Editions Boréal

  • Wajdi Mouawad signe, avec Le Poisson soi, un texte à la fois fantomatique et intime, allusif et intense sur la recherche des origines. Il renoue ainsi avec les thèmes qui ont marqué son théâtre, et plus particulièrement le cycle « Le Sang des promesses »

  • Professeur de littérature québécoise, spécialiste de littérature américaine, romancier et essayiste, le quinquagénaire à tous crins qu'est Jean-François Chassay n'avait pas quitté l'incubateur qu'il projetait déjà, si l'on en croit l'infirmière de service, de faire se croiser dans l'espace immatériel de ses futures lectures tubes et cubes, narrateurs et respirateurs, science pure et littérature altérante. Ce Cosinus prématuré était né pour porter le sarrau de prof ou de médecin, d'ingénieur ou d'inventeur; bref, tel Sartre qui voulait être Stendhal et Spinoza, il entendait devenir Ferron et Vian, ou alors Marcel Aymé et Kurt Vonnegut. Il n'aura pas connu de guerre, sinon celle des nerfs devant la bêtise, il n'aura pas inventé la bombe, sinon celle glacée des soupers de fête, mais en grand artificier, comme sa Littérature à l'éprouvette le prouve, il est devenu spécialiste en amorçages et désamorçages dans les interactions quasiment insaisissables et pourtant réelles entre les cultures scientifique et littéraire.

  • Poète, professeur, critique, petit-fils d'un charpentier alsacien, Québécois depuis des lustres, plus paysan qu'homme de lettres, Jean-Pierre Issenhuth a publié des carnets (Chemins de sable, Le Cinquième Monde) qui rassemblent ses réflexions de jardinier et de promeneur, débusquant dans la littérature et la physique contemporaine les voix qui ouvrent des pistes, lisant le monde tel qu'il va, ruminant ses humeurs humanistes et misanthropes dans une cabane construite de ses mains. L'auteur est paradoxalement un ennemi de la littérature se nourrissant de littérature, « un ermite activement préoccupé de communauté », pour qui « la contradiction est le fond des choses, leur beauté, leur vérité possible et leur moteur ». Disparu en juin 2011, il laisse avec La Géométrie des ombres son testament de journalier du verbe.

  • Les vingt textes réunis dans ce volume ont été écrits à l'occasion d'un colloque tenu à Montréal en octobre 2009 pour marquer le centenaire de la naissance de Gabrielle Roy.

    Rassemblant les contributions de critiques et de chercheurs venus de pays et d'horizons divers, spécialistes de Gabrielle Roy ou, plus simplement, lecteurs de son oeuvre, ce volume vise d'abord à favoriser l'ouverture de nouvelles pistes de lecture, d'interprétation et de recherche dans l'oeuvre de la grande romancière. Mais, de manière plus précise, il vise aussi à mettre en lumière la poétique romanesque de Gabrielle Roy et ce qu'on pourrait appeler sa « conscience du roman », c'est-à-dire sa manière de concevoir et de pratiquer le roman, dans ses dimensions aussi bien formelles et stylistiques que thématiques et philosophiques, afin de mieux comprendre son art et de le situer dans le contexte de la littérature québécoise et canadienne comme dans celui, plus large, du roman moderne.

    En ce sens, ces études sont une invitation à lire l'oeuvre de Gabrielle Roy dans un cadre plus vaste que celui où on l'inscrit généralement, un cadre qui n'est pas seulement celui du milieu qui l'a vue naître ou de la société qu'elle décrit, mais aussi celui de cette forme singulière - et proprement irremplaçable - de pensée, de connaissance et de sensibilité que constitue l'art du roman.

    À titre de document complémentaire, le volume reproduit un texte inédit de Gabrielle Roy intitulé Les Vacances, qui constitue l'une des premières esquisses du roman Alexandre Chenevert.

    Ont participé à cet ouvrage : Mathieu Bélisle, Michel Biron, Antoine Boisclair, Isabelle Daunais, François Dumont, Madeleine Frédéric, Lambros Kampéridis, Yvon Le Bras, Sophie Marcotte, Élisabeth Nardout-Lafarge, Lakis Proguidis, François Ricard, Massimo Rizzante, Christine Robinson, Yannick Roy, Tiphaine Samoyault, Sherry Simon, Maïté Snauwaert, Anca Mitroi Sprenger, Sonia S. Théberge et Marjolein van Tooren.

  • Par leur nombre, par leur fort degré d'intégration à la société d'accueil, les Chiliens occupent une place à part parmi les communautés immigrées au Québec. Tant les réfugiés que les immigrants ont vécu un processus qui est allé au-delà de l'insertion pour devenir un enracinement graduel, à l'encontre du retour tant annoncé par plusieurs. La grande majorité des Chiliens sont restés au Québec. Ce livre adopte une double perspective : d'une part, analyser la mouvance collective des Chiliens, à travers leurs associations et leurs clubs ; d'autre part, retracer les trajectoires individuelles, celles des personnes qui participent à la vie collective, celles des autres, qui ont choisi de s'investir essentiellement dans leur vie personnelle.

  • Si on veut connaître un lieu, il faut commencer par connaître les histoires qui le hantent. Noah Richler, pendant trois ans, a sillonné le Canada à la rencontre de ses écrivains. Il leur a fait parler des paysages, des idées, des débats qui caractérisent ce pays fortuné mais incertain.

    Mon pays, c'est un roman est un livre audacieux, qui embrasse large. Noah Richler y révèle la richesse et la diversité d'un pays où s'affrontent des récits discordants, récits qui sont souvent beaucoup plus révélateurs que l'histoire officielle. Il en arrive à la conclusion que la littérature canadienne a connu trois âges : l'ère de l'invention, l'ère de la cartographie, l'ère du débat. Il montre comment la forme romanesque a imposé son hégémonie sur les récits des Premières Nations, comment elle s'est déployée avec chaque nouvel arrivant, comment les histoires que nos meilleurs auteurs ont couchées sur papier ont forcément une dimension politique. Au cours de ses pérégrinations, il a croisé pas une, mais plusieurs « sociétés distinctes » (il consacre des chapitres particulièrement intéressants au Grand Nord, à Terre-Neuve et au Québec), et il a pu observer la place prépondérante que tient la ville à notre époque.

    Ce livre est une fabuleuse invitation au voyage, pas seulement à travers les paysages du Canada, mais surtout à travers les histoires qui s'y racontent. C'est également un vibrant hommage à ses auteurs, et, surtout, à la littérature même.

  • « Les oeuvres dont il sera question dans ce livre font partie de la littérature québécoise. Il ne s'agit ici ni d'une "deffense et illustration", selon la formule célèbre de du Bellay, ni d'un essai de caractère historique, où les oeuvres seraient mises en relation avec le développement d'une nation, d'une société. Mon propos est différent, même si la réunion d'oeuvres parues dans le même espace géographique ne peut que suggérer des perspectives historiques, des relations entre texte et société. J'ai voulu plutôt que les oeuvres, les écrivains que je présente ici le soient pour eux-mêmes, en eux-mêmes, sans être conscrits par une sorte de développement collectif. Ce n'est donc pas une thèse qu'on lira, bien que les petites idées que j'entretiens sur la littérature s'y frayent forcément un chemin. Je n'ai pu me retenir, aussi bien, pour aérer un peu l'ensemble, de constituer des ensembles flous, suscités par des rencontres de diverses sortes, amicales si l'on veut, et de m'évader parfois dans quelques images de la vie littéraire. » - Extrait de la préface

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