Coédition NENA/CODESRIA

  • L'enseignement supérieur en Afrique en générale - et en Afrique francophone en particulier a connu une forte expansion en termes d'effectifs des étudiants et du nombre de structures depuis son avènement. Trois grands moments marquent son évolution, tant du point de vue de ses objectifs que de son orientation stratégique. Il s'agit de l'ère des universités coloniales, celles instituées par le colon; de celle des universités de l'indépendance, celles qui devaient affirmer la souveraineté nationale au lendemain des indépendances à travers la nationalisation, voire l'autonomisation du champ académique, et enfin celle des universités du développement dont le contenu, défini par les dirigeants nationaux, est censé correspondre aux exigences du développement. La rupture des grands équilibres macroéconomiques des années 80 a engendré la crise et la fin du développement du secteur éducatif. Cette crise multiforme qui concerne à la fois la pertinence, la qualité, la gestion et le financement de l'enseignement supérieur a engendré ces deux dernières décennies la dégradation des infrastructures et du milieu d'apprentissage, mais aussi l'exode continu des cerveaux, le déclin de la recherche et l'amplification des conflits entre étudiants, syndicats des personnels et l'administration de l'enseignement supérieur. Cette étude contribue à la réflexion que nécessitent les nouvelles formes d'exigences qui remettent en cause les performances des universités africaines dès lors que celles-ci influencent autant le marché du travail que l'évolution des connaissances.

  • Ce deuxième volume de la série Nouvelles Pistes publiée par le CODESRIA est consacré au financement et à la gestion financière de l'éducation en Afrique. Il constitue le rapport du séminaire panafricain organisé à Dakar, Sénégal, du 12 au 14 octobre 1997, en collaboration avec l'IIPE, par le groupe de travail « Finances et Éducation » de l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA), dont la coordination est assurée par CODESRIA. Ce séminaire constituait une des manifestations accompagnant la réunion biennale de l'ADEA. Ce séminaire avait pour objectif de développer une réflexion collective sur le financement et la gestion financière de l'éducation en faisant partager les résultats des derniers travaux menés en Afrique subsaharienne sur les stratégies et les mécanismes de financement, la gestion budgétaire des Ministères de l'Éducation ou l'évaluation des dépenses d'éducation, et en favorisant les échanges sur les problèmes rencontrés et les réponses apportées dans différents pays.

  • Au moment où les États, particulièrement africains sont soumis à des injonctions toujours renouvelées des différents acteurs internationaux, au moment où différentes politiques publiques internationales sectorielles (éducation, environnement, santé, etc.) et globales (développement, croissance économique) se succèdent au rythme des événements sociaux conjoncturels (faim, pauvreté, sida, réchauffement climatique) dans l'agenda international et dans le paysage des États africains, il nous a semblé opportun de marquer un temps d'arrêt et de questionner le chemin parcouru par une politique publique sectorielle au Cameroun : l'enseignement supérieur. Réunissant une équipe pluridisciplinaire dans le cadre du programme de recherche « Groupe National de Travail » (GNT) du Codesria, cet ouvrage scrute les dynamiques de l'enseignement supérieur depuis le processus de réformes entamées en 1993. Engagées sur plusieurs axes tels que la raison d'être de l'enseignement supérieur, les dynamiques internes, les rapports avec l'environnement, les différentes contributions démontrent les interconnexions entre les différents aspects de l'enseignement supérieur entre eux ainsi qu'avec les autres espaces sociaux. Elles lèvent aussi le voile sur sa nature profonde du système et soulignent ses évolutions, ses impasses et ses contradictions.

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