Langue française

  • « Penser, vivre, être présent au monde, c'est essayer d'écouter-voir ce qui monte du fond des temps, se laisser troubler par des songes venus d'ailleurs, d'infiniment plus loin que soi, et cependant nous concernant au plus intime. »En méditant sur les fêtes, en parcourant les saisons d'un hiver à un autre, de l'Avent à la Toussaint, en s'arrêtant aux bords des jours les plus ordinaires comme des plus irradiés de mystère, en traversant aussi quelques nuits, étoilées ou obscures - Sylvie Germain donne au poids du temps un relief inédit.
    Docteur en philosophie, Prix Femina en 1989, Prix des Libraires religieux 1997, Sylvie Germain est l'auteur de plus d'une trentaine d'ouvrages, parmi lesquels : Le Livre des nuits, Les Échos du silence et À la table des hommes. Son dernier roman, Le vent reprend ses tours, est paru chez Albin Michel en 2019.

  • Le destin a voulu qu'à partir d'un certain moment de ma vie, je sois devenu porteur de deux langues, chinoise et française. Était-ce tout à fait du au destin ? A moins qu'il y entrât tout de même une part de volonté délibérée ? Toujours est-il que j'ai tenté de relever le défi en assumant, à ma manière, les deux langues, jusqu'à en tirer les extrêmes conséquences. Deux langues complexes, que communément on qualifie de "grandes", chargées qu'elles sont d'histoire et de culture. Et surtout, deux langues de nature si différente qu'elles creusent entre elles le plus grand écart qu'on puisse imaginer. [...] Rien d'étonnant à ce que depuis lors, au coeur de mon aventure linguistique orientée vers l'amour pour une langue adoptée, trône un thème majeur : le dialogue... " F. C.".

  • Entre le jour de Noël et l'Épiphanie, fête des Rois mages, s'étendent les Douze petits mois: douze jours différents des autres, douze nuits de clarté et de neige.De ce moment d'hiver, Marie Rouanet fait un temps privilégié, celui du dépouillement nécessaire.Renonçant chaque jour à un objet, de ceux qui tissent son univers quotidien, à un symbole, et même à certains souvenirs, elle apprend à s'alléger du poids des choses pour retrouver une sorte d'essentiel, à se séparer pour naître davantage.Marie Rouanet propose un véritable petit traité du dépouillement, une variation profonde et belle sur le thème du détachement.
    Écrivain, auteur de films et interprète de chansons en langue d'oc, Marie Rouanet a notamment publié La Marche lente des glaciers, L'Ordinaire de Dieu et Luxueuse austérité.

  • Shakespeare est le plus grand poète de langue anglaise. Mais l'homme qui a créé cette oeuvre nous apparaît comme dans un Caravage : une série de taches lumineuses surgissant des ténèbres. Entre sa naissance à Stratford-sur-Avon, en 1564, et sa mort dans la même ville, en 1616, nous ne savons quasiment rien de sa vie.Eugène Green analyse ces rares éléments biographiques autour du contraste qui réunit, dans une même personnalité, un artiste incomparable et un entrepreneur ambitieux cherchant à assurer à sa famille confort et sécurité. Interrogeant les oeuvres, il montre comment Shakespeare se situe à la charnière de deux mondes : celui qui, dans les années 1590, était encore un reflet de la volonté divine, et celui qui, après 1600, bascula dans la modernité.Nous passons ainsi, d'une pièce à l'autre, du monde médiéval encore fondé sur une hiérarchie sacrée, au monde baroque tendu entre un univers scientifiquement observable et un Dieu caché. En ressort la figure énigmatique et fascinante d'un Shakespeare clandestin, créateur de formes théâtrales capables d'exprimer toute la complexité de l'univers baroque.
    Eugène Green est cinéaste, écrivain et dramaturge. Il a réalisé de nombreux films parmi lesquels : Le Pont des Arts (2004) ; La Religieuse portugaise (2009) ; La Sapienza (2014) ou Le Fils de Joseph (2016). Il a publié des romans : La Reconstruction (2008) ; La Bataille de Roncevaux (2009) ; La Communauté universelle (2011) ou L'Enfant de Prague (2017) ; et, chez Desclée de Brouwer, un recueil de contes : La Rue des canettes (2003) et deux essais : La Parole baroque (2001) et Présences : essai sur la nature du cinéma (2003).

