JC Lattès

  • Le manque d'empathie représente un véritable danger. Et les adolescents d'aujourd'hui ont 40 pour cent de moins d'empathie que les adolescents d'il y a trente ans. Ce manque affecte les performances scolaires des enfants et conduit au harcèlement. Il les pousse à davantage de triche scolaire et à moins de résilience.
    Dans Le Syndrome du selfie, Michele Borba examine les causes de ce déficit et, pour l'enrayer, propose un plan révolutionnaire en neuf étapes, fondé sur des études scientifiques. Comme l'empathie s'enseigne et peut se muscler, Michele Borba nous offre un cadre dans lequel déployer une parentalité efficace pour atteindre nos objectifs : des enfants heureux qui réussissent, tout en faisant preuve de gentillesse, de sens moral et de courage.
    />   Traduit de l'anglais par Isabelle Crouzet

  • J'ai longtemps pensé que j'étais incapable de lire un livre, d'être touché par un tableau ou une pièce de théâtre. Quand on grandit dans un milieu populaire, on est convaincu que la culture et l'éducation ne nous concernent pas vraiment.
    Aujourd'hui, je veux m'adresser à l'enfant qui croyait dur comme fer qu'il ne porterait jamais de costume, à celui qui était persuadé qu'il s'exprimait mal, qu'il était ignorant, qu'il ne ferait pas d'études. Je veux lui dire, droit dans les yeux, ce qu'on a oublié de lui dire  : peu importe ce que l'on sait ou pas, la seule chose qui compte, c'est la curiosité. La culture n'est pas une affaire de classe, la culture parle de nous, la culture, c'est nous.
     
     

  • Professeur, écrivain, animateur d'atelier d'écriture, en particulier celui de la Fondation Bouygues Telecom, Bruno Tessarech aime autant lire qu'écrire. Dans ce petit recueil bourré d'anecdotes et de citations, il nous livre les conseils simples, délicats, inspirés et précis pour vous accompagner le long de ce voyage en enfer ou au paradis que peut être l'écriture d'un roman : le choix du Je ou du Il, la patience, les bonnes interrogations, de l'usage des carnets, du rythme de l'attaque, des personnages secondaires... L'enfer d'un travail harassant, plein de doutes et d'angoisses, souvent pour une reconnaissance aléatoire. Le paradis de la création, de la liberté, de l'ouverture sur un autre monde dont vous aurez dessiné les contours. Des rituels de Jules Renard, à la trousse de dépannage d'Italo Calvino en passant par l'espièglerie brillante de Stephen King, Bruno Tessarech nous offre les crayons les plus affutés et les gommes les plus douces pour tenter cette expérience unique. « L'enfer vous effraie ? Ne tentez pas le diable. » « Le paradis vous attire, avancez vers lui avec courage ! » En fin d'ouvrage, un code spécial permet d'accéder aux films des leçons d'écriture que Bruno Tessarech a donné dans le cadre de la Fondation Bouygues Telecom.

  • Ce que notre langue leur doit La langue arabe offre à la langue française force mots, sans que personne ne s'en doute. Que la langue arabe vienne en troisième position après l'anglais et l'italien a de quoi surprendre. Dans l'alimentation, par exemple, une pastèque, des artichauts, des aubergines, des épinards à l'estragon, une mousseline, un sorbet arrosé de sirop, en buvant de la limonade ou une orangeade, pour finir avec un café, sans sucre, et un alcool, tout cela vient du monde arabe. Pour la mode, une jupe de coton, un gilet de satin, un caban ou une gabardine... Pour le savant, l'algèbre, les algorithmes, les chiffres... Tous les domaines de l'existence sont ainsi répertoriés pour rappeler les mots arabes que nous utilisons, qu'il s'agisse de la flore, de la faune, des parfums et bijoux, de l'habitat, des transports, de la guerre, des couleurs, des fêtes, de la musique, des lettres et des arts, des religions, etc. Sans oublier les effets sur notre langue de la colonisation, de la guerre d'Algérie, du rap... Pour Lavisse, « Nos ancêtres les Gaulois » étaient avant tous des barbares et sans les Romains et la civilisation arabe, qui a irrigué tous le Moyen Âge, la Renaissance aurait encore tardé. Jean Pruvost nous offre une nouvelle fois l'occasion de nous plonger dans le grand voyage des mots de la langue française.

