Peter Lang Inc., International Academic Publishers

  • Il s'agit dans cette réflexion de comprendre et de saisir les enjeux que suscite la pratique de l'humour et de l'ironie dans des situations dramatiques, déplorables voire tragiques qu'est le contexte de l'Afrique: rire pour (se) corriger, contester, sans pour autant être agressif? Dénoncer sans en avoir l'air? Est-ce une nouvelle esthétique? A travers l'analyse des oeuvres qui vont des années 1958 à nos jours, à savoir celles de Mongo Béti, Ferdinand Oyono, et plus contemporaines comme celles de A. Mabanckou..., ce livre démontre comment le rire, à travers toutes les différentes formes qu'il peut prendre, à savoir la dérision, la parodie, le sarcasme, le grotesque par le biais de l'humour et de l'ironie qui sont les manifestations apparentes, est un outil à la fois de la contestation, de dédramatisation des situations tragiques, mais aussi une esthétique d'écriture en soi dans la représentation du réel, du sérieux, que ce soit au niveau social, politique ou de l'écriture elle-même qui joue à la fois sur la dissimulation, sur le carnavalesque, la polyphonie et le grotesque pour finir à une poétique du rire.

  • Les études réunies dans ce livre mettent en évidence la contribution de la littérature à un nouvel imaginaire sur l'espace des Amériques, se traduisant par la prise en considération des cultures des peuples autochtones et la remise en question de la perspective coloniale qui perdure jusqu'à nos jours. Le choix des récits et recueils de poèmes du Brésil et du Québec (XXe et XXIe siècles) permet à Rita Olivieri-Godet de souligner les aspects géopolitiques et culturels d'un processus de transformation des territorialités autochtones à travers des textes qui témoignent des structures profondes reliant les Amérindiens à leur territoire et dévoilent la mémoire enfouie du vécu des communautés. L'étude des voix d'écrivaines amérindiennes interroge les éléments formels et thématiques d'une poétique autochtone qui participe à l'élargissement et à la reconfiguration des dimensions matérielle et symbolique des espaces des Amériques, dans le contexte pluriculturel de nos sociétés contemporaines. C'est par l'amérindianité des oeuvres littéraires allochtones et autochtones -qui réclament la reconnaissance des cultures amérindiennes- que l'ouvrage rejoint la perspective de l'américanité.


  • Non nova, sed nove, ce proverbe latin, qui signifie « pas du nouveau, mais de nouveau », invite à voir la répétition comme une finalité à part entière. La vie est elle-même une perpétuelle répétition. Paradoxalement, la seule expérience qui n'a aucune chance de se répéter, c'est la mort. Est-ce dire que la répétition est partie prenante de la vie et, par ricochet, de l'imaginaire ? Mais quelles sont les modalités de la répétition dans les textes littéraires ? En tant que procédé de création, de quelles manières la répétition fonctionne-t-elle ? Quelle est l'intentionnalité de la répétition ? Cet ouvrage collectif comprend seize études qui explorent ces questionnements en proposant des analyses interdisciplinaires, longtemps attendues, de la répétition sur quatre périodes de l'histoire: le Moyen Âge, l'Ancien Régime, les époques moderne et contemporaine. Cette approche diachronique permet d'explorer les constances stylistiques, les variations, les reprises et les innovations. Les différentes perspectives des auteurs, guidées par leurs domaines d'expertise respectifs, créent une synergie qui stimule la réflexion autour de la notion de la répétition dans les textes français et francophones.

  • À la croisée de la littérature, de l'analyse du discours, de la psychanalyse, de la psychologie et des théories sur le trauma, Écrire les Blessures de l'enfance. Inscription du trauma dans la littérature contemporaine au féminin explore en détail l'inscription textuelle des traumas de l'enfance à travers l'étude d'oeuvres autobiographiques et autofictionnelles d'auteures reconnues telles que Chantal Chawaf, Chloé Delaume, Marguerite Duras, Marie Nimier aux côtés de nouvelles voix comme Béatrice de Jurquet et Colette Mainguy. Vers quelles stratégies textuelles et quels procédés littéraires se tourner pour témoigner de la nature obsessionnelle du trauma? Le passage à l'écriture et à la remémoration des souvenirs permet-il à l'écrivaine de sortir de l'impasse mentale causée par l'événement traumatique? Cet ouvrage examine différentes représentations du trauma et propose de nouvelles perspectives ainsi que des réponses et des réflexions sur cet aspect de l'écriture des femmes qui s'avère être un espace propice pour révéler des histoires de honte, de culpabilité et de violence.

