Langue française

  • À la recherche du temps perdu  est l'un des plus grands livres du XXe  siècle. De Proust on a dit qu'il était toute la littérature, comme Bach était toute la musique. Pourtant, nombreux sont encore ceux qu'il intimide ou qu'il déconcerte. Cette introduction a été composée à leur intention par l'un des meilleurs connaisseurs de son oeuvre, Bernard de Fallois, qu'une savante publication universitaire, la revue  Genesis, qualifie de «?proustien capital?». Mais que l'on se rassure. Peu soucieux d'en imposer par le poids de l'érudition, Bernard de Fallois vise surtout la limpidité, la concision, la clarté qui n'exclut pas, bien au contraire, la densité de son propos. Il parvient à mettre à la portée de tous l'essentiel de ce qu'il faut savoir pour lire intégralement cette oeuvre capitale, pour admirer sa nouveauté, mesurer sa grandeur qui va de pair avec un génie comique rarement égalé depuis Molière.
    Cette introduction est également complétée par un précieux recueil de maximes et de pensées glanées au cours des pages de la  Recherche. Elles rappellent que notre plus grand romancier fut aussi le plus parfait  continuateur  des moralistes du Grand Siècle.

  • Jeanne Proust (1849-1905), la mère de Marcel Proust, consacra toute sa vie de longues heures à la lecture, une passion partagée par tout un milieu:cette bourgeoisie israélite du  XIXe  siècle «où l'on cultivait avant tout les choses de l'esprit» et où le prestige de l'Université, de l'intellectualité dominait celui de l'argent, même dans les milieux d'affaires», pour reprendre les propres termes d'Emmanuel Berl.
    Dans un cahier intitulé  Souvenirs de lecture, Jeanne Proust relevait les réflexions, les maximes, les répliques dignes d'orner sa mémoire ou sa conversation.
    Il nous met directement en contact avec l'héritage intellectuel reçu des siens par le plus grand écrivain français du  XXe  siècle.
    Il éclaire les affinités profondes - ainsi que les différences - entre mère et fils. 
    Ce florilège ne fait pas simplement entendre les notes dispersées de cette sonate familiale. Il livre la clé de quelques personnages essentiels, comme la grand-mère du Narrateur ou la marquise de Villeparisis.

  • Dans notre monde déchu, le christianisme est nécessairement intempestif. Il arrive à contretemps, étranger à nos croyances, à nos désirs. Aussi intempestif  maintenant qu'à l'origine, lorsque son message était si dérangeant, à Jérusalem, à Athènes, à Rome, que Jésus et les premiers chrétiens en grand nombre furent tués.
    Jésus laissait ses auditeurs «ébahis», «abasourdis». Le drame pour nous, à qui le christianisme semble familier, c'est que nous ne nous étonnons plus, étant devenus sourds à l'altérité de la parole évangélique, à la troublante singularité de la foi chrétienne.
    Le christianisme est une contre-culture?; il contredit toute l'orientation - ou mieux, l'occidentalisation - de notre pensée. Tout en éclairant en profondeur ce qui nous intéresse sur terre. Il est urgent de le retrouver, non pas comme un ensemble de doctrines, mais comme une Personne à connaître, une aventure au-delà des limites, grâce à la révélation biblique, continuellement surprenante, inconfortable, et suprêmement joyeuse.

  • Née il y a plus de deux millénaires et demi, la tragédie grecque est, aujourd'hui encore, d'une étonnante vitalité. Chaque année, les oeuvres d'Eschyle, de Sophocle ou d'Euripide inspirent les metteurs en scène les plus novateurs. C'est d'elle qu'est né notre théâtre classique, tout comme certaines de ses réécritures modernes parmi les plus célèbres, que l'on songe à Jean-Paul Sartre, à Jean Anouilh ou à Cocteau. Et que dire de la scène lyrique, voire même de la «psychologie des profondeurs» ou de la pensée politique?
    Les études et les essais rassemblés dans le présent volume éclairent le miracle de sa naissance, montrent l'étendue de son rayonnement après avoir mis en lumière le génie individuel de chacun des trois grands poètes athéniens du Ve siècle avant Jésus-Christ, si souvent imités au cours des siècles et rarement égalés.
    Mais ce livre est loin d'énoncer les idées générales que l'on pourrait trouver ailleurs sur l'histoire du genre tragique.
    Par une étude minutieuse de quelques oeuvres exemplaires, dont les hellénistes apprécieront la rigueur et dont les autres admireront la clarté, Jacqueline de Romilly nous apprend à lire et à relire ces textes fondateurs de la tradition occidentale où Marguerite Yourcenar voyait «une tentative de langage universel» (En pèlerin et en étranger).