  • Saviez-vous que la langue la plus parlée au monde, le mandarin, n´a pas de mots pour « oui » ni pour « non » ? Que l´on ne dit pas « je t´aime » de la même façon ailleurs ? Saviez-vous que de vastes pans de l´humanité vivent très bien sans les fioritures extravagantes que constituent les verbes « être » et « avoir » ou encore les « le », « la », « un » et « une » qui ponctuent la moindre de nos phrases ? Que les Japonais n´ont pas de mot pour « eau » ? Que les Néerlandais ne se font pas de sourires, mais des « rires luisants », et que, contrairement à ce que l´on pense, le français est une langue infiniment plus drôle que l´anglais ?

    Alex Taylor, pourtant linguiste, ne le savait pas. Il explore ces no man´s land du dictionnaire, à l´écoute de ce que chaque langue sait dire, et parfois de leurs silences. Il raconte avec humour et sur un ton ludique pourquoi il est tombé amoureux des langues, et surtout pourquoi leur indicible beauté le laisse parfois tout ouïe et bouche bée.

  •            Marseille et les écrivains 1900-1950Ils sont tous passés par Marseille... Les voyageurs les plus célèbres comme Malraux et Camus ; les plus académiques, Gide et Valery ; les plus fameux poètes, Cocteau et Eluard ; les plus acharnés Larbaud, et Cendrars...Il y a aussi ceux que le hasard a conduit... Colette pour ses tournées de music-hall, Céline à la recherche d´un emploi, Beauvoir pour son premier poste de prof, Genet déserteur embastillé ; les refugiés aussi, Breton, Gracq, Char, Aragon...  Et il ne faut pas oublier les locaux : Artaud, Cohen, Pagnol, Brauquier, les fondateurs des cahiers du Sud... et les voisins, Giono, Apollinaire... Ils ont admiré son port, jubilé de ses quartiers louches, découvert sa longue histoire et son cosmopolitisme.  Rémi Duchêne, en se replongeant dans la vie et des oeuvres de ces écrivains nous restitue ces rencontres entre les écrivains et la méditerranée.

  • François Mitterrand, le pape, une île grecque, Romain Gary, la rue Copernic, Edith Piaf, les communistes, l'amour, la Toscane, le bonheur... Voici un aide-mémoire, ou plutôt un spectacle de notre univers, plein de passion et d'intelligence. Ces chroniques sont les instants de vie, de portraits, des attaques, des coups de coeur. Certaines vous étreignent un peu, d'autres sont la gaieté même. Car depuis trente ans, avec allégresse et gravité, Jean d'ormesson regarde le monde et les hommes et les femmes qui nous entourent. Prenez parti ! dit-il, et trompez-vous sans trop de bassesse. Ceux qui ne défendent que leurs amis sont aveugles. Il faut se débrouiller dans ce labyrinthe. C'est ce qu'on appelle l'honneur des hommes. Cet écrivain, qui est aussi un journaliste, a décroché une tenue dans le stock des équipements disponibles au bazar de l'époque : il est démo- crate, il est libéral et il aime la vie.

  • Les absentes

    Vincent Engel

    Quelles sont les raisons qui poussent les uns à rechercher la compagnie de leurs semblables et les autres à la fuir ? Quel manque creusent en nous le départ et l'absence des êtres aimés, ce vide qui sera l'ombre de nos vies ? Dans la Toscane du XIXe siècle, autour de Montechiarro, Gioacchino Bruchola et Domenico Della Rocca suivent, sur le fil rouge de l'absence, deux parcours aussi différents que possibles, mais qui auront leurs points de rencontres, de vie, d'amour et de mort. Anges ou fantômes, quelques femmes nourriront leurs inquiétudes et les pousseront toujours plus loin sur la voie d'une éducation sentimentale qui prendra la forme de leur destin. Arianna et son secret englouti ; Laetitia, disparue après avoir mis au monde Domenico et affolé Gioacchino ; Alicia, frêle messagère rédemptrice Un siècle plus tard, dans une Venise dénaturée par le tourisme, Baptiste Morgan, jeune écrivain inconnu, connaîtra à son tour l'initiation de l'art, de l'amour et du deuil, sous la houlette d'un Asmodée Edern toujours aussi mystérieux. Il relira et reliera les récits anciens de ces familles qu'il n'a pas connues, et dont son écriture, seule, assurera peut-être la pérennité.