  • François Boscheron, dont rien n'était connu jusqu'ici, ni les dates extrêmes de sa vie ni même son prénom, fut à ses heures perdues un auteur de petites oeuvres originales. Des travaux biographiques et éditoriaux portant sur desfigures majeures du XVIIe siècle, telles Charpentier, Corneille, D'Aubignac, Pavillon, Quinault et Varillas, lui ont valu de multiples mentions dans des ouvrages de critique littéraire et historique. Parmi les contemporains avec lesquels il interagissait pendant le premier tiers du XVIIIe, on compte Boffrand, Fontenelle, Galland, La Monnoye, Saint-Pierre et Sallengre. Ami du romancier et voyageur Robert Challe, dont il était dans une certaine mesure le représentant à Paris, Boscheron était comme lui un correspondant important des responsables du Journal littéraire de La Haye. Malgré tous ces liens, cet habile touche-à-tout n'a jamais fait l'objet d'une étude d'ensemble. Ce livre se donne donc comme objectif d'évaluer ses écrits et de replacer cet écrivain convenablement dans ce qu'il aurait appelé la « République des Lettres ». Pour la première fois, cet auteur méconnu se trouve pourvu d'une identité, d'une vie personnelle et d'un contexte professionnel qui, pour être imprévu, n'en était pas moins central dans la société parisienne de son époque.

  • Ann Scholl revises the traditional understanding of the role of imagination and sensory perception in Descartes's Meditations. Traditionally, Cartesian scholars have focused primarily on sensory perception as the more significant of the two «special» modes of thought. In this work, Ann Scholl describes how a better understanding of Descartes's skepticism and his arguments for dualism are reached when imagination instead is understood as the more primary of the two special modes of thought. The result is a fresh reading and interpretation of Descartes's most influential work.

  • L'inversion est un concept clef d'A la recherche du temps perdu, car il touche à tous les aspects de l'oeuvre. De la thématique du temps perdu au temps retrouvé à la téléologie de l'oeuvre, de l'origine du monde proustien à ses manifestations, l'on ne pourra échapper de constater l'importance que revêt ce phénomène. De là nous le situerons au niveau physiologique et psychologique, du genre dans la notion d'« inverti », dans l'expression des côtés corporels, géographiques et culturels, dans la technique du portrait, dans une « révolution de vision » à la Flaubert d'après Proust lui-même, dans la sphère du comique même, dans le champ philosophique et plus audacieusement de la part de l'auteur dans une nouvelle conception de la métaphore comme manifestation ultime de l'inversion. Notre intention ne consiste en nul cas à réduire la lecture d'A la Recherche du temps perdu à une lecture de l'inversion sous toutes ses formes. Nous insistons néanmoins sur le fait que l'auteur était parfaitement conscient d'utiliser l'inversion comme un médium qui lui permettrait de mener à bien son entreprise de démantèlement et de reconstruction de la grande cathédrale du souvenir. L'inversion d'A la Recherche du temps perdu représente le travail d'un grand technicien du texte.

  • Cet ouvrage se propose d'étudier l'histoire de l'école Cartographique de Dieppe au XVIe siècle (Cossin, Nicholas Desliens, Pierre Desceliers, Roze, Guillaume le Testu, Nicholas Vallard, Jacques de Vaulx, Jacques de Vau de Claye) et d'examiner les influences des journaux de voyages de Jean et Raoul Parmentier, Verrazano et Cartier sur le tracé iconographique et cartographique de l'école cartographique de Dieppe. Traversant l'histoire des savoirs et de ses supports matériels, l'histoire de l'imaginaire collectif et la sociologie de la connaissance, ces cartographes présentent des choix esthétiques et intellectuels importants dans l'élaboration de leurs cartes. Ils invitent les lecteurs à les redécouvrir.