  • Au-delà des considérations coutumières sur la valeur formatrice des Humanités, Nicola Gardini s'adresse ici directement aux jeunes gens qui découvrent le latin, et aux moins jeunes qui en gardent la nostalgie.
    En une vingtaine de brefs chapitres, il retrace l'histoire de cette langue sans laquelle la nôtre ne serait pas?; il fait comprendre les grandes étapes de son évolution d'Ennius à saint Augustin?; il  montre la puissance et l'étendue de son rayonnement jusqu'au seuil du monde contemporain. Son chaleureux discours est illustré par un large choix de textes, présentés dans leur version originale, puis traduits et commentés. La langue qu'il nous apprend ainsi à goûter se fait entendre par la voix de ses plus glorieux témoins.
    Son plaidoyer est aussi un cri d'alarme.
    Sans verser dans l'utopie passéiste, il montre pourquoi il est urgent de redonner au latin une place raisonnable dans notre enseignement, sous peine de nous laisser submerger bientôt par le «?pidgin?» de la communication et des médias, ou par le bavardage des blogs et des textos?; bref, de ne plus avoir sous les yeux qu'un paysage culturel rétréci et défiguré car des pans entiers de nos enseignements littéraires sont comme adossés à la langue de Virgile et de Cicéron.
    Le latin, rappelait naguère Paul Valéry, c'est «?la langue à laquelle nous devons ce qu'il y a de plus solide et de plus durable dans les monuments de la nôtre?». Nicola Gardini nous rappelle l'importance de ce qui est ici en jeu. Il est grand temps d'écouter son message.

  • Si l'écologie est une science rigoureuse, l'écologisme est son contraire. C'est une idéologie de combat dressée contre l'économie de marché. Elle émerge au cours des années 1970, dans la mouvance de la gauche américaine. Les «nouvelles droites» s'y retrouvent également. Les milieux populaires la rejettent.
    Son hégémonie médiatique est écrasante. Pourtant, aucune de ses prophéties catastrophistes ne s'est concrétisée. Au lieu des désastres annoncés et ressassés -  famines, épuisement des ressources naturelles, disparition de la biodiversité, pénurie d'eau, etc. - l'humanité enregistre des progrès spectaculaires (même s'il reste encore beaucoup à faire).
    Malgré les cinglants démentis que les faits leur opposent, les écologistes poursuivent inlassablement leur pastorale de la peur et multiplient les victoires politiques. Ces trophées sont, en dépit des apparences, autant de périls pour la planète.
    Hyper-malthusianisme contemporain, l'écologisme ne voit d'autre solution pour «sauver» la planète que d'imposer la «décroissance productive» et «la frugalité heureuse». Il  récuse la croissance économique quand tout démontre qu'elle est la seule voie de salut. Les immenses réserves d'intelligence qui permettraient l'épanouissement de dix milliards d'individus risquent d'être pétrifiées. Est-ce vraiment le retour à l'Âge d'or qui nous est promis?

  • Philippe Berthier
    Saint-Loup
    Robert de Saint-Loup est l'un des membres les plus attachants de la tribu Guermantes dans À la recherche du temps perdu. Avec Saint-Loup, Proust a rêvé une figure dont, au fil de la vie, l'incomparable charisme peu à peu se nuance et se creuse d'ombres, pour plus d'humanité, sans jamais perdre un chic sans pareil et, malgré ses faiblesses, un irrésistible pouvoir de séduction. Philippe Berthier a choisi d'en parler comme d'un homme qu'on aurait eu le privilège de connaître et d'aimer. Avec huit pages illustrations des "modèles" de Saint-Loup.

  • Jean Soler
    Dieu et moi
    "Malgré mes réticences à me tourner vers le passé, je me suis résolu à mettre par écrit des moments de ma vie pour deux raisons. Cet exercice m'a d'abord permis d'éclairer, à l'intention des lecteurs qui me suivent, l'arrière-plan de mes essais sur Dieu. Il n'y a pas d'un côté ma vie et de l'autre mes idées. Ma vie et mes idées forment un écheveau indémêlable. Ce livre de souvenirs m'a fourni aussi l'occasion de porter témoignage sur ce qu'a pu connaître de marquant, en France et dans plusieurs pays où j'ai vécu, un homme de ma génération. Du reste, par bien des côtés, ces deux raisons se confondent. J'ai conçu ce livre comme un document, un montage de faits significatifs, qu'ils soient personnels ou impersonnels, en lien avec la vision du monde et les réflexions qui ont alimenté mes essais." Jean Soler

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