  • Comment la langue française s'est-elle bâtie et propagée au cours des siècles ? Comment les parlers régionaux l'ont-ils accueillie, puis enrichie ? Que reste-t-il aujourd'hui des spécificités linguistiques - accent, expressions, vocabulaire ? -, de ces multiples idiomes gui connaissent un grand renouveau en France et hors de nos frontières ?
    C'est à un véritable voyage autour du monde, avec les mots du français pour fil d'Ariane, qu'est invité le lecteur. Ainsi, selon que vous êtes d'ici, de là ou de là-bas, de Champagne, de Provence ou du Nord, mais aussi de Belgique, de Suisse, ou du Québec, sans oublier l'Afrique ou l'Asie, lorsque vous mêlez la salade, êtes-vous plutôt de ceux qui la " touillent ", la " brassent " ou la " fatiguent " ?
    Au sein de tous les pays " francophones ", ces mots et expressions sont les témoins de l'histoire de cette langue française qui, depuis le XIIIe siècle, s'est répandue hors de l'Ile-de-France pour recouvrir d'autres idiomes qui, à leur tour, lui ont apporté une couleur spécifique, différente selon les lieux.
    Grâce à de multiples cartes accompagnées de lexiques, d'anecdotes historiques ou littéraires et de récréations à base de jeux sur les mots, ce livre, à la fois érudit et ludique, rappelle que l'un des plus puissants attraits de la langue française est sa faculté à s'adapter aux lieux où elle s'est implantée au cours des siècles.
    Linguiste, Henriette Walter a su sortir sa spécialité du monde des érudits. Depuis Le Français dans tous les sens, ses ouvrages ont reçut un extraordinaire succès critique et public. Grand prix des lectrices de Elle avec L'Aventure des langues en Occident, Prix Louis Pauwels avec L'Aventure des mots venus d'ailleurs, elle a reçu aussi plusieurs distinctions de la part de l'Académie française et de la SGDL. Elle mélange avec intelligence savoir, pédagogie, anecdotes et humour.

  • Depuis l´âge de quatorze ans, Jean-Jacques Pauvert écume la littérature. Avec un regard qui évolue à mesure qu´il grandit, et toujours en avance sur son temps.  Très vite, il découvre ce que tout le monde alors cherche à étouffer : le sentiment érotique. Une émotion en filigrane présente un peu partout mais qu´on cache si bien, à son époque, qu´il faut sans cesse creuser, creuser pour espérer la saisir.  Devenu Jean-Jacques Pauvert Éditeur, M. Pauvert persiste et signe. Ce qui n´était avant que curiosité et interrogation de jeune homme est devenu quête, parcours de vie. Car en même temps que son regard sur l´érotisme a changé, l´érotisme lui-même a changé. Revenant aux premières traces de l´écriture, interrogeant les textes fondamentaux, évoluant avec une littérature qui se cherche, posant enfin son regard de vieil homme sur un monde qui désormais lui échappe, Jean-Jacques Pauvert met peut-être le doigt sur l´un des maux de notre siècle : la perte, ou l´évaporation, de l´érotisme en tant que sentiment.

  • "Le besoin de manger et celui de raconter se situaient sur le même plan de primordiale nécessité. J'ai porté à l'intérieur de moi cette impulsion violente, et j'ai écrit tout de suite, dès mon retour. Tout ce que j'avais vu et entendu, il me fallait m'en libérer. De plus, sur le plan moral, civil et politique, raconter, témoigner était un devoir." Primo Levi définissait ainsi sa mission de survivant.