  • Les études sur Dante ont été grandement renouvelées par les chercheurs qui, en Amérique et dans le sillage de Charles Singleton, ont interprété La Divine Comédie. C'est à cette tradition qu'appartient John Freccero, dont le présent livre, rassemblant ses essais parus de 1959 à 1984, est vite devenu un classique.Disposées dans l'ordre du poème, du prologue de l'Enfer à la vision finale du Paradis, ces études sont centrées sur la notion de conversion. La transformation du pèlerin en poète ouvre sur une double perspective, humaine et divine, qui permet à Freccero d'éclaircir de nombreuses énigmes : pourquoi l'un des deux pieds du pèlerin est-il « plus ferme » que l'autre ? Qui sont les « anges neutres » ? Pourquoi Dante a-t-il peur de Méduse en enfer ? Comment donner à voir un paradis immatériel ?La réponse à ces questions nécessite de reconstruire l'univers intellectuel du poète, de Platon et Aristote à saint Thomas d'Aquin, en passant par saint Augustin ou saint Bonaventure. Freccero nous invite à un voyage dans les cosmologies allégoriques de l'Antiquité et du Moyen Âge, éclairant ainsi certains enjeux de la relecture du paganisme par le christianisme. Dans ce bouillonnement d'images et de métamorphoses, la poésie atteint un sommet.
    Traduction de Laurent Cantagrel / Préface d'Efraín Kristal
    John Freccero est un éminent spécialiste de Dante, Pétrarque et Machiavel. Professeur émérite à l'université de New York, il a enseigné à Yale, Stanford, Cornell et Johns Hopkins. Maintes fois distingué par la ville de Florence et la République italienne, il a également publié de nombreux articles sur le cinéma, la philosophie et la littérature.

  • Déambuler dans Rome et y découvrir des lieux méconnus, c'est à cette joie toujours renouvelée que nous convie ici Édith de la Héronnière.Familière de cette ville d'un inépuisable génie artistique, elle nous entraîne sur ses places, dans quelques-unes de ses neuf cents églises, dans ses jardins, dévoilant des tableaux, des musiques et des personnes hautes en couleur. Elle convoque le poète latin Martial aux épigrammes insolentes, Goethe, Stendhal, Berlioz, Zola, Fellini, qui ont aimé Rome chacun à sa manière, et tant d'autres, plus contemporains, dont les oeuvres et les destins souvent tragiques ont sacralisé la ville. Nous y croisons Pierre et Paul au moment de la naissance de l'Église, le facétieux Philippe Néri ou le philosophe Giordano Bruno, brûlé sur le Campo de' Fiori, lieu d'un marché coloré où les Romains d'aujourd'hui ont plaisir à se rencontrer.Avec fantaisie et gravité, Édith de la Héronnière nous entraîne, au fil des saisons, dans des incursions à la surface et dans les profondeurs de la Ville Éternelle dont les traces et les oeuvres s'impriment au fond des yeux de tous ceux qui ont eu un jour la chance de s'y rendre.
    Édith de la Héronnière est l'auteur d'essais, de biographies et de récits de voyages, parmi lesquels La Ballade des pèlerins, Du volcan au chaos, Vézelay, et récemment La Sagesse vient de l'ombre (Klincksieck) sur les jardins de Sicile.

  • Charles Coutel est professeur émérite à l'université d'Artois et directeur de l'IEFR (Institut d'études des faits religieux).

  • Olivier Clément a toujours été un passionné de littérature ; la lecture des romanciers et des poètes a accompagné toute sa vie. Une lecture toujours existentielle et spirituelle, au sens plein du terme, comme un dévoilement de tout l'être. Sartre, Rimbaud ou Camus ; T S Eliot, Claude Vigée ou Pierre Emmanuel ; et, bien sûr, Dostoïevski, Soljenitsyne ou Bloy... Sont réunis ici des textes sur ces auteurs, où le grand penseur orthodoxe nous partage son interprétation. Ils sont accompagnés de réflexions plus théoriques sur les liens entre création et foi.

