Aubier (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Différente, la « nouvelle » science-fiction américaine, celle des vingt dernières années, devenue genre littéraire à part entière ? Assurément. Dans son élaboration même, tout d'abord, avec l'invention du fandom, véritable activité parallèle à la chaîne auteur/éditeur/lecteur - réseau d'échanges au départ établi au sein du courrier des lecteurs dans les magazines spécialisés, puis indépendamment d'eux et très vite devenu un excellent stimulateur pour le monde de la SF ; loin de se satisfaire d'une réception passive et anonyme, les fans entretiennent avec les auteurs et leurs partenaires commerciaux un dialogue critique permanent, le fandom donnant même naissance à de nombreuses publications amateurs, qui servent de terrain de formation pour les jeunes écrivains. Différente aussi la forme qui, rompant avec les ficelles classiques et éculées du genre, s'affirme avec l'arrivée d'écrivains révoltés (nouvelle vague), de nouveaux thèmes, de nouvelles écoles. De Bradbury à Harlan Ellison et Ursula Le Guin, Gérard Cordesse nous présente ceux qui ont animé cette évolution spectaculaire, avant de préciser l'originalité de la SF par rapport aux genres ultérieurs et voisins (roman réaliste, fantastique), d'étudier son influence sur les romanciers américains actuels (Burroughs, Nabokov) et de présenter les talents les plus prometteurs de ces dernières années : Delany, Wolfe, Varley, Bishop, Crowley, etc. La littérature connaît des moments privilégiés où des genres naissants sont portés par toutes les couches sociales, tous publics confondus : ainsi le théâtre élisabéthain ou le roman anglais du XVIIIe siècle. La SF a aujourd'hui atteint un tel moment d'équilibre, où elle garde la vigueur de la littérature populaire tout en accédant à la complexité. Pour Gérard Cordesse, on ne saurait dire que son âge d'or est derrière elle : il est présent, et à venir.

  • Fournit une grille d'analyse critique des transformations en cours dans l'audiovisuel.

  • La télévision réunit sur un même petit écran le forum et la foire ; le débat, le conte, la fête et le boniment ; le journaliste, l'auteur, l'animateur et le camelot. Ce serait une nouvelle agora si notre société pouvait se comparer à celle de l'antiquité. Mais le développement technique au service de puissantes industries de l'électronique et des télécommunications d'un côté, la démocratie bourgeoise redéfinie par l'État-providence de l'autre, forment un tout autre cadre dans lequel le média est né et continue de grandir. Les États initiateurs et régulateurs, les annonceurs intéressés, les industriels de la culture entreprenants se rencontrent dans une volonté commune de favoriser sa croissance. Pourtant chacun a des idées particulières sur son avenir. Enfin, contrairement à l'antiquité, ou même aux plus récentes pratiques sociales, la différenciation des genres n'est plus spatiale, mais temporelle. Le débat politique, le théâtre, le jeu, le marché ne se répartissent plus en différents lieux dans une ville, mais en différents moments dans une grille de programmes. S'ils restent clairement identifiés, ils sont tous contraints d'industrialiser leur fabrication pour répondre à la boulimie du flot télévisuel. L'Europe est atteinte par le virus de la communication, la télévision fait une poussée de fièvre : sa croissance est forte, les générations industrielles s'entrelacent, les modes de régulation se renégocient... Le média est au centre d'un débat plus passionné que réfléchi : État ou marché ? Information ou spectacle ? Éducation ou distraction ? Impérialisme américain ou protectionnisme ? Avant de répondre trop hâtivement à des questions trop simples, il est urgent de mieux penser la télévision.

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