  • Le 04 janvier 1960, Albert Camus s'en allait un peu dans un tragique accident de voiture à l'âge de 47 ans. Quatre années auparavant, il était l'un des plus jeunes écrivains à recevoir le prix Nobel de littérature pour toute son oeuvre. L'enfance pauvre à Belcourt, la passion du football, le journalisme à Alger Républicain puis l'exclusion et l'exil par la France de Vichy, Camus sera forcé de « monter » à Paris. Il rejoindra la Résistance et sera le rédacteur en chef de Combat. Romancier, dramaturge, essayiste, Camus sera aussi acteur et metteur en scène. Après la publication de L'Homme révolté, puis la rupture avec son ami Jean-Paul Sartre, il quittera Combat puis écrira des articles sur l'Algérie avant de se taire complètement, sans néanmoins cesser d'agir en silence. Certainement pas existentialiste, anti-communiste très tôt, il avait été l'Intellectuel de la période 45-60 d'après la libération, celui dont le nom finira par être opposé à celui de Sartre. Si Camus est mort jeune, il aura vécu pleinement sa courte vie; et s'il est encore difficile de le catégoriser, il reste encore d'actualité, soulève souvent des passions, ne laissant jamais indifférent. Peut-on parler d'un héritage camusien ? Que reste-t-il de son oeuvre en Amérique ? Afin de ne pas oublier cet étranger si familier, pour le cinquantenaire de la mort de Camus, le Bureau du Doyen des Etudes Internationales et le Centre d'Etudes Européennes de l'Université du Wisconsin-Madison ont organisé du 22 au 24 avril 2010, un symposium Albert Camus, 50 ans après, autour des trois grands thèmes suivants: Camus et l'Algérie, Camus et l'exil, Camus et le public. Une quinzaine d'universitaires, de chercheurs, et de professeurs, d'Algérie, de France, du Canada et des Etats-Unis, étaient présents à ces journées dont nous publions les Actes dans cet ouvrage. L'objectif de ce second colloque était de créer un débat autour de Camus et de sa vision, souvent prophétique, relire ses écrits littéraires et politiques et voir dans quelle mesure son oeuvre pacifiste, peut être une source d'inspiration dans les luttes pour la liberté et la démocratie, une alternative à la violence et à la terreur qui demeurent aujourd'hui encore, hélas très actuelles.

  • Comment aborder la littérature des espaces francophones européens en dehors de la France ? Identité et/ou altérité ? Qu'en pensent les auteur-e-s concerné-e-s vis-à-vis de leur écriture ? Ce volume est issu du colloque qui a eu lieu à l'Université d'Edimbourg les 14 et 15 mars 2008, dont les objectifs étaient d'explorer les notions d'identité et d'altérité dans les espaces francophones européens, tout particulièrement en Belgique et en Suisse romande, sans oublier les écrivain-e-s qui sont en quelque sorte en exil par rapport à leur pays et/ou leur langue. Ce livre présente un éventail d'auteur-e-s et de textes, du 19e au 21e siècle, y compris Bovard, Brel, Cingria, Gevers, Michaux, Nothomb, Nougé, Plisnier ou encore Verhaeren sans oublier les écrivaines Anne-Lise Grobéty, Marie-José Piguet, Silvia Ricci Lempen et Elisa Brune présentes au colloque et qui ont participé à une table ronde retranscrite dans ce volume. Le domaine de la traduction est également représenté, pour étudier la façon dont les oeuvres sont traduites, parfois par l'auteur-e même. Les contributions viennent de nombreux pays, et les auteur-e-s sont tous/toutes réuni-e-s par la langue française et l'amour de la littérature francophone de tous horizons.