  • Depuis plusieurs décennies, l'oeuvre de Dante, La divine comédie, croise et hante celle de Philippe Sollers. L'écrivain l'avoue lui-même : " Ce livre m'accompagne donc depuis fort longtemps, et toujours, parce que chaque fois que je le relis, il se passe toujours quelque chose de nouveau. La lecture et la vie qu'on peut mener, par ailleurs, si elles se rejoignent, sont un événement considérable. L'expérience est une expérience intérieure, qui doit révéler le chemin que nous menons en somme, de l'enfer qui n'est que trop évident, jusqu'au paradis que personne ne veut savoir. " Mais à travers la rencontre avec Dante, c'est également toute une réflexion sur notre relation au temps, au monde, cette tension vers le Paradis qui se déploie. C'est aussi une belle manière de mesurer la richesse du catholicisme dans sa relation à l'art, son expression de la beauté, de Giotto à Monteverdi, de Michel-Ange au Bernin. Ce livre a été réalisé à partir d'une conférence donnée par Philippe Sollers dans le cadre du Collège des Bernardins à Paris. Avant-propos d'Antoine Guggenheim. Avec un DVD de Georgi Galabov et Sophie Zhang.

  • Pensée de Péguy

    Collectif

    Cent ans après sa mort, Charles Péguy est toujours d'actualité. Sa pensée continue à oeuvrer et à s'exercer aujourd'hui sur les esprits les plus divers. Cette pensée déborde de toutes parts et bouleverse nos catégories académiques, puisqu'elle fut ensemble et tour à tour celle d'un révolutionnaire, d'un socialiste, d'un historien, d'un journaliste, d'un pamphlétaire, d'un philosophe et d'un poète. Par la force obstinée de son écriture, Péguy a réussi à rassembler des personnalités très différentes. Cet ouvrage rend compte de cette pensée impossible à contenir, toujours prête à bouleverser nos habitudes acquises. Et quand bien même les auteurs de cet ouvrage ne partageraient rien d'autre que leur admiration, c'est assez pour qu'ils aient accepté d'y participer - afin de faire vivre Péguy.

  • Le livre, aujourd'hui, est en péril. Menacé par les tenants d'une modernité qui nous expliquent qu'il est devenu obsolète. Qu'il n'est plus ce mot de passe qui permet à celui qui le connaît de devenir plus que ce qu'il est. Voilà pourquoi sans nostalgie ni rancoeur, Gérard de Cortanze propose - faisant suite à Passion de la langue française" -, cette "Passion des livres". Pour donner à voir de grands textes qui font tous du livre, comme l'écrit Montaigne, " le compagnon de l'humain voyage ". Mais aussi pour montrer par une voie plus ludique que l'histoire du livre est indissociable de notre civilisation. Tant d'auteurs nous ont entretenu des joies ineffables de la lecture : Giacomo Leopardi, Jean-Jacques Rousseau, Montesquieu, Chateaubriand, Valéry Larbaud, Edith Wharton et plus près de nous : Ray Bradbury, Mario Vargas Llosa, Jorge Semprun, Ismaël Kadaré... Il est urgent de les retrouver, dans les rayons des librairies et des bibliothèques. Auteur de plus de soixante livres traduits en vingt langues, dont "Assam" (prix Renaudot), Gérard de Cortanze est membre de l'Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique. Il a publié aux éditions Desclée de Brouwer "Passion de la langue française".".

  • " Je le confesse : je suis un romantique, un esprit ardent et intransigeant. Je voudrais qu'on fasse pour la langue française des rêves d'absolu, et qu'on croie, comme Nizan, que si l'on n'a pas tout on n'a rien. Je suis du côté de Montherlant lorsqu'il écrit à son fils : "Il faut être fou de hauteur !" Et du côté de Cocteau qui sauve le feu lorsqu'une maison brule. Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la langue française. Le sentiment l'inspire aussi bien que la raison. Au hasard et au cynisme qui semblent aujourd'hui nous gouverner, j'oppose ma conviction, profonde : notre langue, la langue française, celle de la francophonie, telle qu'elle est, parmi les autres, telles qu'elles sont, sous peine de danger mortel, se doit de viser haut et de se tenir droite. [...] C'est cela, la langue française une terre de promesses et une espérance. " Un florilège de trente-trois textes essentiels, choisis et présentés par Gérard de Cortanze.

  • Pasiphae

    Fabrice Hadjadj

    Comment devient-on la mère d'un enfant à tête de veau ? C'est ce que nous raconte le mythe si moderne de Pasiphaé, reine de Crète et maman de Phèdre comme du Minotaure.Frappée de folle passion pour un taureau blanc, elle demande à Dédale de lui fabriquer une machine de vache où s'étendre et s'accoupler avec la bête. Si bien que son époux, le volage Minos, va se retrouver cocu sous d'incroyables cornes.Une pièce très actuelle, donc, sur les noces du Désir et de la Technique, avec leur petite fabrique de monstres, mais aussi sur ce trou béant au milieu de la femme, où la vie se donne dans son drame toujours nouveau.

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