    Cette première biographie, nourrie de rencontres et d'entretiens avec ses principaux amis et proches, de textes, d'archives et de correspondances inédites, rend justice à l'homme et à l'oeuvre. A vingt-quatre ans, en 1943, Primo Levi est arrêté par la milice fasciste, interné dans un camp de transit, puis déporté à Auschwitz; sa formation de chimiste - il est issu d'une famille de juifs piémontais cultivés - le fait affecter à l'usine I.G. Farben à Monowitz-Auschwitz III. En janvier 1945, il est libéré par les Soviétiques puis ramené vers l'arrière par l'armé Rouge; il ne retrouvera sa terre natale qu'au terme d'un périple de neuf mois. Il écrit Si c'est un homme dès son retour à Turin. Après une diffusion quasi confidentiel, il devra attendre onze ans pour une grande maison d'édition italienne le publie, et davantage avant d'être reconnu par le monde entier comme l'un des grands écriain de notre temps. L'oeuvre de Primo Levi est marquée par une double exigence : celle du témoin qui a vu l'humiliation absolue de l'homme avant même son élimination physique ; celle du scientifique qui ne désespère pas d'exprimer un jour l'indicible. Comment survivre au mal radical ? Comment concilier le pari de l'optimisme et la stratégie de l'Histoire ? Comment témoigner afin de que justice soit faite ? En 1987, malade et dépressif, Primo Levi se donne la mort, mais ses interrogations résonnent aujourd'hui avec la même intensité. Son oeuvre est-elle le pont entre deux mondes : l'avant et l'après Auschwitz ?

    Née en Suisse dans un camp de réfugiés, Myriam Anissimov, écrivain et journaliste, a consacré plusieurs années de recherche à cette biographie.

  • Il existe aujourd´hui une fracture grandissante dans la société française, encore peu visible mais très profonde : alors que l´époque vénère la jeunesse et ses « valeurs », toute une frange de la population pressent, sans oser le formuler, que les jeunes souffrent de lacunes graves. Les outils de transmission ont été détruits à tous les niveaux : école, langue, références morales et culturelles. Fait parmi d´autres, pour la première fois en 1999, un rapport officiel reconnaissait que plus de 15% des élèves entrent en sixième sans savoir lire. Mais la décrépitude du système scolaire n´est qu´un des aspects de cette crise qui touche de plus en plus les classes moyennes et les élites proclamées. Les conséquences seront bientôt visibles.
    /> Est-il réactionnaire de soulever ce problème, de tenter de comprendre ce qu´il révèle ? La question dépasse le clivage gauche/droite, auquel on superpose l´affrontement traditionnalistes-modernistes. D´un côté, un discours lénifiant, de l´autre, l´invocation incantatoire de l´autorité des maîtres et des « bonnes vieilles méthodes », sans la moindre réflexion sur les conditions de cette autorité et le contenu du savoir à transmettre.
    Pourtant, c´est le destin de la société entière qui est en jeu : d´un point de vue utilitariste, cette fracture hypothèque d´abord le tissu économique. Et puis, la conception française de la démocratie repose sur l´idée d´un peuple éclairé, seul garant contre la démagogie et la tyrannie. Mais dans une société qui cultive la haine du passé, et encourage les bons consommateurs à oublier le poids des traditions, qu´advient-il de la « culture commune » ? Par idéologie, par indifférence et par soumission au cours des choses, nous mettons l´avenir en danger.

  • De l'oeuvre prémonitoire de Chirico, désignant sa future blessure, au portrait, front bandé du trépané, par Picasso, l'image d'Apollinaire surplombe la modernité. Poète accompli, visionnaire, iconoclaste, il le fut du Pont Mirabeau aux Caligrammes. Mais, ce géant, sincère et mystificateur, s'affirma aussi comme le critique d'art le plus clairvoyant de son époque. Le premier il a reconnu Picasso, Braque, Delaunay, Archipenko et bien d'autres. Le premier il a perçu l'aube nouvelle qui se levait. Écrivain et prophète, sa vie non moins que son oeuvre en fait un être à part. Aussi l'auteur des Onze mille verges, cet amoureux insensé, érotomane distingué, pourtant héros de la Première Guerre mondiale, est-il apparu comme le maître de son époque. L'analyse très documentée qu'André Parinaud nous livre ici révèle ce que fut le génie de cet homme qui, en un temps où la technique prenait son essor gigantesque, pressentit tous les heurs et malheurs, toutes les contradictions du siècle venant : le nôtre.