  • Georges Henein, poète francophone d'Égypte apporte une contribution manifeste à la discipline des études littéraires francophones et comble un grand vide dans le domaine encore à peine exploré de la francophonie au Moyen Orient. Cet ouvrage met en lumière la vie et l'oeuvre de Georges Henein, l'un des pères du surréalisme égyptien, souvent comparé à André Breton. Un premier chapitre analyse l'empreinte historique, littéraire et culturelle laissée par la France sur l'Égypte, de l'expédition de Bonaparte aux années 1960. Un second volet montre comment le mouvement surréaliste français a pris racine dans le pays du Levant au cours des années 1920 et étudie ses effets sur la littérature égyptienne avant la crise de Suez. Le troisiLe troisième et dernier chapitre est consacré à une analyse de textes choisis et tente de définir le projet poétique et l'orientation politique de l'auteur. Cette réflexion montre également en quoi les textes d'Henein sont une contribution majeure à la littérature française et francophone et pourquoi ils méritent une place centrale dans le canon littéraire du 20e siècle. Cet ouvrage s'adresse à un large public international et interdisciplinaire. Chercheurs, professeurs et étudiants, mais aussi non-spécialistes trouveront dans ce livre une source leur permettant de se familiariser avec le mouvement surréaliste francophone en Égypte, ainsi qu'Henein, ses oeuvres, et son époque. Un nombre encore limité d'études ont été publiées dans le domaine de la littérature francophone d'Égypte et beaucoup de ses auteurs restent largement inconnus du grand public. C'est à cette lacune que cet ouvrage tente de remédier. English summary: Georges Henein, French poet of Egypt provides a clear contribution to the discipline of the French literary studies and fills a void in the still barely explored area of the Francophonie in the Middle East. This book highlights the life and work of Georges Henein, one of the fathers of the Egyptian surrealism, often compared to André Breton.

  • Samira Farhoud analyse dans ce livre incontournable l'importance de la contribution de l'écriture autobiographique maghrébine au développement de la littérature francophone à partir de l'oeuvre d'Assia Djebar, de Sakinna Boukhedenna, de Fatiah, de Malika Oufkir et de Fatima Mernissi. Elle examine la complexité, l'hybridité et l'hétérogénéité du « je » autobiographique. Son étude archéologique et généalogique inédite du « je » décèle la richesse du genre autobiographique pratiqué par des auteures issues du Maghreb. Elle montre comment le « je » ramasse des traditions arabo-islamique, occidentale et cosmopolite. Cet héritage de traditions méditerranéennes est observé comme un « butin de guerre » sociolinguistique et socioculturel bien qu'une « séquelle » d'un amer passé colonial. Ce « métissage » de cultures se démarque par son ambivalence. Le « je » de Djebar, Mernissi, Fatiah et Boukhedenna s'oppose au paternalisme politique au nom des femmes et des « voix des femmes invisibles. » Le « je » devient un « nous » de « sororité » («sisterhood») entre les femmes. Toutefois, le « je » de Malika Oufkir reste délimité par le nombrilisme familial (le « nous Oufkir »). Le « nous » sera diasporique et liminal sous la plume (le qalam) de Sakinna Boukhedenna. Dans sa quête d'identité, elle rejette les concepts de citoyenneté et adopte une « Nationalité : immigré(e) » et réclame une nouvelle identité, celle d'une femme arabe libre sur « le chemin de l'exil » et de l'écriture. L'écriture autobiographique des femmes phares et élites comme Assia Dejbar et Fatima Mernissi et des écrivaines occasionnelles à l'image de Sakinna Boukhedenna, Fatiah et Malika Oufkir collaborent à la compréhension sociopolitique du Maghreb, de l'Europe et surtout de la France (l'ancien pays colonisateur) dans leur lecture et réécriture de l'Histoire (avec un grand « h »). Elles déconstruisent l'Histoire et l'autobiographie dans leur écriture et contestent les autorités paternalistes coloniales et nationales.

  • Le colloque international `Autour de Jacqueline Harpman' qui s'est tenu le 10 décembre 2010 à l'Université d'Édimbourg, sous l'égide du Centre de Recherches Francophones Belges, a permis de mettre en lumière les nombreux aspects de l'oeuvre de cette auteure éminente, par ailleurs psychanalyste. Les contributions des chercheurs européens ou des États-Unis, présents lors de cet événement, sont reproduites dans le présent volume. Elles couvrent quelque vingt publications de l'écrivaine et abordent tant les thématiques essentielles de ses écrits que les traits dominants de son style. L'ouvrage ouvre de nouvelles perspectives critiques et ne peut qu'inspirer d'autres recherches sur l'auteure récemment disparue (2012), d'autant mieux que plusieurs de ses textes inédits ont paru après 2010.

