eichendorff. Ainsi le second volet de ce diptyque romantique complète-t-il le passionnant panorama de cette littérature encore trop mal connue en France, et dont l'influence fut pourtant déterminante sur les Romantiques de notre pays.
    Marcel Brion, subtil et savant connaisseur de l'âme romantique, auteur de grandes biographies de Goethe et de Robert Schumann et lui-même romancier du fantastique, parvient superbement à nous familiariser avec les livres et les visages de ces quatre génies du Romantisme allemand. L 'Allemagne romantique : un grand classique.

  • Voici enfin les Mémoires de Maurice Nadeau, l'éditeur de Malcolm Lowry, de Gombrowicz, de Sciascia, mais aussi de Chalamov et de Georges Perec. En 1945, Maurice Nadeau publie son Histoire du Surréalisme et est engagé par Pascal Pia, directeur de Combat, pour "parler de livres". Il publie en même temps son premier ouvrage d'éditeur : Les Jours de notre mort, de David Rousset. Depuis, il n'a cessé de mener une triple activité : de critique (Combat, France Observateur, L'Express), de directeur de publications (Les Lettres Nouvelles, La Quinzaine littéraire), d'éditeur. Parmi ses propres ouvrages, un Gustave Flaubert, écrivain obtient le Grand Prix de la Critique en 1969.

    Témoin privilégié d'un demi-siècle de la vie des idées et des lettres en France, Maurice Nadeau fait apparaître dans ces pages écrivains, journalistes, éditeurs, amis qui ont joué un rôle important dans l'histoire culturelle du XXe siècle : Adrienne Monnier, Gide, Antonin Artaud, les surréalistes André Breton et Benjamin Péret, son ami Roland Barthes, l'un de ses patrons d'édition, René Julliard, des écrivains qu'il a connus et admirés, de Maurice Blanchot à Raymond Queneau, Michel Leiris, Samuel Beckett. Le critique, l'éditeur, quelles que soient leur intuition et leur obstination, n'existent que par les autres :
    Les écrivains. A tous ceux qui lui ont porté attention et qui, morts ou vivants, continuent de l'accompagner, Maurice Nadeau tient à ce que "grâces soient rendues".

  • Claude Mauriac rencontre André Gide en 1937. C'est, entre eux, le début d'une complicité singulière, tant littéraire que politique. Face au "contemporain capital", ce tout jeune homme en est le premier étonné.

    André Gide accepte l'invitation à Malagar de François Mauriac qui, en ces heures graves de l'été 1939, donne lieu à des pages émouvantes sur les relations de ces trois hommes dont beaucoup de préoccupations sont voisines.
    Marcel Jouhandeau, Paul Claudel, Jean Cocteau, Roger Martin du Gard et bien d'autres sont présents dans ce journal. Entretenue durant la guerre et le début de l'Occupation par leur correspondance, l'amitié d'André Gide et de Claude Mauriac s'estompe peu à peu. Lorsqu'ils se revoient après la Libération, le charme est rompu.
    Tant d'années écoulées ont permis à l'auteur des Conversations avec André Gide de rétablir toutes les coupures qu'ils avait cru devoir faire dans son journal de 1951. Cette nouvelle édition, notablement augmentée, réservera quelques surprises. Elle s'achève sur un entretien avec André Malraux qui salue ce portrait d'une de nos plus grands écrivains : "Vous avez su voir les expressions et les faire voir. Votre témoignage est le plus vivant de tous ; il est (j'ai assez connu Gide pour l'affirmer) le plus ressemblant. Vous mettez la couleur. Vous faites participer le lecteur à votre admiration."

    Écrivain et journaliste, Claude Mauriac est l'auteur de romans dont, chez Albin Michel, Le Dîner en ville et La marquise sortit à cinq heures, et d'essais critiques, entre autres, chez le même éditeur, L'alitérature contemporaine. De son journal qu'il tient depuis l'adolescence, il a créé une oeuvre aussi particulière qu'impressionnante, Le Temps immobile, véritable monument littéraire, dont les Conversations avec André Gide furent la première pierre.

  • Un demi-siècle de vie littéraire et politique Avec d'innombrables lettres inédites du plus haut intérêt : 13 lettres de Balzac, 7 lettres de Musset, 151 lettres de G. Sand, 7 lettres de Lamartine, 81 lettres de Victor Hugo, 5 lettres de Mme Victor Hugo, 6 lettres de Charles Hugo, 4 lettres de Thiers, 2 lettres de Michelet, 32 lettres de Proudhon, 8 lettres de Sainte-Beuve, 2 lettres de Barbey d'Aurevilly, 4 lettres de Fromentin, 5 lettres de Gustave Doré, 5 lettres de Mérimée, 16 lettres de Tourguéneff, 19 lettres de Jules Verne, 2 lettres d'Émile Zola, 2 lettres de Huysmans, etc. Pour cette vaste correspondance, ce volume constitue une authentique Édition originale.



    Une contribution exceptionnelle à l'histoire littéraire des années 1836-1886.

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