  • Mon petit bunker

    Marine Bramly

    Il aura suffi de la visite de Fabien, son mari, dans son atelier, pour que Noah reconnaisse combien elle se sent à l´étroit, coincée dans son couple, bloquée dans son travail, prête à éclater, et qu´elle ait envie de faire voler en éclats la coquille paisible de sa vie, ce petit bunker où elle se croyait à l´abri.  Enfermée dans ce même atelier, un soir de pluie, Noah se souvient. Qui a jamais eu une enfance aussi merveilleusement libre que la sienne ? Elle, la petite Blanche, sillonnait Dakar à sa guise, avec sa bande de gosses des rues qui la croyaient des leurs. Elle était la mascotte des artisans de la ville, mécaniciens, ferblantiers : c´est dans leurs échoppes qu´elle a appris son métier d´artiste.
     Depuis l´âge adulte, pourtant, elle tient l´Afrique à distance, tel un tabou, un sortilège, quelque chose qu´il ne faut évoquer sous aucun prétexte. Quels souvenirs terribles enfouis au fond de sa mémoire l´empêchent d´avancer ?  Ce soir, Noah va affronter le passé. Elle s´autorise enfin à revisiter son enfance idéalisée, à remettre en cause son éducation : ses parents faisaient joujou avec sa vie, comme pour ajouter des chapitres à la leur. Voilà comment, avec les meilleures intentions du monde, vos géniteurs peuvent vous étouffer dans l´oeuf. Voilà comment les souvenirs d´une enfance trop flamboyante peuvent empoisonner le présent et réduire les chances du bonheur.

  • American clichés

    Sophie Simon

    Howard est un prodigieux chanteur d'opéra davantage reconnu par son chien que par sa femme. Debby est une midinette séduisante qui se cherche un mari parmi ses amis homosexuels. Ed et sa femme coulent des jours tranquilles jusqu'au soir où il renverse le fiancé de sa nièce. Mais on est en Amérique, et rien n'est jamais noir, rien n'est jamais perdu. Tout commence dans les années 1950, le mythe de l'American Dream est à son apogée. Les foyers sont coquets, les banlieues paisibles et familiales, les cow-boys ont les mains calleuses mais le coeur tendre, et les actrices, forcément blond platine, sont sexy et névrosées. D'autres nouvelles se situent de nos jours, les jeunes femmes prennent des amants tandis que leurs maris rêvent de beaux enfants blonds dans leur jolie banlieue. Les héros de ce recueil viennent des quatre coins des États-Unis. Ils ne vivent pas à la même époque, n'ont rien en commun, si ce n'est une réalité qui ne leur convient pas vraiment. On les rencontre à un moment crucial de leur vie. Là où quelque chose, normalement, devrait changer la donne.

  • « J´ai vingt-quatre ans et je laisse tout le monde dire que c´est le plus bel âge de la vie. Si un jour je suis vieux, je pourrai raconter aux jeunes que je suis né dans les années 1980, et même si je ne dansais pas le Mia, ils trouveront ça plus merveilleux que si j´étais né dans les années 1990. Je suis né dans un temps sans téléphone portable, sans internet, où fumer était normal, je serai parmi les derniers à avoir vu ça. Les jeunes me trouveront très vieux. »De Nanterre où il enseigne l´économie à des étudiants désabusés aux salles de cinéma où il apprend ce que l´amour devrait être, le narrateur d´Économie de l´amour se présente comme un observateur du monde « anguleux, hérissé de piquants » et dénué de toute complaisance. Pour lui, ni l´amour ni l´économie ne sont des domaines maîtrisables, alors même que tout le monde clame haut et fort en connaître les lois. Trop timide, souvent déçu, la solitude le guette.  Il y a bien la jeune fille du magasin de photos, pourtant... Ne pourrait-elle pas lui faire découvrir les algorithmes du coeur ?  Parce qu´« avoir fait Polytechnique » n´est pas synonyme de bonheur, parce qu´il est possible d´admirer à la fois Godard et Britney Spears ou de s´enfermer une semaine à Ribérac pour « vivre de l´inconnu », cet enfant de notre siècle, à la fois tendre et irritant, bouscule nos repères et pointe avec une lucidité haute en couleurs les travers de notre société.