  • Ce premier ouvrage monographique orienté sur la palingénésie et la création d'un système mythique dans l'oeuvre poétique de Charles Baudelaire vise à étudier le parcours mythologique qui structure sa poésie en examinant ses manifestations les plus significatives. Cette étude a pour but d'analyser cette oeuvre où imagerie biblique et mythes antiques se mêlent et se complètent, dans un intéressant syncrétisme. Par cette analyse mythocritique, ce travail offre une nouvelle approche qui permettra de déceler des archétypes majeurs sous-jacents à l'écriture baudelairienne et d'observer l'ambiguïté d'un langage complexifié mais en même temps structuré par ces schèmes archétypaux. Il s'agira donc dans cette étude d'observer comment ce corpus mythologique fonctionne dans le texte baudelairien et comment le poète procède à une réécriture singulière pour élaborer sa propre mythologie. Cette dernière prenant forme et sens dans une écriture poétique dont elle souligne les enjeux essentiels. Ce livre ne s'adresse pas uniquement aux spécialistes et amateurs de Baudelaire mais appelle un large public académique intéressé par la littérature du XIXème siècle, par ailleurs, riche en efflorescences mythiques.

  • La peinture occupe une place privilégiée dans A la recherche du temps perdu dans la mesure où elle fonctionne comme métaphore de l'écriture. La peinture et l'écriture, toutes les deux créatrices d'images, sont les moyens qui permettent à l'artiste de dévoiler l'essence des choses. En intégrant la peinture dans son écriture, Proust propose un équivalent visible de l'écriture. La peinture fait sortir du livre l'image et la met à la portée du lecteur. Ainsi, grace à la peinture, l'écriture sort du cadre des mots pour avoir une existence visuelle. Dans La Peinture ou les leçons esthétiques chez Marcel Proust, Yae-Jin Yoo développe une théorie de la métaphore proustienne à laquelle mèneront les analyses de la relation entre la peinture et l'écriture dans le progrès du narrateur en quête de son identité et de son art. Ce livre propose une nouvelle perspective de la peinture chez Proust faisant appel à l'esthétique de la métaphore.

  • Bernard Dadié publia le premier roman ivoirien qu'il basa sur le modèle réaliste français de l'époque. Bientôt, ayant repris au griot - au conteur professionnel - son rôle social et artistique, ses confrères et lui infusent dans leurs créations des allusions à la culture traditionnelle de même que de nombreuses tactiques et habitudes de la littérature orale. Ils créent ainsi des récits et des personnages qui décrivent la vie quotidienne. Voulant plaire, ils adaptent leurs créations au goût de leurs lecteurs ivoiriens qui, comme eux, appartiennent à une classe moyenne grandissante. Ils répondent donc au besoin de distractions et à la demande pour une littérature qui reflète et qui enseigne la langue, les qualités morales et les bonnes manières de leur groupe social. Ils se donnent pour but d'amuser et, à la fois, de faire réfléchir. Tant et si bien qu'ils obtiennent une production littéraire originale fort différente du roman français contemporain. En se basant sur l'analyse des romans écrits par une quinzaine d'écrivains représentatifs des niveaux et courants littéraires, cette étude offre une vue générale utile pour les spécialistes et les étudiants en littérature, mais aussi pour les sociologues et les politologues qui s'intéressent aux idées sur l'argent et le pouvoir, par exemple. Elle révèle les changements survenus entre 1956 et 2010 et elle aide à placer des auteurs de renom international tels qu'Ahmadou Kourouma, Tanella Boni et Véronique Tadjo dans leur cadre culturel.

  • Dans cet ouvrage, l'auteur entreprend de relire, avec une perspective blanchotienne, André Malraux et Albert Camus, souvent considérés comme des écrivains existentialistes. L'auteur utilise les analyses de Blanchot pour étudier les notions d'absence et de mort qui sont centrales au langage et à la littérature. Les problématiques du témoignage et du rapport à l'autre sont également examinées, ainsi que les liens entre la littérature et l'Histoire. L'auteur fait ainsi ressortir certains aspects des écrits de Malraux et Camus qui ont été laissés dans l'ombre par certains critiques et qui abordent des idées essentielles sur la littérature, l'écriture et la mort.

  • Avec sa place majestueuse dans la nature et avec sa structure racinaire, arborescente et généalogique, l'arbre possède traditionnellement une symbolique importante dans le paysage identitaire. Lorsque la symbolique de l'arbre est dépossédée de ses caractéristiques et que sa structure et sa force sont menacées, elle révèle une vision tourmentée du paysage identitaire. Au niveau de son système racinaire, la symbolique de l'arbre est limitée, déstabilisée, voire déracinée de sa force, et la symbolique du rhizome offre une autre façon d'appréhender la structure généalogique. Pour dévoiler les aspects de la colonisation, Thierry T. Gustave explore la symbolique de l'arbre et celle du rhizome dans les oeuvres littéraires de la Martinique et de la Guadeloupe. Son ouvrage analyse plus particulièrement la flore antillaise comme métaphore et représentation du paysage identitaire dans luie et vent sur Télumée Miracle de Simone Schwarz-Bart, Délice et le fromager de Xavier Orville, et Pays mêlé de Maryse Condé.

  • Mallarmé, qui se rend compte de la contingence de la Notion une fois qu'elle se met en contact avec le langage, et pour qui la littérature et la pensée sont inséparables, a inventé une nouvelle approche mythologique au langage. Celle-ci récupère l'ancien système des ressemblances où le mot était l'équivalent de son concept. Pourtant, cette approche, « mythopoétique » - une production négative de mythes qui est symptomatique de l'histoire de l'esthétique occidentale - réussit par son échec mimétique même à reproduire une homogénéité au niveau de la forme. Nous démontrons, par des analyses de textes « linguistiques » et « critiques » comme les Notes sur le langage et Le mystère dans les lettres, de proses et de poèmes comme Igitur, les Divagations, Épouser la Notion, le Sonnet en X et Un Coup de Dés, et à partir de phénomènes contemporains, qu'il ne s'agit pas tant de l'art imitant la nature ou vice versa, mais plutôt de la répétition de la production de la nature et de la « nature » d'un langage qui crée des mythes. Les nouvelles ressemblances de cette poétique sont donc doublement mimétiques, à la fois imitant et devenant nature. C'est une poétique qui reflète les découvertes en linguistique au dix-neuvième siècle, comme chez Müller, pour qui « le langage est le travail de la nature », mais qui avant tout se situe inéluctablement dans les trous de la pensée occidentale. Elle exige un travail qui tient compte de son devenir comme constitué épistémologiquement.

  • Dans ce livre, qui s'inspire en partie du travail de Hayden White, je discuterai la relation entre le discours narratif et la représentation historique et littéraire selon l'approche critique de quatre écrivains contemporains d'expression française, Abdelkebir Khatibi (Maroc), Edouard Glissant (Martinique), Yves Valentin Mudimbé (République Démocratique du Congo) et Assia Djebar (Algérie). Une lecture attentive de leurs oeuvres romanesques et théoriques me suggère que le discours narratif n'est pas une forme neutre dont la fonction est la représentation du monde extérieur, mais plutôt une activité qui se développe selon des choix d'ordre ontologique et épistémologique qui ont des implications idéologiques. Je maintiendrai que l'écriture de ces auteurs soulève des questions concernant la légitimité du discours colonial et son incapacité à signifier la subjectivité du subalterne. Ces questions s'inscrivent dans le cadre d'une tentative de redéfinir l'histoire et la culture de leurs sociétés d'origine. Cette redéfinition consiste à briser les barrières séparant la fiction et l'histoire en faisant recours à une écriture métafictionnelle où on a une cohabitation des genres.

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