  • Coco Chanel ou Louise de Vilmorain, Anna de Nouailles ou Colette, Misia Sert ou Valentine Hugo : toutes ces femmes ont compté dans la vie du XXe siècle, toutes ont connu leur heure de gloire dans le Paris artistique et littéraire. Chacune d'entre elles, à son heure, à sa manière, a aussi marqué l'existence et l'oeuvre de Jean Cocteau. De la Belle Epoque au Surréalisme, des Ballets russes à l'évolution de la mode et des lettres, elles ont accompagné le cheminement du poète. Mère ou amante, soeurs d'écriture ou muses, femmes d'esprit et de modernité, elles ont uni leur légendes à la sienne. C'est ce monde étonnant de grâce et de beauté que fait revivre Dominique Marny. Petite-nièce de Cocteau, elle a eu accès à des archives inédites, notamment la correspondance du poète avec la princesse Nathalie Paley qui, en 1932, lui inspira une violente passion. Vif et élégant, ce livre donne un nouvel éclairage sur la destinée d'un homme qui disait de lui-même : "Je suis un inconnu célèbre." Les Belles de Cocteau est le sixième ouvrage de Dominique Marny. Auteur de deux romans sur l'impressionnisme qui ont connu un grand succès, Les fous de lumière, les Désirs et les jours, elle collabore à divers magazines.

  • Icare à Babel

    Desmond-W

    William Olivier Desmond aime « raconter des histoires ». Dans ces 13 nouvelles, il plonge le lecteur dans des univers mystérieux, lointains, ou très proches de notre monde et de notre époque, au moment où ses personnages, tel Icare qui a voulu être plus grand que lui-même, sont sur le point de tenter la grande aventure, le grand saut. Ces nouvelles sont ainsi traversées par le thème de la chute : un avion piloté par des pygmées plonge dans un volcan, un aventurier saute dans le vide d´une cascade à l´aide d´ailes de fortune, un acrobate tente un pari imbécile et chute d´un mur...  Le langage est aussi au centre de ces nouvelles. Des peuples et des personnes se rencontrent et tentent de se comprendre, de parler la même langue. Une femme désespérément seule écrit un dictionnaire des mots dont elle se souvient pour ne pas perdre la raison. Dans ces nouvelles, le langage unit ou divise ; il permet surtout à l´auteur de dire le monde dans tout ce qu´il peut avoir de baroque, de dérisoire, de grotesque, de comique et de tragique dans ces nouvelles qui s´apparentent souvent à des contes, burlesques, merveilleux ou fantastiques.

  • Parce qu'il aime les chevaux et l'aventure, alors qu'il n'a pas un sou et aucune expérience, Michel Guyot décide, un jour, avec son frère, de se lancer un formidable défi : ressusciter un château. Et son choix est ambitieux ! il rachète en 1979 le domaine de Saint-Fargeau, célèbre pour avoir accueilli Jacques Coeur, la Grande Mademoiselle, la famille d'Ormesson...
    Comment trouver de l'argent, des artisans, des architectes ... ? Tout est à inventer en même temps qu'à retaper. Et avec énergie et passion, ils y parviennent.
    Aujourd'hui Saint-Fargeau accueille des milliers de visiteurs, organise un spectacle historique... et est devenu rentable !
    Ensuite Michel Guyot rachète des ruines du XIIIe siècle. En 1998, l'aventure Guédelon est lancée ; pendant 25 ans, charpentiers, tailleurs de pierres travailleront comme il y a sept siècles. En 2005, près de 300 000 personnes ont été émerveillées !
    Et cela continue : deux fermes qui restituent la vie de nos ancêtres ; six locomotives sauvées de la ferraille, les ruines du château d'Oppède à ressusciter...
    Ce livre n'est pas seulement le récit des « folies » de M. Guyot. C'est parce que de nombreuses personnes sont venues lui demander des conseils pour changer de vie, qu'il a souhaité les aider en leur expliquant comment devenir à leur tour bâtisseurs de rêves.

  • À vingt-quatre ans, Camille Corday, originaire de Bordeaux, vient d´achever l´Ecole du Louvre où elle a été envoyée par sa mère pour conquérir Paris. Camille est convaincue qu´aucune carrière ne lui permettra d´accéder à la vie luxueuse et élégante à laquelle elle aspire. Elle est également sans illusion sur les rapports entre hommes et femmes. Quand Niels Phileas, un jeune héritier franco-américain, la courtise, elle pense avoir croisé sa chance. Elle suit donc Niels aux Etats-Unis et découvre l´envers du paradis : sa personnalité clivée, l´inculture et la vacuité des rich and beautiful qu´il fréquente, et surtout le caractère trempé dans l´acier de sa mère, une vieille princesse française décidée à l´enfermer dans le haras des Phileas au fin fond du Kentucky. Elle reste toutefois attachée à Niels, pour qui elle éprouve gratitude, pitié et affection. Au point de l´épouser au moment même où son coeur bat pour un autre. Mais faut-il croire en l´amour quand on a choisi de réussir sa vie ?  Satire sociale, déclinaison de toutes les formes du sentiment amoureux, La vraie vie des jolies filles nous transporte au coeur de Saint-Germain-des-Prés, mais aussi sur d´autres scènes qu´affectionnent les « Heureux du monde » : Miami, Palm Beach, New York, les Hamptons, Saint-Barth et le Kentucky.
    Un premier roman féroce et lucide, émaillé de descriptions crues et de citations, une fable morale sur une société obsédée par l´argent, la beauté, le sexe et la psychanalyse.

  • Dos à dos

    Sophie Bassignac

    Fin août, une nuit du côté de Saint-Tropez. Dans la Villa des Roses, tout le monde dort lorsqu´Arnaud, visage d´ange mais coeur sombre, débarque sans prévenir chez ses parents qu´il n´a pas vus depuis longtemps. Ses bonnes résolutions, il les a déjà oubliées.  Le lendemain, Gabriel, romancier quinquagénaire qui n´écrit plus, lit un message destiné à son fils. Un message qui lui fait l´effet d´un coup de couteau. Arnaud est recherché par la police.  Aussitôt, dans un tourbillon de rage, d´accablement et d´angoisse, l´homme de lettres se lance à sa poursuite. Tourmenté par ses états d´âme d´écrivain mais aussi et surtout par sa femme italienne, Ester, toujours en guerre dès qu´il s´agit de sauver son fils, Gabriel devra redécouvrir cet enfant qu´il pensait connaître. Comment les êtres qui nous sont le plus proches deviennent parfois des étrangers ?  Autour de cette famille décomposée où les tensions s´amoncèlent, gravitent des personnages qui participent, impuissants, à la catastrophe annoncée. Pamela, l´amie de toujours de la famille, veuve, alcoolique et infatigable poseuse de questions ; Fumiko la Japonaise, poétique amie d´Arnaud qui dessine les gens dans le métro ; Jean-Mi Causse, le détective-écrivain de science-fiction, ou encore la troublante et fragile Guinevere, photographe débutante perchée sur ses talons échasses.  Tragi-comédie du désir et des liens filiaux, voici un roman au style réjouissant et effréné, qui sonde les thèmes de la création artistique, de la culpabilité et de la part d´ombre qui nous habite tous.

  • Causa

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    Cet échange de correspondances entre Stéphane Paoli et Alain Rey exprime les doutes d'un témoin, le journaliste, et d'un lettré, le lexicographe, quant à l'usage fait des mots et de la mémoire dans le récit de notre histoire collective.
    Pour l'un, le journaliste, ses interrogations sont nourries par quarante-cinq ans de pratique, à la télévision, la radio, en presse écrite. Pour l'autre, le lexicographe, par une vie consacrée à l'élaboration du dictionnaire Le Robert.
    L'un et l'autre, par leurs expériences personnelles, se sont retrouvés sur une question, celle posée par Montaigne : Que sais-je ?

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